Culture
5 expositions à voir à Paris en ce moment
23 MARS . 2026
De la photographie, des sculptures en fil de fer et beaucoup d’amour… Voilà 5 expositions à voir dans les musées parisiens cette saison !
Martin Parr, Global Warning
Photographe iconique de la scène contemporaine, le britannique Martin Parr (1952–2025), souvent exposé à Londres, s’est imposé comme l’un des grands observateurs de la société de consommation. L’exposition qui lui est dédiée au Jeu de Paume, sous-titrée Global Warning, présente près de 180 photographies réalisées depuis la fin des années 1970. On y retrouve plusieurs séries phares comme les clichés pris à Benidorm, Dubaï ou Tokyo, organisés autour de grands thèmes témoignant de la transformation accélérée du monde.

Martin Parr, Las Vegas, Nevada, États-Unis, 2000 © Martin Parr / Magnum Photos
À travers ses images colorées, Parr met en lumière les excès de la surconsommation, les ravages du tourisme de masse, et la présence envahissante du plastique dans nos paysages. Son regard, à la fois amusé et implacable, interroge la manière dont nos loisirs et nos habitudes quotidiennes modifient notre environnement, et nos rapports aux autres êtres vivants. Moins militant que témoin de son temps, Parr ne juge pas les anonymes qui peuplent ses clichés : cette lecture satirique nous appartient, pour nous permettre prendre conscience de nos dérives collectives.
Jeu de Paume
Jusqu’au 24 mai 2026
Site officiel de l’exposition
Lee Miller
Ancien mannequin pour Vogue, Lee Miller (1907–1977) s’est reconvertie en esprit créatif surréaliste et photo-reporter engagée, sans jamais se laisser enfermer dans un seul registre. Au Musée d’Art Moderne de Paris, le public découvre l’ampleur de son parcours, de ses premières images devant l’objectif à ses collaborations avec Man Ray, en passant par les séries de portraits et de nus, les reportages sur la Seconde Guerre mondiale et la libération de Paris.

Lee Miller, Charlie Chaplin au lustre / Charlie Chaplin with light fixture Saint-Moritz 1932 © Lee Miller Archives England 2026 All Rights Reserved
Parmi ses clichés les plus marquants, Miller s’est photographiée en train de laver l’horreur du camp nazi de Dachau qu’elle vient de visiter… dans la baignoire d’Adolf Hitler à Munich, alors que ce dernier vient de mettre fin à ses jours. Organisée à l’initiative de Tate Britain en collaboration avec l’Art Institute of Chicago, l’exposition réunit près de 250 tirages anciens et modernes pour tirer le portrait de Lee Miller en artiste versatile dont le regard reste étonnamment contemporain.
Musée d’Art Moderne de Paris
Du 10 avril au 2 août 2026
Site officiel de l’exposition
Renoir et l’amour
Considéré comme l’un des grands peintres impressionnistes du XIXᵉ siècle au même titre que Claude Monet, Pierre Auguste Renoir (18411919) était un éternel optimiste. Renoir et l’amour, La modernité heureuse (1865–1885), au Musée d’Orsay, explore le bonheur comme moteur central de l’œuvre de l’artiste, à travers des peintures à la touche fluide, légère et lumineuse. Renoir situe ses scènes dans les lieux publics de la vie parisienne et nous emmène au théâtre avec La loge, dans les guinguettes du Bal du moulin de la Galette ou en plein cœur des jardins avec sa Promenade.

Auguste Renoir, Bal du moulin de la Galette © Abstrium 2017
Il décrit des mondes où les différentes classes sociales se croisent, tissant des liens plus libres que ne l’admettent pourtant les codes de la bourgeoisie de l’époque. Fervent défenseur d’une peinture heureuse, Renoir évite les scènes dramatiques ou explicitement romanesques au profit d’une tendresse discrète, sans pour autant nier les tensions sociales qui l’entourent (pauvreté, prostitution, précarité). Il propose simplement une vision optimiste de la modernité, où l’amour apparaît comme une force qui relie les êtres entre eux et au monde.
Musée d’Orsay
Du 17 mars au 19 juillet 2026
Site officiel de l’exposition
Calder. Rêver en équilibre
Pionnier des mobiles et des « stabiles », Alexander Calder (1898–1976), est le sujet d’une vaste rétrospective à la Fondation Louis Vuitton, qui célèbre à la fois le centenaire de son arrivée en France en 1926 et les cinquante ans de sa disparition, en 1976. Déployée sur l’ensemble des espaces dessinés par Frank Gehry, l’exposition retrace un demisiècle de création, des premières sculptures en fil de fer et du Cirque Calder de la fin des années 1920 jusqu’aux grandes sculptures monumentales des années 1960–1970, qui ont bousculé les codes de l’art public.

Alexander Calder, Southern Cross, 1963 © © 2026 Calder Foundation, New York / ADAGP, Paris
On y découvre les préoccupations fondamentales de l’artiste comme le mouvement, la lumière, et les jeux de composition entre espace positif et négatif. Conçue en étroite collaboration avec la Calder Foundation, dont elle réunit d’importants prêts, Calder. Rêver en équilibre rassemble près de 300 mobiles, stabiles, portraits, sculptures en bois, peintures, dessins, et des bijoux conçus comme de véritables sculptures miniatures. L’exposition élargit aussi notre regard en faisant dialoguer Calder avec ses contemporains Jean Arp, Barbara Hepworth, Jean Hélion, Piet Mondrian, Paul Klee et Pablo Picasso. Enfin, une trentaine de photographies de grands noms du XXᵉ siècle tels qu’Henri CartierBresson, André Kertész, Gordon Parks, Man Ray, Irving Penn et Agnès Varda dévoilent le visage d’un artiste à l’inventivité radicale.
Fondation Louis Vuitton
Du 15 avril au 16 août 2026
Site officiel de l’exposition
1913-1923 : L’esprit du Temps
En 1907, Pablo Picasso découvre les masques Fang du Gabon au musée d’Ethnographie du Trocadéro (futur Musée de l’Homme), et s’inspire de leur esthétique pour peindre certains visages de ses Demoiselles d’Avignon. L’œuvre fait sensation et marque le début d’une époque fascinée par des objets rituels « primitifs » ramenés par des ethnographes, principalement prélevés dans un contexte colonialiste. L’exposition 1913–1923 : L’esprit du temps, au Musée du quai Branly retrace la décennie charnière où les objets d’Afrique et d’Océanie se popularisent en France, montrant la richesse de cultures jusqu’alors relativement méconnues. De nombreuses galeries présentent alors ces créations, comme chez Levesque en 1913, Lyre et Palette en 1916, Devambez en 1919 puis celles du Pavillon de Marsan du Louvre en 1923.

Statuette de gardien de reliquaire Mbulu-ngulu © musée du quai Branly -Jacques Chirac, photo Patrick Gries, Valérie Torre
L’exposition évoque aussi le rôle des marchands Paul Guillaume, Joseph Brummer et Charles Vignier, ainsi que des artistes et intellectuels Henri Matisse, Maurice de Vlaminck, André Derain ou encore Guillaume Apollinaire dans l’appréciation et la dissémination de ces masques, statuettes, poulies, etc. D’abord considérés comme des pièces ethnographiques, les masques féminins D’Mba ou encore les statuaires reliquaires Mbulu Ngulu présentés au musée sont aujourd’hui reconnus comme des œuvres d’art à part entière. Le musée fait aussi le travail de recontextualiser leur terminologie et classification historiques.
Musée du quai Branly – Jacques Chirac
Du 17 mars 2026 au 20 septembre 2026
Site officiel de l’exposition