Et pourquoi pas l’Auvergne ? Sur la route du Puy de Dôme

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09OCT. 2018

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Et pourquoi pas l’Auvergne ? Sur la route du Puy de Dôme

09 OCTOBRE . 2018

Écrit par Patricia Colmant

L’Auvergne, ses plateaux battus par les quatre vents, ses températures glaciales en hiver, ses villes industrielles… Mais c’est aussi une terre historique, vaste région aux trésors cachés tant dans ses massifs et ses plaines que du côté de ses monuments protégés. Sans oublier quelques petites adresses bon-vivant… Pour un week-end automnal très Grand Duc !

Par Patricia-M. Colmant

Premier jour : à Lezoux, un petit manoir converti

Que d’audace et d’imagination il a fallu à Véronique Vernat pour créer ses chambres d’hôtes à Lezoux, petite bourgade du Puy de Dôme. Cet hébergement luxueux et si chaleureusement authentique est totalement inattendu dans un bourg… si tristounet.

Pourtant le manoir de la Manantie, belle bâtisse du XIXe siècle en pierre de Volvic, est un véritable lieu hors du temps. L’atmosphère romantique du parc à l’anglaise enveloppe cet ancien relais de poste dans une grande sérénité.

En poussant les portes en ronce de noyer de l’une des quatre chambres, l’hôte bascule dans une atmosphère douce et sereine. Chaque pièce a gardé son parquet d’origine aux trois essences de bois, alliée à une décoration sobre, comme les murs nus de la suite Saint-Taurin ou de la chambre du Parc. Et question détente, ici, on sait de quoi on parle : Véronique Vernat qui s’est lancée il y a 5 ans dans cette aventure auvergnate avec son mari, précisément pour rompre avec le stress parisien.

Pour les nerveux, attention à la chambre Sigilée, aux murs rouges, empruntant son nom aux céramiques ocre gallo-romaines expédiées dans toute la Gaule à l’époque de la splendeur du village.

La cité Michelin, entre plateaux et ruelles

De Clermont-Ferrand, on retiendra la silhouette svelte des deux flèches noires de la cathédrale gothique Notre-Dame-de-l’Assomption. Sculptées en pierre de Volvic, elles émergent de la ville, tels deux traits aigus défiant le ciel. Promenez-vous au gré des ruelles étroites de Clermont… On préférera apprivoiser la ville natale de la marque Michelin, depuis le promontoire du Puy de Dôme, à la vue époustouflante, qui domine la chaîne des puys culminant à 1465 mètres.

La Cathédrale de Clermont-Ferrand © Arnaud Frich

Et quitte à faire du tourisme, on emprunte sans ciller le train panoramique des Dômes, qui offre un coup d’oeil à 360° sur la plupart des anciens volcans. Arrivé au sommet, il faut absolument faire le tour du plateau : la vue est saisissante quand elle est dégagée. Et c’est encore plus beau en hiver… si on est très bien couvert.

Amateurs de voitures et d’histoire industrielle, suivez la fameuse aventure Michelin en son musée et sur son ancienne piste d’essai, du côté de Montferrand.

Des châteaux et des églises : la France, madame !

L’Auvergne, c’est aussi plus de 200 châteaux : Ravel, l’incontournable du XIIe siècle, propriété des décorateurs parisiens Joseph Achkar et Michel Charrière qui y ont lancé un plan de rénovation de grande ampleur ; Aulteribe et ses collections remarquables.

C’est aussi une multitude de charmantes églises romanes qui firent école jusqu’au Portugal. On dit que près de 600 furent construites entre les Xe et le XIIe siècles aux alentours du Livradois-Forez : la plus belle à Glaine-Montégut, mais aussi des dizaines de petites qui se nichent au coeur de villages qui sommeillent, tels Moissat ou Auzelles, des plus imposantes telle la remarquable Saint-Austremoine à Issoire ou encore l’abbatiale de la Chaise-Dieu pour laquelle le grand pianiste hongrois, Georges Cziffra, eut un coup de coeur en 1966. Il y donna un premier concert au profit de la restauration de l’orgue, puis revint l’année suivante. Le rendez-vous s’est annualisé en grand festival d’été.

Moissat © Brigitte Bailleys

Deuxième jour : un troquet sur la route de Saint-Jacques

Nous voici sur la route du Puy-en-Velay. Et même si on n’a pas l’âme d’un pèlerin, on ne reste pas indifférent à cet appel du chemin qui draine toutes sortes de personnalités dans les ruelles de la ville d’où l’évêque Godescalc se rendit, en 950, à Saint-Jacques de Compostelle et initia la via Podiensis.

