Un week-end hors-saison à l’Isle-sur-Sorgue ,

en 5 adresses pour initiés

Culture

09OCT . 2020

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Culture

Un week-end hors-saison à l’Isle-sur-Sorgue

en 5 adresses pour initiés

09 OCTOBRE . 2020

Écrit par Caroline Knuckey

Oubliez son marché, ses adresses branchées, son clinquant touristique un peu trop racoleur… L’Isle-sur-Sorgue – on oublie aussi le la – c’est pour chiner qu’on y va et rien d’autre, ou presque. Si elle est aujourd’hui le must des décorateurs et designers les plus en vogue on y croise John Malkovich, Paola Navona ou encore Philippe Starck mais aussi beaucoup de marchands étrangers, Américains en tête – c’est bien qu’il y a une raison. Nos 3 adresses d’antiquaires triés sur « le haut » du volet, une pâtisserie pour la pause, et une librairie qui fait aussi de la déco, parce que la culture, bordel ! 

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© Getty

1. Marc Larking-Coste, L’antiquité du jardin

Trente antiquaires et brocanteurs font la pluie et le beau temps à L’île aux Brocantes. Un passage obligé pour tout chineur qui se respecte, celui qu’a choisi Marc Larking-Coste pour y présenter ses « antiquités de jardin », majoritairement du XIXe, françaises, italiennes, européennes…

Larkingcoste

Vases Medicis en fonte, – son dada – , comme ces vases d’orangerie (en photo) en fonte émaillée ornés de décors très élaborés fabriqués à Rouen, bancs ou mobilier de jardin débusqués dans des propriétés bourgeoises ou des villes thermales. Mais aussi, des objets qui interpellent, comme des grands miroirs en bois argenté, des lustres génois, des tables rustiques espagnoles ou encore des meubles suédois en bois peint du XIXe siècle.

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Son secret et sa force ? Faire réapparaître les peintures « originelles » sous les couches superposées par les âges et retrouver l’âme d’un vase, d’un meuble ou d’un objet. « Cela crée une matière très intéressante, une patine unique » explique-t-il. Une technique que ce dénicheur d’objets rares, passé par l’école Blot de Reims, maîtrise à la perfection.

Sa dernière tocade ? Décaper et recouvrir de chanvre ancien de vieux fauteuils classiques Louis XVI (en photo) pour leur donner une note plus actuelle qui viendront se glisser sans vergogne dans les plus beaux mas de Provence.

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L’objet qu’il a choisi pour Les Hardis : une paire de jardinières en forme de cygne, typiques des années 40, dans la plus pure tradition des ornements français de jardin du XXe siècle qui épousent souvent des formes animalières. Un objet à la fonction un peu oubliée, qui mériterait un retour en vogue sur nos balcons.

 

Marc Larking-Coste,
L’Ile-aux-Brocantes,
7 avenue des 4 Otages,
84800 L’Isle-sur-la-Sorgue.
T. 06 07 10 25 90.

Ouvert le vendredi de 14h à 19h, samedi et dimanche de9h30 à 19h et le lundi de 10h30 à 17h

 

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2. Bernard Durand Antiquités, un vrai cabinet de curiosités

Les objets de curiosité des XVIIIe et XIXe siècles, Bernard Durand les collectionne avec un regard des plus aiguisés. Il faut dire que cela fait bientôt trente ans qu’il a posé ses bagages à L’Isle-sur-Sorgue. « C’était comme une évidence, souligne-t-il, juste dans l’esprit de ce que j’aimais. » Passé tour à tour par le Village des Antiquaires, puis l’Île-aux-Brocantes, il a désormais sa propre boutique galerie.

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Elle regorge de mille et une trouvailles, venues d’Italie ou d’ailleurs… Des objets rares ou insolites mais aussi du quotidien de l’ancienne Provence : étoffes « indiennes » ou imprimées à la planche de bois, céramiques de Vallauris, vaisselle en terre vernissée, verrerie, miroirs fanés… Cet esthète, formé aux Beaux-Arts de Marseille, n’aime pas le « vernis » ni rien de ce qui est rutilant.

L’info en plus ? Bernard Durand est dépositaire des eaux de cologne, elixirs antiques et onguents réparateurs Santa Maria Novella.

