Culture
Palais Galliera et MAD, quand la mode s’expose à Paris
06 NOVEMBRE . 2026
Voilà deux expositions à Paris consacrées à la mode mais dans un style radicalement différent. L’une raconte une époque où les femmes décidèrent d’adopter des vêtements plus conformes à leurs désirs d’émancipation et l’autre célèbre l’éternel raffinement et glamour de la haute couture.
« Un vestiaire à soi — les féminités dissidentes au XIXe siècle » au Palais Galliera
A la fin du XIXè siècle, le corset règne en maître du matin au soir sous les robes longues et froufroutantes. Et, il n’est pas question pour les femmes de l’époque de refuser cette allure imposée et contraignante. C’est compter sans une poignée d’entre elles qui, bien décidées à jeter aux orties ces conventions sociales, commencent à regarder du côté du vestiaire masculin ! Aussi étonnant que cela puisse paraître aujourd’hui, adopter des éléments de ce vestiaire, devient une façon pour certaines femmes de refuser leur statut et d’exiger davantage de liberté. La pratique de sports tels l’équitation et le vélocipède contribuent aussi à changer la donne : les femmes en profitent pour adopter le pantalon sous la robe d’amazone et des culottes bouffantes : la cycliste devient alors l’image de l’émancipation !

Belle Jardinière, costumes d’amazone, vers 1890 © DR
C’est justement la façon dont les femmes du XIXe siècle se sont approprié les vêtements masculins, une drôle d’épopée largement ignorée de l’histoire de la mode, que décrypte cette expo sur ce qui fut une véritable « mini-révolution ».
Au travers de nombreuses photographies, peintures, vêtements et accessoires : costumes d’amazone, pantalons, tailleurs, cravates, hauts-de-forme… On découvre comment à cette époque ces simples vêtements, ont constitué des éléments visibles, capables de remettre en question les rôles attribués aux femmes, d’affirmer leur liberté et de refuser les normes sociales. Elle raconte aussi comment la mode, en plus d’accompagner les combats pour l’émancipation féminine, a rendu visible des identités longtemps marginalisées.

Un vestiaire à soi © Nicolas Borel, Palais Galliera Paris Musées
Pièce maîtresse de cette démonstration : la garde-robe de Rosa Bonheur, artiste célèbre qui défia les conventions de son époque, est dévoilée ici dans son intégralité. Parmi toutes les expositions à voir à Paris en novembre, celle-ci est un nec plus ultra.
Palais Galliera
10, avenue Pierre-Ier-de-Serbie, Paris 16e
Du mardi au dimanche, de 10 h à 18 h, nocturne le vendredi jusqu’à 21 h
14 euros plein tarif, gratuit pour les moins de 18 ans
Jusqu’au 14 février 2027
« Look 40 ans de mode au musée » au MAD
Cette exposition célèbre les 40 ans de la création du musée des Arts de la Mode, une des bonnes adresses du 16e arrondissement de Paris, en revenant sur les expositions consacrées à la mode qui ont jalonné ces quatre décennies et en entraînant le visiteur dans les coulisses de la conservation de ces vêtements et accessoires. On y découvre les différentes étapes de la vie du vêtement, de sa création dans les ateliers à ses heures de gloire sur les podiums et enfin à celle de son entrée au musée. La scénographie originale – qui se déroule dans les deux galeries encadrant la nef – démarre sur le fameux théâtre de la mode de 1945 où l’on admire les poupées habillées par de grands couturiers.

La robe en crêpe de soie rose Valentino © DR
Le savoir-faire de tous ceux : modélistes, brodeurs, plisseurs… qui, dans l’ombre, transforment une pièce de tissu en œuvre d’art est mis en avant. Démonstration réussie au travers d’échantillons de broderie des maisons Rébé et Lesage, de tissus imprimés de Brossin, de Mérécomme… Point d’orgue de l’expo, les 40 silhouettes éparpillées dans la nef du musée vêtues de merveilles signées Dior, Schiaparelli, Chanel, par Karl Lagerfeld, Yves Saint Laurent, Maison Margiela, Christian Lacroix… Elles ne trônent pas là par hasard : chacune de ces robes était l’une des vedettes d’une exposition organisée par le musée depuis 1986, année de sa création. La visite se poursuit sur les différentes phases et les moyens mis en œuvre grâce au travail là encore souvent ignoré de différents métiers : documentalistes, conservateurs, restaurateurs pour la conservation des vêtements et accessoires.

Escarpin en twill de soie Roger Vivier © DR
On reste bluffé par la collection des extraordinaires escarpins de Roger Vivier depuis les années 50 en soie, satin brodé… une merveille de raffinement.
Musée des Arts Décoratifs
107, rue de Rivoli, Paris 1er
Du mardi au dimanche de 11 h à 18 h, nocturne le jeudi jusqu’à 21 h
De 0 à 18 euros
Jusqu’au 4 avril 2027