Place du Plot, Le Puy-en-Velay © Luc Olivier

L’été, les Jacquets arrivent la veille de leur départ pour être le lendemain à l’aube à la cathédrale pour la bénédiction des pèlerins, avant de descendre les 134 marches de la cathédrale qui amorcent le GR65 vers Compostelle. A défaut d’être matinal, la montée des marches est un must, une façon de prendre la mesure de la place de ce sanctuaire millénaire dans notre histoire, depuis que Saint-Louis rapporta de sa croisade d’Egypte cette Vierge noire.

Entrez les Artistes ! © Jean-Michel Gueugnot

Pour s’immerger dans l’atmosphère pèlerine, il y a le choix : dîner au grand séminaire, dans l’immense salle de réfectoire, ambiance cantoche, ou l’un des nombreux petits bistrots de la ville, comme Entrez Les artistes (attention, il ne faut pas avoir peur des plats en sauce…).

Côté Loire, canoë et belle étoile

Direction Lavoute-sur-Loire, à vingt minutes du Puy, et son château, demeure estivale des princes de Polignac enserrée dans une boucle de la Loire. La vue, depuis l’éperon rocheux, y est époustouflante.

Château de Lavoute-sur-Loire

Pour les plus sportifs, profitez-en pour expérimenter la virée en canoë sur la Loire depuis Vorez-sur-Arzon : un luxe que de naviguer sur le dernier fleuve sauvage de France ! Les rives cachent hérons cendrés, poules d’eau et même quelques loutres…

Descendez jusqu’à Cozy camp, en amont de Retournac. Là, se cache un fameux glamping, mais si, un camping chic, façon Out of Africa ! On y croise une majorité d’Européens du Nord, de cadres adeptes de la nuit belle étoile, qui ont repéré le charme de ce lieu magique avec sa basse-cour, ses moutons et son potager ouvert à tous. Vous avez envie d’une tomate ou d’une courgette ? Allez la cueillir.

A l’origine du projet, Richard Masson a lui aussi fui le stress urbain et les responsabilités. Le restaurant, ouvert le soir, propose un menu à base de produits bio locaux. Spa et piscine chauffée complètent cet espace aux ressources multiples qui joue la carte écolo – avec bon sens. Bien sûr, on peut préférer la cabane dans les arbres ou la roulotte pour la nuit. Les choix sont variés et dispersés sur les 4,5 hectares du camp, pieds dans l’eau et sans voiture. Ce savant mélange de luxe et camping présente un seul risque, celui d’être réveillé par le silence…

© La Demeure du Lac de Fugères

Mais si vous préférez la ville, la charmante Demeure du lac de Fugères, dont le nom résonne des mythes auvergnats, peut être idéalement dépaysante ! Coincée dans une petite bâtisse médiévale, au pied de la cathédrale du Puy-en-Velay, elle se révèle dans ses beaux volumes et ses intérieurs joliment refaits, ayant conservé juste ce qu’il faut d’un charme un peu désuet…

© La Demeure du Lac de Fugères

Sur le retour : la route, quelques châteaux et un couteau

On atteint Chalmazel après une succession de jolies petites routes serpentant vers le nord à travers la France endormie : Craponne, Arlanc, Ambert et sa mairie toute ronde. Panoramas superbes, beauté brute du col du Béal avant la bascule sur la façade Est du Forez…

Chalmazel est une modeste station de sport d’hiver, un village tout de granit dominé par les tours du château-fort du XIIe siècle surplombant la vallée du Lignon. Dans la salle des gardes du château, on est en plein Moyen Âge, sur les traces des Marcilly-Talaru. La citadelle, ouverte aux visiteurs, a été restaurée par les Suguenot, un couple de Bourguignons “raide-dingues” de châteaux-forts, selon le mot de Madame.  

Sur la route du retour, on marque un arrêt à Thiers, agrippée à son promontoire, capitale de la coutellerie : dédale de rues médiévales, vallée des Rouets un peu réfrigérante le long de la Durolle, et encore quelques artisans d’art talentueux qui permettent la visite de leurs ateliers.

https://www.instagram.com/p/BaBUJXjBGlS/?hl=fr&taken-by=grimardie

La ville domine la plaine de la Limagne, là où Vercingétorix vainquit Jules César. Une vue imprenable dont on peut aussi jouir à quelques encablures de la ville, depuis la petite cabane arrimée sur les hauteurs de quatre pins, au lieu dit La Grimardie à Escoutoux, d’où j’ai le plaisir de vous écrire ces lignes et où je serai ravie de vous accueillir pour une nuit près des écureuils.

P-M.C

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Cravan, le bar qui shake le seizième

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La belle frimousse d’Astair au Passage des Panoramas

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