Où manger à Hong Kong : nos 10 meilleures tables, de la haute gastronomie à l’échoppe de rue

Gastronomie

22JUIL. 2026

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Où manger à Hong Kong : nos 10 meilleures tables, de la haute gastronomie à l’échoppe de rue

22 JUILLET . 2026

Écrit par La Rédaction

À Hong Kong, on mange partout, tout le temps, et souvent au sommet : la salle triplement étoilée et l'échoppe à ciel ouvert s'y disputent les mêmes gourmets, sans jamais se toiser. Cap sur dix tables qui disent, à elles seules, pourquoi la destination règne sur la gastronomie d'Asie.

Posons le décor. Au printemps 2026, le grand cantonais d’auteur a décroché la première place du classement Asia’s 50 Best, lors d’une cérémonie organisée pour la première fois sur place. Vous connaissiez les meilleurs étoilés Michelin de France, directions ceux de Hong Kong. Là, les étoiles Michelin se comptent par dizaines, dont certaines à prix d’ami. Et la rue n’a jamais rendu les armes. Du comptoir d’oursin au dai pai dong sous bâche, des murs de jade aux marmites d’ormeau : dix registres, dix façons d’avoir faim. Alors après avoir posé vos valises dans l’un des plus beaux hôtels de Hong Kong, partez découvrir les meilleurs restaurants.

Le cantonais, du sommet à la marmite 

La cuisine cantonnaise est le socle, du plus haut de la gastronomie aux gestes les plus simples. 

The Chairman : le cantonais d’auteur sacré n° 1 d’Asie 

Le crabe fleur cuit à la vapeur, spécialité d'un des meilleurs restaurants de Hong Kong © The Chairman

Le crabe fleur cuit à la vapeur, spécialité d’un des meilleurs restaurants de Hong Kong © The Chairman

Un crabe fleur cuit à la vapeur, arrosé d’un shaoxing vieilli et d’une huile de poulet parfumée, posé sur des nouilles de riz qui en boivent chaque goutte : voilà le plat pour lequel on patiente des semaines, et parfois des mois. Au troisième étage d’un immeuble de Wellington Street, Danny Yip et son chef Kwok Keung Tung ne suivent aucune recette héritée : ils inventent les leurs, à partir de produits de petits pêcheurs et de fermes triées. Pas de carte fixe : le menu arrive par mail quelques jours avant, la réservation se joue en ligne. On ressort en se demandant comment une cuisine aussi savante peut sembler aussi évidente. Sacrée meilleure table d’Asie 2026, et toujours sans esbroufe. 

The Chairman
3/F, The Wellington, 198 Wellington Street, Central 

 

Forum : quarante ans de grand cantonais classique 

La chair de crabe gratinée dans sa carapace du restaurant Forum, une de nos adresses préférées à Hong Kong © Forum

La chair de crabe gratinée dans sa carapace du restaurant Forum, une de nos adresses préférées à Hong Kong © Forum

« Dans les arts culinaires, la vertu et le savoir-faire sont indissociables » : la formule est du chef Adam Wong Lung-to, trente ans de tours de main derrière lui, et elle dit tout de la maison. Fondée il y a plus de quarante ans par le maître Yeung Koon-yat, Forum a bâti sa légende sur un ormeau séché braisé des heures durant, servi jadis à des chefs d’État et toujours à la carte. On y vient pour ce plat-là, bien sûr, mais aussi pour le porc croustillant à la peau de mandarine séchée, la chair de crabe gratinée dans sa carapace, le riz sauté en cocotte. Trois étoiles, et pas une ride. Le classicisme cantonais à son apogée. 

Forum
1/F, Sino Plaza, 255-257 Gloucester Road, Causeway Bay 

  

Lung King Heen : le dim sum d’exception, la baie pour décor 

Le restaurant Lung King Heen et sa vue sur la baie © Lung King Heen

Le restaurant Lung King Heen et sa vue sur la baie © Lung King Heen

Au quatrième étage du Four Seasons, la baie Victoria s’étire derrière une paroi de verre, et le plafond à la feuille d’argent capte la lumière de l’eau. C’est ici que Chan Yan Tak a fait entrer la cuisine cantonaise dans l’histoire : première table du genre au monde à décrocher trois étoiles, deux aujourd’hui, et toujours ce sens du détail qui ne s’apprend pas. Le midi, on s’attable pour le dim sum, et ce feuilleté à l’ormeau et au poulet qu’on n’oublie plus. L’après-midi, pour les soupes longuement mijotées et la vue qui change avec le ciel. Décrocher une place côté fenêtre relève de la chance ; le reste relève du grand art. 

