Les meilleures expositions à voir en ce moment à New York

Art

23OCT. 2026

  • Home
  • Culture
  • Art
  • Les meilleures expositions à voir en ce moment à New York

newsletter

Art

Les meilleures expositions à voir en ce moment à New York

23 OCTOBRE . 2026

Écrit par Maïa Morgensztern

La ville qui ne dort jamais inaugure une saison artistique particulièrement riche. Voici cinq expositions à voir absolument pour profiter pleinement d’un séjour dans la Grande Pomme.

Giorgia Lupi and Stefanie Posavec, Dear Data: Week 14 (Abstract Productivity / A Week of Schedules). 2015. The Museum of Modern Art, New York. Committee on Architecture and Design Funds.

Giorgia Lupi and Stefanie Posavec, Dear Data: Week 14 (Abstract Productivity / A Week of Schedules). 2015. The Museum of Modern Art, New York. Committee on Architecture and Design Funds.

1. Roy Lichtenstein: Like New  

Les cases de bande dessinée et les trames de points ont rendu Roy Lichtenstein immédiatement identifiable. Le Whitney Museum propose de regarder ce qui se joue derrière cette évidence. On décrypte comment une image est copiée, agrandie ou déplacée, pour être perçue autrement. Environ 130 œuvres, réalisées du début des années 1940 aux années 1990, composent ce parcours à travers des peintures, dessins, collages, estampes, sculptures et films. Au-delà des célèbres tableaux comme Look Mickey et Drowning Girl, des œuvres moins connues et des fresques recréées pour l’exposition s’ajoutent à la sélection du musée. L’institution réunit également toutes les pièces de la première exposition d’œuvres pop de Lichtenstein chez Leo Castelli, en 1962. Sous la surface apparemment mécanique des images, on (re)découvre un artiste attentif à la fabrication même de ces représentations, dans un monde en pleine mutation.

Roy Lichtenstein: Like New © Estate of Roy Lichtenstein/DACS 2026

Roy Lichtenstein: Like New
© Estate of Roy Lichtenstein/DACS 2026

Whitney Museum of American Art
Jusqu’au 10 mai 2027
99 Gansevoort Street, New York 

 

2. Krasner and Pollock: Past Continuous

Le monde de l’art sort enfin du récit trop commode qui plaçait Jackson Pollock au premier plan et Lee Krasner dans son ombre… Le Met présente leurs œuvres en relation, sans confondre leurs trajectoires, autour de 120 pièces qui retracent l’ensemble de leurs carrières. 

D’un côté, Jackson Pollock développe ses peintures par coulures, les fameux « drippings », au cours d’une période brève et particulièrement productive. De l’autre, Lee Krasner renouvelle ses formes d’abstraction, attentive aux possibilités de la couleur et de la nature. Les deux artistes se rencontrent à New York en 1941, puis se marient en 1945 et s’installent à Springs, sur Long Island. Leurs recherches participent à l’émergence de l’expressionnisme abstrait, en empruntant des voies distinctes. Le face-à-face du MET éclaire autant leurs échanges que leurs différences, retraçant un parcours jusqu’à la mort de Pollock, en 1956, puis la poursuite du travail de Krasner, décédée en 1984. Le tableau de cette dernière, Past Continuous, peint en 1976, donne son sous-titre à cette exposition où la vie commune laisse place au travail de la mémoire.


The Metropolitan Museum of Art
Jusqu’au 31 janvier 2027
galerie 899, 1000 Fifth Avenue, New York

 

3. Taryn Simon, Father Country I Do Love You

Au Guggenheim, Taryn Simon consacre toute la rotonde du musée à un agent fédéral américain dont elle ne révèle pas le nom. Près de dix ans de travail ont été nécessaires pour construire cette installation de photographies inédites, de textes, de vidéos et de sculptures. Ses 42 « chapitres » retracent une vie d’intermédiaire, chargé de recueillir des preuves, sans vraiment révéler l’ensemble du dossier. Opérations d’infiltration, enfants soldats, fusillades… Simon suit les conséquences de ces actes, mais aussi des décisions ne pas agir.
En plus de l’enquête, Simon ajoute une histoire familiale, celle de son père, qui travaillait pour le gouvernement américain en Thaïlande. Lorsqu’il développe la maladie d’Alzheimer, l’artiste comprend qu’elle ne pourra plus recueillir son récit complet. Cette mémoire lacunaire est retranscrite dans l’audioguide, qui associe la narration de Jodie Foster à une voix du père recréée par intelligence artificielle. Ce qui frappe ici n’est pas seulement l’ampleur du dispositif, mais sa question centrale : que peut-on réellement savoir d’une vie lorsqu’on n’en possède que des traces ? Simon fait de l’archive un matériau instable, où l’histoire intime rencontre les mécanismes du pouvoir. 

