J.M Weston fête les 80 ans de son modèle iconique

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07AVR. 2026

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J.M Weston fête les 80 ans de son modèle iconique

07 AVRIL . 2026

Écrit par Victoire Le Goaëc

Impossible de parler de J.M. Weston sans évoquer le 180. Pour les 80 ans de ce mocassin légendaire, la maison revient sur l’histoire d’un modèle emblématique, à la croisée de la transmission, du style et d’un savoir-faire d’exception, façonné en France depuis près d’un siècle.

J.M. Weston fête les 80 ans de son modèle 180 © Pauline Caranton

J.M. Weston fête les 80 ans de son modèle 180 © Pauline Caranton

Au pied du père et du fils

Se souvient-on de sa première paire de Weston comme de sa première montre ? L’expérience commence souvent en observant son père retirer l’embauchoir en bois du mocassin pour le cirer avec un chiffon doux (peut-être une Marlboro au coin du bec). Ou alors une paire rangée entre des escarpins sous des manteaux long dans le placard de sa maman dans un nuage de parfum. Puis vient le jour, accompagné ou non, où l’on franchit le pas d’une des boutiques pour prendre sa pointure, et parmi tous les modèles, le cœur penche pour le 180.

Une des nombreuses prises en main nécessaires à la fabrication du soulier © Marion Berrin

Une des nombreuses prises en main nécessaires à la fabrication du soulier © Marion Berrin

A l’instar de certaines maisons d’horlogerie, Weston a réussi à insuffler le désir de transmission, sur plusieurs générations. Né en 1946 à Limoges, le 180 est le plus iconique, le plus identifiable de la marque. On le surnomme successivement le « Mocassin pantoufle », le « Mohican », puis le « Janson de Sailly » dans les années 1960, avant qu’il ne prenne définitivement le nom de « 180 » en référence aux 180 manipulations nécessaires à sa fabrication. Il se reconnaît à sa bride découpée en forme de mouette, détail signature qui participe à son identité visuelle. Il est aussi monté en cousu Goodyear, une technique rapportée des États-Unis (à Weston, près de Boston) par Eugène Blanchard, fils du fondateur, et devenue l’un des piliers de la maison. Ce montage garantit la robustesse, la souplesse dans le temps et la possibilité de ressemelage, qui prolonge considérablement la vie de la chaussure. Le 180 se distingue aussi par la précision de son chaussant. Il est proposé jusqu’à sept largeurs par demi-pointure (la recherche de confort et d’ajustement est particulièrement poussée). Sa semelle en cuir provient de la tannerie Bastin & Fils, située à Saint-Léonard-de-Noblat, marqueur de l’ancrage territorial fort.

 

Talkin’ bout my generation

Le modèle 180 © J.M. Weston

Le modèle 180 © J.M. Weston

Dans les années 60-70, le 180 quitte le giron de la bourgeoisie et devient l’apanage des minets parisiens et des mods londoniens. Il suit les élans libéraux des jeunes de l’époque aux rythmes de Jacques Dutronc et des Beatles, se porte avec des jeans ou des kilts chez les filles. Sans lacets, les mocassins se font arrachés du pied dans la rue tant ils sont désirables. On glisse sous la languette sa pièce de monnaie pour payer le ticket de bus. Une légende plus romanesque voudrait que la pièce, portée au pied gauche ou droit, indique si l’on était célibataire ou en couple.

 

Cuir de Jouvence

Comme tout bon design, le temps et la modernité n’ont d’effet sur lui. Il est intemporel, ne change pas, n’est pas modifié ou simplifié. Il a été créé parfait. Aujourd’hui, le modèle 180 fête ses 80 ans. La marque, ses 135 ans, fondée par Édouard Blanchart en 1891 à Limoges, au cœur d’un territoire historiquement lié au cuir et au tannage. J.M. Weston prend racine officiellement en 1922, dans le Paris de l’entre-deux-guerres. Une rencontre lors d’une course hippique entre Eugène Blanchard, la deuxième génération, et monsieur Viard, figure des mondanités parisiennes, scelle le destin de la maison. Ensemble, ils déposent le nom J.M. Weston et ouvrent une première boutique boulevard de Courcelles. Dix ans plus tard, en 1932, une seconde boutique ouvre au 114 avenue des Champs-Élysées.

La boutique des Champs-Élysées © J.M. Weston

La boutique des Champs-Élysées © J.M. Weston

Le savoir-faire de la maison s’illustre également dans les bottes d’équitation. Autour de la forme Saumur, à bout arrondi, différents modèles sont proposés selon les usages : randonnée équestre, chasse à courre, polo. Depuis 1975, la maison confectionne aussi les bottes de la Garde Républicaine. Là encore, l’exigence est extrême : huit semaines de fabrication, environ deux cents prises en main et un travail quasi sur mesure tenant compte de multiples mesures du cavalier, du pied jusqu’au mollet.

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