Art
3 expositions à voir à Toulouse et dans ses environs
14 AOûT . 2026
Des effets de lumière de Joaquín Sorolla aux liens entre Jean-Charles de Castelbajac et Jean-Auguste-Dominique Ingres avec la mode, voici trois expositions tendance à voir à Toulouse et aux alentours !
1. « Jean-Charles de Castelbajac. L’imagination au pouvoir », Musée des Abattoirs
Le musée des Abattoirs, à Toulouse, consacre une vaste rétrospective au créateur de mode visionnaire Jean‑Charles de Castelbajac. Pensée comme un manifeste, l’exposition à absolument voir en 2026 propose une scénographie immersive qui brouille les frontières entre la mode, les arts plastiques et la culture pop. Le parcours thématique rassemble près de 300 pièces (vêtements, objets de design, dessins, photographies) qui retracent cinquante ans de création, abordés comme un art total. À travers ses œuvres d’art-à-porter, Castelbajac pose aussi un regard ludique sur une pratique qui, selon lui, se prend souvent trop au sérieux.

L’exposition au Musée des Abattoirs à Toulouse © Musée des Abattoirs
L’exposition revient aussi sur les dialogues du couturier avec les grands mouvements artistiques de la seconde moitié du XXe siècle, comme l’Arte Povera ou le Nouveau Réalisme, ainsi que son usage pionnier de l’upcycling, bien avant que le terme ne devienne un mot d’ordre de la mode responsable. Le créateur, qui a habillé aussi bien Lady Gaga que Jean‑Paul II, apparaît comme un conteur visuel capable d’embrasser l’histoire, la religion et la musique dans un même geste.

L’exposition rassemble près de 300 pièces © Musée des Abattoirs
Dans l’ancienne halle industrielle toulousaine, on circule entre les citations colorées de l’artiste, qui se dit « architecte de sa propre enfance », et on découvre une créativité bouillonnante à travers une vareuse découpée dans une serpillère, ou encore un manteau inspiré par les couvertures des chambres de pensionnats. Le travail de Castelbajac, composé de matériaux pauvres, détourne les objets du quotidien, trouve alors un écho dans les préoccupations contemporaines sur la fast fashion et la durabilité.
« Jean‑Charles de Castelbajac. L’imagination au pouvoir »
Jusqu’au 23 août 2026
Les Abattoirs, Musée, 76, allées Charles‑de‑Fitte, Toulouse
Site officiel de l’établissement
2. « Ingres et la Mode », Musée Ingres Bourdelle
À Montauban, le Musée Ingres Bourdelle propose un parcours inédit sous le prisme de la mode. Né à Montauban en 1780, Jean-Auguste-Dominique Ingres, figure majeure du néoclassicisme, accordait une telle attention aux tissus, aux drapés et aux vêtements qu’il refusait de confier leur représentation à ses assistants. Le musée de Montauban rassemble plus de 200 pièces, dont des peintures, des dessins, des textiles, des vêtements et des bijoux, en les accompagnant de cartels largement documentés. L’exposition est organisée en plusieurs sections thématiques comme « Ingres et la matière textile », « Transfigurer la mode contemporaine », « Le corps, la mode, la peinture » ou encore « La mode en couleurs », qui explorent chacune à leur manière une facette du rapport entre la peinture et le vêtement.

Robe de jour, de ligne Princesse, vers 1865
Les portraits d’hommes avec leurs gilets et redingotes cintrées permettent par exemple de replacer la mode dans une société où l’élégance est un langage visuel autant qu’une affirmation d’identité. Entre les vitrines, on lit l’émergence de la figure du dandy comme posture esthétique et sociale au XIXe siècle. Dans ce contexte rarement exploré qui confronte les œuvres d’Ingres à des vêtements historiques, des gravures de mode et des catalogues commerciaux, le parcours révèle alors les codes qui régissent toute une époque. En mettant en regard des tableaux et des accessoires de mode, comme des châles en cachemire et des bijoux Chaumet, l’exposition raconte aussi l’évolution de notre rapport au corps.

Jean-Auguste-Dominique Ingres, Madame Rivière, 1805
Quelques œuvres contemporaines ponctuent aussi les salles, dont un portrait vidéo de Lady Gaga sous les traits de Mademoiselle Caroline Rivière, signé Bob Wilson, et un cliché de Cindy Sherman en Madame Moitessier. Si ces dernières servent de supports visuels pour des œuvres majeures qui n’ont pas pu faire le déplacement, ces travaux portent aussi un regard critique sur nos obsessions : le statut social et l’étalage des richesses sont alors relégués au rang de vanités.
Conçue en collaboration avec le musée du Louvre et le musée des Arts décoratifs, l’exposition offre une plongée dans le XIXe siècle et dans la carrière d’un peintre qui a fait des étoffes une véritable matière picturale.
« Ingres et la Mode »
Musée Ingres Bourdelle, Montauban
jusqu’au 8 novembre 2026
3. « Sorolla. Maître de la lumière », Fondation Bemberg
Lieu d’art installé à l’Hôtel d’Assézat, à Toulouse, la Fondation Bemberg est dédiée à la collection rassemblée par l’industriel et mécène argentin Georges Bemberg. Cet été, elle consacre une exposition à Joaquín Sorolla, l’un des peintres espagnols les plus célèbres de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. L’exposition s’appuie sur un partenariat avec le ministère de la Culture espagnol, la Fundación Museo Sorolla et le Museo Sorolla pour rassembler une sélection d’œuvres emblématiques du peintre, comme Contre-jour, María à Biarritz ou encore Les Voiles, toutes les deux provenant du Museo Sorolla.

Joaquín Sorolla, Clotilde sous l’auvent Biarritz, été 1906 © Museo Sorolla
Le parcours est organisé de manière thématique, en mettant l’accent sur les scènes de bord de mer, les portraits familiaux et ceux de ses contemporains (dont les familles aisées madrilènes), ainsi que les jardins, que l’on retrouve principalement dans la dernière période de la carrière du peintre espagnol. Ces derniers, capturés lors de son séjour au palais de la Granja de San Ildefonso en 1907, opposent l’ordre et l’architecture du jardin à la française à la nature sauvage et spontanée.

Joaquín Sorolla, María dans le jardin de La Granja, La Granja de San Ildefonso, Été 1907 © Museo Sorolla
À travers une soixantaine d’œuvres, la lumière éclaire les visages, saisit les effets du soleil, de l’eau et des atmosphères méditerranéennes, dévoilant les différentes techniques utilisées par le peintre pour saisir les heures du jour.
« Sorolla. Maître de la lumière »
Jusqu’au 13 septembre 2026
Hôtel d’Assézat, Place d’Assézat, Toulouse
Site officiel de l’établissement