Taryn Simon, Father Country I Do Love You © Solomon R. Guggenheim Museum

Taryn Simon, Father Country I Do Love You © Solomon R. Guggenheim Museum

Solomon R. Guggenheim Museum
Jusqu’au 14 mars 2027
1071 Fifth Avenue, à l’angle de la 88e Rue, New York

 

4. Full Disclosure: The Edge of Information Design MoMA

Un graphique ne se contente pas d’illustrer des chiffres, il détermine aussi ce que l’on en comprend.
Au MoMA, « Full Disclosure » examine ce travail de traduction, à travers des projets de design d’information numériques et analogiques. Le parcours montre comment les designers rendent perceptibles des systèmes invisibles, révèlent des rapports de pouvoir ou préservent des histoires.
Cartographier l’information n’a rien de nouveau, mais les algorithmes, l’apprentissage automatique et l’intelligence artificielle en ont transformé les outils. Aux graphiques traditionnels s’ajoutent désormais des réseaux dynamiques et des récits animés, qui demandent eux aussi à être déchiffrés. Se pose alors la confiance. Quelles sources utilise-t-on, et quels choix de présentation orientent notre lecture ?
Plutôt que de prendre les visualisations pour des preuves, l’exposition invite à examiner la manière dont elles sont construites.

Installation view of Full Disclosure: The Edge of Information Design on view at The Museum of Modern Art, New York, from September 27, 2026, through June 13, 2027. Photo by Robert Gerhardt © The Museum of Modern Art, New York

Installation view of Full Disclosure: The Edge of Information Design on view at The Museum of Modern Art, New York, from September 27, 2026, through June 13, 2027. Photo by Robert Gerhardt © The Museum of Modern Art, New York

The Museum of Modern Art
Jusqu’au 13 juin 2027
11 West 53rd Street, New York

 

5. Cézanne to Modigliani : Gifts of Modern Art from the Pearlman Collection

Tout commence en 1945, lorsque l’américain Henry Pearlman achète un paysage de Chaïm Soutine. Cet entrepreneur, né à New York en 1895, se forme alors au contact des œuvres et développe une collection tournée vers les artistes qui ont rompu avec les conventions académiques. Au fil du temps, Henry Pearlman et sa femme Rose acquierent des tableaux, pour former une collection unique, où Degas côtoie Gauguin et Toulouse-Lautrec. 

Le Brooklyn Museum leur dédie une exposition, et privilégie des ensembles thématiques consacrés notamment à l’immigration, aux lieux et à la perception, pour mettre en relation l’histoire des Pearlman avec celle des artistes qu’ils ont collectionnés, soutenus et parfois fréquentés. Parmi les pièces figurent Mont Sainte-Victoire de Cézanne, peinte entre 1904 et 1906, le portrait de Jean Cocteau réalisé par Modigliani en 1916, ainsi qu’une rare tête sculptée en pierre calcaire, datée de 1910-1911. En tout, plus de 50 peintures, sculptures et œuvres sur papier retracent les choix du couple. Ensemble, ils marquent la donation de cette collection à trois musées, le Brooklyn Museum, le LACMA et le MoMA, avant la répartition des œuvres entre ces institutions. Une dernière occasion de voir cet ensemble réunit avant que les œuvres ne rejoignent leurs collections respectives !

Brooklyn Museum
Jusqu’au 18 avril 2027

Ajouter à mes favoris Supprimer de mes favoris
Valen : l’art de la démesure hyper sexy signée Aston Martin

Valen : l’art de la démesure hyper sexy signée Aston Martin

Ajouter à mes favoris Supprimer de mes favoris
Brunch à Madrid : notre sélection des adresses incontournables

Brunch à Madrid : notre sélection des adresses incontournables