Voyages
36 heures à Rome : hôtels, terrasses et quelques secrets
02 FéVRIER . 2026
À pas lents, à l’ombre d’un clocher, à la table d’un café, Rome ne se visite pas, elle se savoure. Pour s’y poser, les hôtels La Minerva ou Casa Monti, deux adresses aux tempéraments bien distincts, deux invitations à vivre la ville sous des angles singuliers.

36 heures à Rome : Hôtels, terrasses et quelques secrets © Jérôme Galland
La dolce vita des hôtels !
La Minerva est l’un des meilleurs hôtels de Rome : un palais du XVIIe siècle niché derrière le Panthéon, qui allie classicisme romain et réinterprétation contemporaine sous l’œil brillamment sans concession d’Hugo Toro. Le marbre s’y mêle au cuir patiné, les étoffes sourdes à une lumière filtrée par une grande verrière. L’atmosphère y est feutrée, savante, presque muséale, mais sans froideur. Depuis son toit-terrasse, le restaurant Gigi Rigolatto, la Rome des cartes postales s’étend à 360° : coupole de Saint-Pierre, dômes baroques et toits ocres. Le soir, le jazz monte dans l’air tiède des parfums de citron et bigaradiers.

La terrasse du restaurant © Gigi Rigolatto
L’Orient Express La Minerva
93 chambres et suites, prix à partir de 1400 euros la nuit
Piazza della Minerva, 69, 00186 Roma RM, Italie
À l’est de Rome, Casa Monti joue une partition bohème et artistique. Imaginée par la décoratrice Laura Gonzalez, cette maison d’inspiration romaine mêle fresques poétiques, couleurs franches, mobilier chiné et artisanat local. Le restaurant célèbre la cuisine italienne du chef Umberto Tuccio, tandis que le spa Susanne Kaufmann invite à la détente en pleine lumière. Sur le toit, le rooftop de l’hôtel baigné d’ora d’oro offre un panorama unique sur les tuiles ocres et les pins parasols.

L’hôtel Casa Monti © Jérôme Galland
Le Casa Monti
36 chambres et suites, prix à partir de 386 euros la nuit
Via Panisperna, 210/212, 00184 Roma RM, Italie
Un verre en bonne compagnie
Entre ces deux mondes, une escale : le toit-terrasse de l’hôtel Cesàri, signé 9Hotel Collection. À deux pas de la fontaine de Trevi, aujourd’hui prise d’assaut à toute heure, ce lieu discret offre depuis son toit-terrasse entièrement rénové, une vue imprenable sur la coupole de l’église Saint-Ignace-de-Loyola, chef-d’œuvre du baroque jésuite, célèbre pour ses trompe-l’œil vertigineux signés Andrea Pozzo : le plafond qui s’ouvre sur l’infini, une fausse coupole peinte plus vraie que nature.
La carte, légère et inventive, mêle cocktails d’auteur, rafraîchissements méditerranéens et vins de région, parfaits pour accompagner l’instant suspendu où la lumière dore les pierres et les verres tintent.

Le rooftop de l’hôtel © Hôtel Cesari
Un déjeuner élégant
Pour le déjeuner, cap sur le tout nouveau Café Ginori, première adresse gourmande à Rome par la prestigieuse maison florentine Ginori 1735. L’architecte et cinéaste Luca Guadagnino signe un décor théâtral, chic sans excès, avec sol à damier noir et blanc, murs rose poudré ainsi que des objets en porcelaine édités comme des pièces de collection. L’élégance est mise en scène comme un geste quotidien, une simplicité raffinée. À table, la cuisine solaire de Fulvio Pierangelini célèbre la fraîcheur : artichauts finement tranchés, risotto aux agrumes accompagnés de crevettes rouges, figues fraîches posées sur ricotta fouettée. L’endroit invite à la pause, à une échappée douce avant de reprendre le fil de la ville.

© Café Ginori
Des visites immanquables
Délicieuse surprise, la basilique Santa Maria sopra Minerva. Unique église gothique de Rome, elle renferme des trésors insoupçonnés : une sculpture de Michel-Ange, des fresques vibrantes de Filippino Lippi et cet incroyable plafond bleu nuit constellé d’étoiles. À quelques pas, la Bibliothèque Angelica ouvre ses portes silencieuses. L’une des premières bibliothèques publiques d’Europe, fondée en 1604, où plus de 200 000 ouvrages dorment à l’abri du temps. On peut y croiser une édition rare de La Divine Comédie de Dante, une édition rare publiée en 1610 du Sidereus Nuncius (le Messager des étoiles) de Galilée, ou un traité de théologie annoté du XVIIe siècle, parmi tant d’autres merveilles. L’église attenante, Saint-Augustin, abrite une Vierge peinte par Caravaggio, au réalisme saisissant qui provoqua à l’époque un véritable scandale, loin de l’idéal classique, mêlant humanité brute et émotion réaliste. Autant d’idées d’adresses pour ceux qui pensent avoir tout vu à Rome !