Les meilleures expositions des Rencontres de la photographie d’Arles

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24JUIL. 2026

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Les meilleures expositions des Rencontres de la photographie d’Arles

24 JUILLET . 2026

Écrit par Maïa Morgensztern

À l’occasion de la 57e édition des Rencontres de la photographie d’Arles, les institutions et lieux d’art de la ville mettent en scène les grands noms de la photographie et les talents de demain. Voilà nos 5 expositions préférées, ouvertes jusqu’au 4 octobre !

Soundwalk Collective & Patti Smith, CORRESPONDENCES, 2026La Grande Halle, LUMA Arles, France © Victor&Simon Joana Luz

La Grande Halle, LUMA Arles, France © Victor&Simon Joana Luz

Gerhard Richter, « Overpainted Photographs », Fondation Luma Arles 

Gerhard Richter, Overpainted Photographs, 2026 - 2027, La Tour, Galerie Principale, LUMA Arles, France © Victor&Simon - Grégoire d’Ablon

Gerhard Richter, Overpainted Photographs, 2026 – 2027, La Tour, Galerie Principale, LUMA Arles, France © Victor&Simon – Grégoire d’Ablon

À Luma Arles, Gerhard Richter délaisse ses grands formats spectaculaires pour une intimité troublante, faite de petits tirages photographiques sur lesquels la peinture vient littéralement faire écran. On ne sait plus très bien si l’on regarde un souvenir, une abstraction ou la collision des deux. C’est bien le but de ces images : mettre le doute ! Face à ces paysages brouillés et à ces scènes englouties sous des nappes de couleur, on comprend comment le peintre allemand questionne la confiance que l’on accorde à la photographie.  

À travers un geste pictural qui paraît anodin, Richter teste la résistance de nos certitudes visuelles. Accrochées en enfilade dans cette immense pièce, on accepte de ne pas forcément tout voir, pour choisir ce qui nous attire, comme dans un album photo de paysages oubliés.

Fondation Luma
35,
avenue Victor‑Hugo, Arles

 

Ayana V. Jackson, « La bonne nouvelle n’est pas annoncée au sommet des montagnes mais dans les clairières », Abbaye de Montmajour

Ayana V. Jackson, Amelio Robles: In the end he was buried in a dress to make peacewith God [Amelio Robles, à la fin il fut enterré en robe pour faire la paix avec Dieu], 2025 Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de Mariane Ibrahim

Ayana V. Jackson, Amelio Robles: In the end he was buried in a dress to make peacewith God [Amelio Robles, à la fin il fut enterré en robe pour faire la paix avec Dieu], 2025 Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de Mariane Ibrahim

Dans le réfectoire de la sublime abbaye bénédictine de Montmajour fondée autour de l’an mil, Ayana V. Jackson installe des portraits qui remettent en question le regard colonial, et son rôle dans la création d’identités raciales et de genre. Sous un titre fleuve et manifeste, l’exposition déplace le regard : on quitte les sommets héroïques des tableaux des XIXe et XXe siècles pour des étendues plus discrètes qui racontent une certaine forme de liberté. Le décor et la mise en scène deviennent alors le support d’un contre récit qui traverse les archives.

On découvre d’abord des portraits équestres où l’artiste se glisse dans la peau de figures peu connues de pionnières, de révolutionnaires et de cavalières. La photographie leur rend un pouvoir que l’histoire officielle a souvent miné. Plus loin, un personnage vêtu de symboles composites fait allusion aux relations entre les continents pour aborder la question des métissages forcés.  

Abbaye de Montmajour
Route de Fontvieille, Arles 

 

Park Chan‑Wook, « Par un matin calme », Fondation Lee Ufan Arles 

Vue de l’exposition « Park Chan-wook, Par un matin calme », Lee Ufan Arles, 2026 © David GIANCATARINA

Vue de l’exposition « Park Chan-wook, Par un matin calme », Lee Ufan Arles, 2026 © David GIANCATARINA

Entrer dans « Par un matin calme », c’est découvrir que le réalisateur culte Coréen hyperactif sait aussi travailler l’image sans scénario ni montage. Park Chan‑Wook expose ici des photographies où le temps semble suspendu, avec des silhouettes absorbées dans leurs gestes et des détails architecturaux qu’on ne remarque jamais au cinéma. Plus loin, une assemblage de parasols fermés prend aussi la forme d’une assemblée fantomatique aussi poétique que menaçante.   

La rencontre avec l’univers de Lee Ufan, dans le cadre dépouillé de la fondation arlésienne, offre aussi une nouvelle approche du travail du réalisateur. La précision du cadre et le sens du suspense propre au cinéaste, ici dénués de dialogue et de musique, se transforment en plans fixes presque méditatifs. Une belle manière de découvrir une autre facette de Park Chan‑Wook ! 

Fondation Lee Ufan Arles
5, rue Vernon, Arles

 

Lee Shulman & Omar Victor Diop, « The Anonymous Project. Being There », Ancien Collège Mistral  

Lee Shulman et Omar Victor Diop, Being There, 2023Avec l’aimable autorisation des artistes

Lee Shulman et Omar Victor Diop, Being There, 2023
Avec l’aimable autorisation des artistes

Depuis des années, Lee Shulman collecte des milliers de diapositives de famille anonymes, comme autant de petits moments de vie rangés au fond des placards. À Arles, ces archives rencontrent l’œil d’Omar Victor Diop, qui s’invite littéralement dans les scènes. Il rejoue les poses, entre dans les décors, et occupe une place manquante dans ces images très occidentales. 

Le résultat est à la fois ludique et politique. On sourit devant ces intérieurs et ces vacances où un corps noir apparaît soudain, comme un invité discret au récit familial. Derrière le jeu, l’exposition souligne surtout ce qui n’était pas là. La présence d’Omar Victor Diop questionne les absences de la photo originale. À travers ce montage à quatre mains, ces diapositives se transforment en terrain d’expérimentation sur l’inclusion, la mémoire et la façon dont on se raconte collectivement.

Ancien Collège Mistral
2, rue Condorcet, Arles

 

Soundwalk Collective & Patti Smith, « Correspondances », Fondation Luma Arles 

Soundwalk Collective & Patti Smith, CORRESPONDENCES, 2026.La Grande Halle, LUMA Arles, France © Victor&Simon Grégoire d'Ablon

La Grande Halle, LUMA Arles, France © Victor&Simon Grégoire d’Ablon

À la Grande Halle de Luma, « Correspondances » enveloppe le visiteur dans un environnement de sons, de textes et de paysages filmés. On reconnaît la voix de Patti Smith, qui lit, chuchote, évoque des fragments de lettres échangées avec Stephan Crasneanscki et le collectif Soundwalk, tandis que les images déroulent des territoires fragiles, des villes, des rivages, des forêts. 

Plutôt qu’une simple installation vidéo, le projet ressemble à une longue respiration : on traverse l’espace comme on feuillette un carnet de voyage, où chaque écran renvoie à une histoire humaine, un souvenir, une inquiétude pour le monde. Les correspondances du titre sont autant celles des artistes que celles qui se tissent entre son et image, entre poésie et documentaire. Une proposition qui parle autant aux amateurs de musique qu’aux visiteurs de Luma, et qui confirme le goût du lieu pour les formes immersives sensibles.

Fondation Luma
35
avenue Victor‑Hugo, Arles
 

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