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L’objet qu’il a choisi pour Les Hardis : Un globe terrestre, avec cercle des méridiens et table équatoriale gravée des signes du zodiaque, dressé en 1820 par François Delamarche, à Paris, et chiné dans une ancienne collection privée. « Dans son “état de maison” », précise-t-il. « il y a la patine du temps qui s’est écoulé, mais sans les blessures de son vécu. Pas de griffures, pas de traces de fumée ou de suie, juste une usure sur Pékin, l’instant de rêver au sac du Palais d’été, à la dernière impératrice, à la fameuse course automobile…mais aussi aux mains des femmes qui l’ont jadis épousseté… » Un objet pour voyager dans le temps et dans l’espace, sans avoir à sortir de sa chambre !

 

Bernard Durand Antiquités,
L’Ile-aux-Brocantes,

11 avenue  des 4 Otages,
84800 L’Isle-sur-la-Sorgue.

T. 06 07 99 92 42

 

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3. Caroline Beauzon, artiste-peintre éprise du XXe siècle

Elle aussi a choisi d’élire domicile à l’Île-aux-Brocantes, mais dans la galerie intérieure. Quand l’opportunité s’est présentée en 2012, Caroline Beauzon, déjà artiste-peintre, n’a pas hésité. « C’était l’occasion de concilier mes deux passions » confie-t-elle.

Il faut dire qu’elle a été formée à bonne école ! Sa mère était déjà une grande chineuse. « Tous les samedis, on allait aux puces de Vanves, j’adorais ça ! Mes parents étaient férus de mobilier contemporain et de déco des années 1970. » Mélanger les styles et les ambiances avec sa peinture au milieu de mobilier design du XXe siècle, voilà au fond ce qui l’excite. Elle ne fonctionne que par coups de cœur, question de regard…

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Quant à la fibre artistique, avec une mère sculpteur, elle en était déjà toute imprégnée. Son prof d’art contemporain, Claire Cellerier, lui avait confié son studio. Elle y donnait des cours de modèle vivant une fois par semaine, jusqu’au jour où elle a mis le pied à l’étrier. La rencontre avec le peintre bulgare Peter Szabo sera décisive. « C’était l’archétype du peintre maudit ! On faisait des expos ensemble tous les week-ends en Provence. » Ses premiers tableaux ? Des nus et des taureaux.

Oui, mais alors, d’où vient cette fascination pour les chaises que Caroline Beauzon esquisse inlassablement ? « Elle remonte à des souvenirs d’enfance. J’avais à peine 5 ans. On allait au square Saint Lambert avec mon arrière-grand-père. On s’asseyait sur les chaises du jardin. Tous les soirs, de vieilles dames, toutes habillées de noir – des veuves de guerre lui avait-on dit – ramassaient les chaises et les rangeaient. J’étais fascinée. » La chaise pour Caroline, c’est comme un squelette, une armature.

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Cet été, deux chaises longues chinées à Barjac l’ont fait sortir de cette torpeur dans laquelle elle s’était enveloppée face au Covid. Un flot ininterrompu de chaises longues, sur papier de riz ou papier kraft, carton ou bois, à l’acrylique ou au fusain, ont alors fait surface. Le propriétaire du restaurant Le Carré d’Art à Nîmes, médusé par le motif et cette profusion, vient de lui consacrer une exposition.

caroline-beauzon-2

L’objet qu’elle a choisi pour Les Hardis : un lustre en résine et plâtre signé du sculpteur Jean-Jacques Cadéac d’Arbaud, piqué d’oiseaux et incrusté de coupelles laissant filtrer la lumière. Un objet fin et qui fleure bon l’évasion, pour les esprits les plus poétiques des Hardis…

 

Caroline Beauzon,
LÎle-aux-Brocantes,
7 avenue des 4 Otages,
84800 L’Isle-sur-la-Sorgue
T. 06 77 79 31 42

 

 

4. Eugénie, salon de thé et pâtisseries impériales

Le parcours de Johan Triart, ce « petit gars de Soissons », peut laisser présager de ce qui vous attend dans cette annexe chic et gourmande du Grand Hôtel Henri, fit pour une impératrice. Des pâtisseries de haut vol, vous l’aurez compris.