Lung King Heen
4/F, Four Seasons Hotel, 8 Finance Street, Central 

Les grandes signatures venues d’ailleurs 

Carrefour de saveurs, la destination attire aussi des chefs d’Italie ou d’Amérique latine. 

8½ Otto e Mezzo Bombana : la seule trois-étoiles italienne hors d’Italie 

Le restaurant 8½ Otto e Mezzo Bombana à Hong Kong © 8½ Otto e Mezzo Bombana

Le restaurant 8½ Otto e Mezzo Bombana à Hong Kong © 8½ Otto e Mezzo Bombana

Une seule, dans le monde entier, hors d’Italie : 8½ Otto e Mezzo Bombana est la table transalpine triplement étoilée que personne n’a su imiter ailleurs. Umberto Bombana, qui a importé jusqu’ici la grande enchère de la truffe blanche d’Alba, en fait l’héroïne de l’automne ; on le regarde la râper, à la minute, sur des tagliolini tendus de beurre et de parmesan, et l’on comprend pourquoi la salle affiche complet des semaines à l’avance. Le reste de l’année, le risotto de homard et le tiramisu tiennent le rang. Décor de bronze et de sépia, service qui devance la demande. Excusez du peu : c’est l’Italie au sommet, en plein cœur de Central. 

8½ Otto e Mezzo Bombana
Shop 202, 2/F, Alexandra House, 18 Chater Road, Central 

 

Mono : l’Amérique latine en français, par un chef vénézuélien 

Mono, table latine à Hong Kong © Mono

Mono, table latine à Hong Kong © Mono

Cacao d’origine, agrumes, lumière tamisée et comptoir face aux fourneaux. Chez Mono, Ricardo Chaneton – Vénézuélien passé par Mirazur et Quique Dacosta – raconte son Amérique latine avec la grammaire française. Sa langoustine impériale snackée arrive sur une sauce tirée de la tête du crustacé et de fèves de cacao ; le dessert au chocolat noir 70 % du Venezuela referme le récit. Tout, ici, est affaire de mémoire et de précision : un menu unique, trente couverts. On s’attable curieux, on repart conquis par une cuisine introuvable ailleurs. Coup de cœur absolu pour la table la plus singulière de la sélection. 

Mono
5/F, 18 On Lan Street, Central 

Tables d’auteur, mémoires vivantes 

Ici, quelques cuisiniers font du patrimoine et du souvenir la matière même de leur carte. 

The Chinese Library : le grand répertoire chinois réinventé à Tai Kwun 

The Chinese Library, le répertoire chinois réinventé © The Chinese Library

The Chinese Library, le répertoire chinois réinventé © The Chinese Library

On pousse la porte de l’ancien quartier général de la police, à Tai Kwun, et l’on tombe sur des murs de jade, un parquet d’origine et des tables de marbre ancien. Le chef Junno Li y exhume des recettes oubliées des vieux traités rassemblés par le fondateur David Yeo, et fait dialoguer les grandes cuisines chinoises : cantonaise, sichuanaise, pékinoise, shanghaïenne. Le canard laqué quarante-cinq jours se partage en cinq sauces maison ; les dim sum se réinventent en xiao long bao au laksa ou en rouleaux croustillants crabe royal et oursin. Mention spéciale au char siu de porc ibérique. Une table d’auteur qui a fait de la mémoire un terrain de jeu. 

The Chinese Library
1/F, East Wing, Headquarters Block, Tai Kwun, 10 Hollywood Road, Central 

 

Andō : la cuisine-mémoire d’Agustin Balbi 

Le talent du chef Agustin Balbi © Andō

Le talent du chef Agustin Balbi © Andō

« Sin Lola » : sans Lola. C’est le nom du riz caldoso qui a fait la réputation d’Andō, hommage à la grand-mère du chef Agustin Balbi, et c’est par lui qu’il faut commencer. Né en Argentine de parents espagnols, formé au Japon, Balbi pose dans l’assiette un récit autobiographique : riz mijoté au curcuma et à la feuille de combava, gambas carabineros et caviar, homard au safran. La salle est minuscule, le comptoir ouvert sur la cuisine, l’atmosphère intime. C’est pour cette émotion-là qu’on revient, celle d’un plat qui parle d’enfance et de voyage à la fois. L’une de nos adresses fétiches pour qui aime que la technique se mette au service du souvenir. 

