Les 5 expositions à voir à Londres en ce moment

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17MARS. 2026

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Les 5 expositions à voir à Londres en ce moment

17 MARS . 2026

Écrit par Maïa Morgensztern

À Londres, les musées fêtent le printemps avec les génies de l’art et de la mode. Voici les 5 meilleures expositions à voir en ce moment !

Girl in Bed, 1952, Lucian Freud, Oil oncanvas, © The Lucian Freud Archive. All Rights Reserved 2026 / Bridgeman Images. Photo © National Portrait Gallery, London. Lent by a private collection, courtesy of Ordovas

Girl in Bed, 1952, Lucian Freud, Oil on canvas, © The Lucian Freud Archive. All Rights Reserved 2026 / Bridgeman Images.
Photo © National Portrait Gallery, London. Lent by a private collection, courtesy of Ordovas.

Schiaparelli: Fashion Becomes Art

Notre sélection des expositions à ne pas manquer durant votre séjour à Londres commence avec le V&A, spécialiste des expositions dédiées aux marques de mode ultra luxe, après Chanel et Gucci, qui s’empare du travail d’Elsa Schiaparelli (1890-1973). Fashion Becomes Art plonge dans l’univers visionnaire de la fondatrice italienne qui, dans l’effervescence des années 1930, a transformé la haute couture en provocation surréaliste. Schiaparelli a également travaillé avec des géants de l’Art pour réaliser des pièces qui ont fait entrer la mode dans le discours créatif de l’époque. Lobster Dress, une robe ornée d’un motif d’un homard, est imaginée avec Salvador Dalí, tandis qu’Œil, la magnifique broche larmoyante, est le fruit d’une collaboration avec Jean Cocteau. Les formes géométriques déconstruites de Pablo Picasso apparaissent pour leur part sur des vestes courtes, tandis que les clichés de Man Ray ont transformé la maîtresse de maison en sculpture vivante. L’exposition réunit également la Skeleton Dress et la Tears Dress aux imprimés anatomiques troublants, ainsi qu’un Chapeau-chaussure. Dans les vitrines, on trouve des bijoux extravagants, des parfums, des sculptures, des photographies et des archives qui retracent l’évolution de cette maison hors du commun. Le V&A revient aussi sur la renaissance contemporaine de la marque menée par Daniel Roseberry, et dont les créations sont portées par des figures publiques comme Kylie Jenner, aperçue vêtue d’une (fausse) tête de lion à l’occasion du défilé 2023. Après avoir brouillé les frontières entre mode, performance et art, la maison Schiaparelli continue de redéfinir la féminité à travers des objets détournés en manifestes poétiques et politiques. 

V&A South Kensington
Cromwell Rd, London SW7 2RL, Royaume-Uni
28 mars – 8 novembre 2026
Site officiel de l’établissement

 

Tracey Emin: A Second Life

Parmi nos bonnes adresses à Londres, le Tate Modern propose la plus grande rétrospective jamais consacrée à l’artiste britannique Tracey Emin (née en 1963) à travers 90 œuvres emblématiques et inédites, couvrant 40 ans de création. Prolifique et multimédia, Emin dessine, peint, crée des installations, fabrique des néons, brode, fond des sculptures en bronze et tourne en format vidéo. De l’installation controversée My Bed (1998), constituée d’un lit défait jonché de bouteilles vides, de vêtements tachés et de tampons (l’œuvre a fait scandale lors du Turner Prize en 1998), jusqu’aux peintures monumentales produites alors qu’elle faisait face à la maladie et à un divorce douloureux, Tracey Emin s’est livrée sans filtre tout au long de sa carrière. En reconstituant avec une intimité brute l’autobiographie de cette figure majeure des Young British Artists, la Tate révèle comment Emin a transformé des confessions viscérales en force féministe. L’exposition montre aussi des toiles récentes comme The End of Love (2024), invitant le public à habiter ses blessures ouvertes pour offrir une réflexion touchante sur la mortalité et la seconde chance.

Tracey Emin, I never Asked to Fall in Love - You made me Feel like This 2018 © Tracey Emin

Tracey Emin, I never Asked to Fall in Love – You made me Feel like This 2018 © Tracey Emin

Tate Modern
Bankside, London SE1 9TG, Royaume-Uni
Jusqu’au 31 août 2026
Site officiel de l’établissement

 

Lucian Freud: Drawing into Painting 

La National Portrait Gallery présente la première exposition anglaise consacrée aux dessins de Lucian Freud (1922-2011) pour mettre en lumière le processus créatif de l’un des plus grands portraitistes du XXᵉ siècle. Le musée présente pour la première fois une sélection de plus de 100 dessins, dont des gravures, des esquisses au fusain et des études à l’huile, qui révèlent comment l’artiste a construit ses portraits monumentaux à partir de longues séances de pose avec ses modèles. Parmi eux, sa fille Rose, sa filleule Henrietta Moraes et Sue Tilley, muse plantureuse croquée nue dans le légendaire Benefits Supervisor Sleeping, que l’on a aperçue encore récemment dans les allées du musée londonien. L’exposition dévoile un Freud patient et anatomiste, qui travaille chaque hachure de la pointe sèche ou de la craie blanche sur un papier teinté pour capturer la chair en mouvement. On voit naître sous nos yeux les plis de la peau et les ombres des visages, préfigurant la densité charnelle des travaux à l’huile. 48 carnets de dessins, des lettres et des peintures non terminées viennent compléter l’accrochage, ainsi que 12 acquisitions récentes de l’héritage Freud (dont 8 eaux-fortes et une épreuve d’essai de sa fille Bella). À cela s’ajoutent des prêts exceptionnels comme la série d’esquisses inspirées du Pierrot Content de Watteau, appartenant au musée Thyssen-Bornemisza de Madrid. 

