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Pourquoi faut-il absolument voir l’exposition Rothko à Florence ?
06 JUIN . 2026
Sur les traces du peintre abstrait, la capitale toscane se dévoile sous un nouveau jour.

L’exposition Rothko du Palazzo Strozzi de Florence © ElaBialkowskaOKNOstudio
Dans la lumière tamisée du Palazzo Strozzi, à Florence, les toiles monumentales de l’artiste Mark Rothko (1903-1970) prennent une intensité nouvelle. Jusqu’au 23 août 2026, le musée italien coordonne la plus importante exposition jamais consacrée au maître de l’art abstrait dans le pays. Déployée sur trois sites, dont la Bibliothèque Laurentienne et le musée San Marco, l’exposition explore la relation entre Mark Rothko et l’art de la Renaissance. En tout, plus de 70 œuvres retracent l’intégralité de sa carrière, des premières œuvres figuratives des années 1930 à la série « Black on Gray », en passant par les immenses champs chromatiques des années 1950-1960. Prêtées par de grandes institutions internationales, des propriétaires privés, ainsi que les enfants de l’artiste, Kate et Christopher Rothko, les œuvres dialoguent avec leur environnement, bien au-delà des murs. « Mon père avait une passion pour la Renaissance, qu’il nourrissait en se promenant régulièrement dans les salles du Metropolitan Museum de New York », explique Christopher, qui est aussi le co-commissaire de l’exposition aux côtés d’Elena Geuna.

L’exposition Rothko du Palazzo Strozzi de Florence © ElaBialkowskaOKNOstudio
Au-delà de la beauté des œuvres et de la valeur du discours académique, voilà pourquoi cette exposition est unique en son genre. Elle ne se contente pas de raconter la relation de Rothko avec l’Italie, elle permet de la vivre, dans les pas de l’artiste.
Lorsqu’il arrive dans le pays la première fois en 1950, Rothko visite de nombreuses églises à Rome, et s’émerveille devant les ruines des temples du Forum, symboles d’une humanité en quête de ses origines dans les mythes. Au Palazzo Strozzi, il est possible d’admirer des toiles du début des années 1940 qui correspondent à ces recherches humanistes. Insatisfait d’un langage qu’il trouve ne trouve pas assez universel, Rothko se tourne peu à peu vers l’abstraction.

Tout savoir sur l’exposition Rothko de Florence : visiter le Palazzo Strozzi jusqu’en août 2026 pour suivre le parcours artistique © ElaBialkowskaOKNOstudio
À Florence, il découvre également les fresques de Fra Angelico peintes dans les cellules du couvent San Marco dans les années 1430-1440. L’expérience est quasi mystique. Pour les besoins de l’exposition, les commissaires ont installé cinq œuvres en regard des travaux du Quattrocento, dans un dialogue d’une puissance émotionnelle rare. « Rothko a particulièrement été frappé par l’architecture des cellules. Ce sont des lieux clos, spartiates, où il n’y a rien d’autre à faire que de contempler l’œuvre face à nous ! C’est aussi ce qu’il cherchait à faire dans son travail », explique Christopher Rothko, le doigt pointé vers l’Annonciation de Fra Angelico. Nous voilà dans les mêmes salles que Rothko, plus d’un demi-siècle après son passage, devant des œuvres qui semblent matérialiser la présence de l’artiste.

Tout savoir sur l’exposition Rothko de Florence : visiter le Palazzo Strozzi jusqu’en août 2026 pour suivre le parcours artistique © ElaBialkowskaOKNOstudio
Non loin de là, à la Bibliothèque Laurentienne, Rothko découvre le vestibule imaginé par Michel-Ange, et qui marque le début du maniérisme. L’impression d’enfermement provoquée par l’agencement des volumes le fascine au point qu’il cherchera plus tard à en reproduire l’effet dans ses toiles. Avec leurs bandes verticales et cette étrange impression d’enveloppement du spectateur dans un champ coloré, les Seagram Murals en sont peut-être la forme la plus éloquente. Pour l’exposition, le spectateur se trouve face à deux huiles sur toile qui ont servi de travaux préparatoires à cette célèbre série.

La bibliothèque Lorenzienne où voir l’exposition Rothko du Palazzo Strozzi de Florence © ElaBialkowskaOKNOstudio
Rothko revient à Florence à plusieurs reprises, admirant la manière dont la ville a cherché à traduire le spirituel par le matériel. À la lumière de ces œuvres de la Renaissance, les toiles modernes ne se lisent pas comme de simples abstractions. Elles sont des portails où la couleur devient émotion pure. Loin du cadre muséal traditionnel, l’exposition questionne alors notre rapport à l’art dans une intimité sacrée dont on ne sort pas indemne.
Palazzo Strozzi
Museo di San Marco
Biblioteca Medicea Laurenziana
Jusqu’au 23 août 2026
Site officiel de l’établissement
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