Quand la couture s’amuse : petit éloge du streetwear automobile

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15JAN . 2020

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Quand la couture s’amuse : petit éloge du streetwear automobile

15 JANVIER . 2020

Écrit par Antoine Minard

L’automobile comme la mode s’imposent comme les reflets des goûts et des tendances esthétiques d’une époque. On l’a vu récemment, quelques griffes célèbres se sont ainsi laissées tenter par le mélange des genres, avec goût… ou pas. Cette fois-ci, flash-back au cœur des années 1980, à l’heure où le streetwear dictait ses propres lois.

Par Antoine Minard

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Peugeot 205 Lacoste (1984)

Au milieu des années 1980, les séries limitées prennent une place importante dans le marché automobile européen. Si à l’origine elles n’étaient que des versions colorées de la gamme standard, certaines prennent la voie du co-branding en s’associant à l’image d’une autre marque. À l’occasion du tournoi de tennis Roland-Garros 1984, et un an après la commercialisation de sa citadine phare, Peugeot lance une série limitée en partenariat avec Lacoste.

Toute de blanc vêtue – jupe, pare-chocs, rétroviseurs et enjoliveurs -, la 205 Lacoste évoque l’univers du tennis et s’agrémente de touches de vert : baguettes décoratives, filets sur le rétroviseur ou le tour de caisse, moquette intérieure et grille de pommeau. Le célèbre croco  s’invite sur les ailes avant et la face arrière. Côté équipement, notons un beau volant cuir et un grand toit ouvrant.

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1 000 exemplaires seront commercialisés, tous en 5 portes. Devant le succès de l’opération, on prend les mêmes et on recommence en 1985 et 1986. C’est alors que s’instaure une collaboration devenue institution, entre le tournoi parisien et Peugeot avec les fameuses séries Roland Garros. Dans ses brochures Peugeot ose tout et tente le jeu de mots en surnommant sa 205 « belle de match ».

 

 

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Autobianchi Y10 Fila (1987)

Décidément, le tennis fait vendre. Björn Borg ou John Mc Enroe s’habillent en Fila et s’affichent sur tous les petits écrans européens. Il n’en fallait pas plus pour qu’Autobianchi, le roi de la citadine en vogue pour madame, lance sa série limitée. Avec son habillage caractéristique la petite Y10 Fila est facilement identifiable : blanche à l’extérieur, pare-chocs et jantes coordonnées, l’intérieur est pour sa part tendu d’un tissu rouge vif griffé du monogramme Fila. Ou bleu vif, une façon comme une autre de rappeler la ligne de vêtements de sport du même nom.

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La Y10 servira bien sûr à présenter les collections 1987 Fila, toujours très solidaires du tennis. N’oublions pas qu’à l’époque les deux marques pensaient sincèrement concilier élégance et modernité. Avec la Y10 Fila, vous roulerez en fait dans un survêtement géant.

 

 

 

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Citroën AX K-Way (1988)

Citroën et les séries spéciales ou limitées, c’est une longue histoire d’amour. La marque sera l’une des premières à user du genre grâce au talent de Serge Gevin. L’homme est un ancien étalagiste du Printemps entré chez Delpire (éditeur et publicitaire à l’origine des fantastiques brochures DS, ID et autres Ami ndlr) pout y réaliser stands et expositions. On se souvient notamment de la 2 CV Spot de 1976, orange et blanche comme un parasol de plage…

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Dix ans plus tard Citroën s’associe à K-Way pour proposer une AX à l’élégance… imperméable. L’AX K-Way se destine avant tout aux jeunes, lesquels ont rarement les moyens d’acheter une voiture neuve. Elle prend pour base l’AX d’entrée de gamme et s’en distingue par quelques éléments décoratifs : un décor adhésif latéral rouge et bleu – censé rappeler l’élastique de la banane que formait le K-Way rangé en boule dans sa poche -, des logos K-way sur le capot et le hayon, des enjoliveurs intégraux blanc et un intérieur coloré avec des bandes obliques bleu et rouge, évoquant les célèbres imperméables français de Léon-Claude Duhamel. La série connaîtra un tel succès qu’elle intégrera la gamme avant d’être reconduite sur la Saxo en 1998. Misère.

 

 

 

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Fiat Panda Sergio Tacchini (1990)

En 1990, la Panda fête ses dix ans et avoue déjà une bonne liste de séries limitées en tout genre. Vous l’avez compris, les séries spéciales servent autour d’un thème à animer le marché et relancer les ventes d’un modèle. Sur le même principe que la 205 Lacoste ou l’Y10 Fila, Fiat surfe encore un peu sur l’image chic et sport du tennis. Mais pas seulement ! La marque de vêtements créée en 1966 par l’ancien champion italien Sergio Tacchini était aussi présente en F1, via Ayrton Senna, en golf, en ski ou en voile.

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Cette Panda tente l’élégance avec les moyens du bord et reste sobre : bleu, gris et blanc à intérieur vert. Cette version ne sera pas commercialisée en France, ce qui n’empêchera pas à Sergio Tacchini de s’imposer très vite comme un incontournable de la street culture et de l’identité sociale. “Ici, le rêve des jeunes, c’est la Golf GTI, survêt’ Tacchini” rapait Shurik’n du groupe I AM en 1996.

 

 

 

 

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Renault Twingo Benetton (1996)

La marque de mode italienne Benetton, fondée en 1965, doit l’essentiel de sa notoriété à sa communication d’avant-garde et provocatrice. Quoi de plus normal, donc, que de s’associer à l’image de la Twingo ? Pour les amateurs de sport auto, Benetton évoque bien sûr la Formule 1 puisque la marque sponsorise l’équipe Tyrell Racing en 1983, Alfa Romeo en 1984 puis Toleman en 1985, avant de devenir, pour la saison 1986, Benetton Formula.

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La Twingo Benetton revendique une certaine idée de la jeunesse, osée et pleine de vie. Elle se distingue par ses couleurs flashy, à l’extérieur comme à l’intérieur, avec une sellerie en tissu spécifique Scacchi à carreaux colorés. Il se dit que la disposition des couleurs est différente sur chaque véhicule ! “La Twingo, en France, ne va pas tarder à devenir une image d’Épinal comme la 2 CV et la 4L” lisait-on dans Autoretro en septembre dernier. Alors pourquoi pas une Benetton ? Wait and see

A.M

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