Andō
1/F, Somptueux Central, 52 Wellington Street, Central 

L’âme de la rue 

Et puis la rue, irréductible : oies laquées, abats au wok, nouilles à la tomate. 

Yat Lok : l’oie rôtie qui vaut bien son étoile 

Yat Lok, la meilleure oie rôtie de Hong Kong © Yat Lok

Yat Lok, la meilleure oie rôtie de Hong Kong © Yat Lok

Les oies laquées pendent à l’entrée, peau lustrée, et le couperet les détaille sous vos yeux dans un craquement net. On s’installe coude à coude, on partage la table avec des inconnus, et l’on attend son quart d’oie comme une récompense. La maison familiale rôtit ses volailles depuis 1957, marinade secrète, plus de vingt étapes avant le grill : chair juteuse, peau croustillante, le tout sur des nouilles lai fun nappées de gras d’oie. Ajoutez le char siu et le porc croustillant, et l’addition reste l’une des plus douces qu’une étoile ait jamais portées. Last but not least, on paie en espèces, et l’on file. Du grand art populaire. 

Yat Lok
G/F, Conwell House, 34-38 Stanley Street, Central 

 

Tso Choi : le cantonais rustique, sans manières, à Kowloon City 

Tso Choi, bonne adresse à Kowloon City © Tso Choi

Tso Choi, bonne adresse à Kowloon City © Tso Choi

Au mur, une plaque calligraphiée par le regretté Chua Lam, critique culinaire vénéré, désigne le plat à commander : les abats de porc sautés au wok. « Tso Choi » signifie « plats grossiers », et la maison en a fait un étendard. On y dévore des travers laqués au glaçage d’aubépine, tendres et collants, du ventre de poisson sauté, et ce riz au saindoux qui rafle tous les suffrages. Décor d’un autre temps, néons crus, le goût d’abord. Pour comprendre ce que mangeait la région avant les dressages léchés, c’est ici qu’il faut pousser, jusqu’à Kowloon City. 

Tso Choi
G/F, 17A Nga Tsin Wai Road, Kowloon City  

 

Sing Heung Yuen : le dai pai dong culte aux nouilles tomate 

Sing Heung Yuen : le dai pai dong culte aux nouilles tomate © Sing Heung Yuen

Sing Heung Yuen : le dai pai dong culte aux nouilles tomate © Sing Heung Yuen

Tabourets dépareillés, bâche tendue au-dessus de la ruelle, grand wok de bouillon de tomate qui mijote depuis l’aube. Sing Heung Yuen est l’un des vingt-cinq derniers dai pai dong de la région, ces cuisines de plein air en voie de disparition, et la file s’allonge dès midi. On y commande le bol culte : macaronis ou nouilles instantanées noyés dans ce bouillon épais et réconfortant, avec bœuf, œuf ou jambon. Puis le pain croustillant passé au four, beurre, citron et miel, dont on se ressert sans réfléchir. Espèces uniquement, service au pas de charge, zéro chichi. L’âme de la rue, servie brûlante, et elle vaut tous les palaces. 

Sing Heung Yuen
G/F, 2 Mee Lun Street, Central 

  

Mode d’emploi 

Quelques repères avant de réserver. Pour le haut de gamme (The Chairman, Bombana, Lung King Heen), on s’y prend tôt : d’une à quatre semaines à l’avance, parfois davantage, et certaines tables ne se réservent qu’en ligne, à heure fixe. Comptez de l’ordre de 1 400 à 2 400 HKD par personne pour un menu dégustation étoilé, sensiblement moins pour les tables d’auteur au déjeuner. À l’autre bout du spectre, Yat Lok, Tso Choi et Sing Heung Yuen se vivent sans réservation, en espèces, le midi de préférence : on y mange divinement pour quelques dizaines de dollars de Hong Kong. Et pour pousser plus loin la sélection, l’office a réuni 250 adresses passées au crible par une cinquantaine de chefs dans le guide Taste Hong Kong de l’office 

 

Découvrez le City-Guide complet des plus belles adresses de Hong Kong.

 

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