Après avoir tutoyé les étoiles auprès d’Arnaud Lallement, Philippe Colinet ou encore Antonin Bonnet, John Triart peut prétendre au poste de chef pâtissier.

Eugénie

C’est au Cerf en Suisse qu’il exprime tout son talent avant de rejoindre Les Bories à Gordes où la symbiose opère avec le chef de cuisine Grégory Mirer. Lorsqu’il se hisse parmi les dix meilleurs pâtissiers de France en 2018, prendre la tête de ce nouvel établissement, qui plus est en Provence, tombe à pic.

Eugénie-dessert-carotte

Le… dessert aux carottes. Si, si !

Johan Triart a carte blanche. Son dada ? Les agrumes, l’acidité… qu’il travaille avec son second Olivier Albrand. Et côté fruits et légumes, en Provence, il n’a que l’embarras du choix pour jongler avec les saisons. « Le test pour un pâtissier c’est qu’il doit être capable de maîtriser à la perfection un paris-brest, c’est la base » souligne ce jeune artisan, cool mais intransigeant.

Eugénie-1

Chez Eugénie, il en a fait son best-seller. Cinq petites bouchées pour atteindre le nirvana ! De la pâte à choux, un praliné croustillant à la fleur de sel, une crème mousseline amandes et noisettes et une noisette entière dans chaque chou… Ah oui quand même ! Café et combava, framboise et poivron rouge, sarriette et rhubarbe… Johan Triart aime les mariages insolites. Les ingrédients de son dessert de « saison » actuellement à la carte ? Carotte, mandarine, noix de pécan et biscuit cacao sans gluten… Ah oui quand même !

 

Eugénie,
37, cours René Char,
84800 L’Isle-sur-la-Sorgue
T. 
04 90 94 90 57.

 

brocante

 

5. Le Passeur de L’Isle, littérature, étoffes anciennes, BD et vinyles

Voilà déjà cinq ans que Maria Ferragu est aux manettes du Passeur de l’Isle, la librairie place de l’Église qui s’inscrit dans le traditionnel chemin de ronde des habitués du coin.

Librairie-passeur-de-lisle

Après des études de droit et de commerce et plus de dix ans dans la communication, cette méridionale dans l’âme en rêvait. « J’ai voulu conserver l’originalité du lieu voulu par les fondateurs. Lui était libraire, elle décoratrice » explique-t-elle. À savoir, un espace librairie donnant sur la rue et à l’étage une boutique de déco avec un coin réservé aux livres pour enfants. « Classiques, petites maisons d’édition, best-sellers, la difficulté est de trouver le juste équilibre » confie-t-elle.

Passeur-de-lisle

Le premier étage, c’est toujours Martine Toussaint, la décoratrice, qui le supervise. Tissus anciens, sacs, objets, vestes en lin… c’est au fin fond de l’Inde ou au hasard de ses voyages qu’elle fait ses achats ou distribue ses commandes.

Il y a même une collection spécifique au Passeur de l’Isle avec un petit atelier de confection sur place. Pas plus de 15 à 20 pièces par an – ses sacs sont de petites merveilles –, mais toutes uniques.

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La petite annexe de 25m2, collée à la librairie, se concentre sur la BD et la musique. « Vinyles neufs et d’occasion, CD… nous sommes les seuls à la ronde à avoir ce coin musique et ça marche ! » Mais là où Maria excelle, ce sont les rencontres avec les auteurs. De vrais échanges, une à deux fois par mois. Et si on faisait un petit tour au Passeur de l’Isle, après un verre au Café de France ? Vous vous posez encore la question ?

 

Le Passeur de L’Isle,
7 place de la Liberté,
84800 L’Isle-sur-la-Sorgue
T. 04 90 20 85 84

Prochaines rencontres :
Le 16 octobre, Cécile Coulon pour son livre Une bête au paradis (L’Iconoclaste)
Le 14 novembre Dima Abdallah pour son livre Mauvaises Herbes (Sabine Wespieser éditeur)
Le 20 novembre Diane Meur pour son livre Sous le ciel des hommes (Sabine Wespieser éditeur)
Le 4 décembre Miguel Bonnefoy pour son livre Héritage (Payot-Rivages)

C.K

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