Portrait of a Young Man, 1944, Lucian Freud,Black crayon and chalk on paper, © The Lucian Freud Archive. All Rights Reserved 2026 / Bridgeman Images, Lent by a private collection David Hockney, 2002, Lucian Freud, Oil on canvas © The Lucian Freud Archive. All Rights Reserved 2026 / Bridgeman Images, Lent by a private collection

Portrait of a Young Man, 1944, Lucian Freud, Black crayon and chalk on paper, © The Lucian Freud Archive. All Rights Reserved 2026 / Bridgeman Images, Lent by a private collection

National Portrait Gallery
St. Martin’s Pl, London WC2H 0HE, Royaume-Uni
Jusqu’au 3 mai 2026
Site officiel de l’établissement

 

Seurat and the Sea

Pour sa nouvelle exposition, le Courtauld dédie ses salles aux marines de l’artiste Georges Seurat (1859-1891), à travers 26 œuvres réalisées lors de ses cinq séjours estivaux dans le nord et l’ouest en France, entre 1885 et 1890. En reconstituant l’évolution de l’esthétique néo-impressionniste au pointillisme avec la mer comme leitmotiv, le musée présente des paysages de ports et de régates jusqu’alors peu connus du grand public. On trouve des vues en mer depuis Port-en-Bessin, ou encore Le Crotoy et Gravelines qui capturent une lumière changeante à ciel ouvert. Ces séjours sur les côtes françaises, pensés comme des parenthèses loin du tumulte de la ville, ont servi de refuge à Seurat pour « laver [ses] yeux des jours d’atelier parisien », selon les dires du peintre. Pendants aux œuvres citadines, ces travaux proposent des compositions apaisées, souvent vides de figures humaines. Aux antipodes de la Parade de cirque grouillante et sonore et du Dimanche à la Grande Jatte peuplé de badaux, les vues de Grandcamp et de la plage de Honfleur respirent la sérénité. Perdu dans les détails de la composition du Petit-Fort Philippe, on observe alors comment les points de couleur pure offrent des espaces contemplatifs quasi abstraits. Acclamée par la critique, on prédit à cette exposition de beaux jours ensoleillés ! Réservation en amont fortement conseillée.

Seurat, Entrance to the Port of Honfleur, 1886, Barnes Foundation, Philadelphia. Photo © 2025 Barnes Foundation. All rights reserved

Seurat, Entrance to the Port of Honfleur, 1886, Barnes Foundation, Philadelphia. Photo © 2025 Barnes Foundation. All rights reserved

The Courtauld Gallery
Somerset House, Strand, London WC2R 0RN, Royaume-Uni
Jusqu’au 17 mai 2026
Site officiel de l’établissement

 

Beatriz González

Pour la première rétrospective britannique de l’artiste colombienne Beatriz González disparue en janvier (1932-2026), le Barbican a réuni plus de 150 œuvres couvrant six décennies, de 1960 à nos jours. Avec pour mode d’expression la peinture mais aussi des meubles-objets comme des lits, des tables, des téléviseurs, ainsi que des installations publiques, González a transformé des cartes postales populaires, des reproductions de toiles anciennes occidentales et des coupures de presse en manifestes graphiques sur le pouvoir, le deuil et l’idée de communauté. Originaire de Colombie, González a absorbé un quotidien entaché de violences (massacres, disparitions, familles endeuillées de La Violencia) pour questionner la hiérarchie de nos valeurs culturelles et médiatiques. Son style pop graphique lui a permis de rendre l’insoutenable plus accessible en apparence, avant de nous interpeller avec son art de « denuncia » (dénonciation). Parmi ses œuvres les plus marquantes, la frise saturée de rouge et vert de Los papagayos dépeint l’ancien président Belisario Betancur et des membres de l’armée. En utilisant les codes de la reproduction mécanique des œuvres, González pointe du doigt la corruption répétée de la classe politique. La série déchirante Las Delicias porte quant à elle sur des femmes en deuil. L’exposition, conçue par Lotte Johnson, montre comment la pionnière figurative latino-américaine a flouté les frontières entre l’Histoire et le quotidien, et la beauté et le Kitsch pour entamer un débat González sur les dérives du pouvoir. 

Beatriz González . Señor presidente, qué honor estar con usted en este momento histórico (Mr President, What an Honor To Be with You at This Historic Moment), 1987. Casas Riegner, Bogotá  © Beatriz

Beatriz González . Señor presidente, qué honor estar con usted en este momento histórico (Mr President, What an Honor To Be with You at This Historic Moment), 1987. Casas Riegner, Bogotá  © Beatriz

Barbican Art Gallery
Barbican Centre, Silk St, London EC2Y 8DS, Royaume-Uni

Jusqu’au 10 mai 2026
Site officiel de l’établissement

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