Que voir à Royan, entre villas Belle Époque et architecture moderniste des années 50

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28AOÛT. 2026

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Que voir à Royan, entre villas Belle Époque et architecture moderniste des années 50

28 AOûT . 2026

Écrit par Fabienne Dupuis

Longtemps célébrée pour ses bains de mer et ses villas chics et éclectiques, Royan aurait pu disparaître avec les bombardements de 1945. Elle renaît pourtant quelques années plus tard sous la forme d’une ville d’architecture moderne où les années 50 fricotent malicieusement avec l’esprit balnéaire de ses années passées.

Que voir à Royan, entre villas Belle Époque et architecture moderniste des années 50 © DR

Que voir à Royan, entre villas Belle Époque et architecture moderniste des années 50 © DR

Lorsque la mode des bains de mer, venue d’outre-Manche, gagne les côtes européennes, Royan, à l’instar de quelques-unes de ses consœurs, lui emboîte le pas et se transforme peu à peu en une station balnéaire recherchée. Avant de devenir le manifeste moderniste qu’elle est aujourd’hui, la ville fut d’abord une invitation au voyage et à l’insouciance. L’arrivée du chemin de fer en 1875 accélère son destin en ouvrant la station à une nouvelle clientèle, les visiteurs affluent, les hôtels en bord de mer se développent, les casinos apparaissent et les villas privatives rivalisent d’audace pour accueillir une société venue profiter du bon air marin.

Sur les hauteurs et le long du littoral, une architecture de villégiature s’invente alors. Derrière leurs façades parfois extravagantes, les villas Belle Époque rivalisent d’élégance. Mélange d’influences, de décors ornementaux et d’éclectisme, elles composent encore aujourd’hui un paysage précieux, à l’image de la villa Ombre Blanche ou de la villa Hélianthe, témoins de ce temps où chaque demeure affichait son caractère et son goût pour l’ailleurs.

Sur le littoral, les façades Belle Époque rivalisent d'élégance © Office du Tourisme de Royan, M. Chaigneau

Sur le littoral, les façades Belle Époque rivalisent d’élégance © Office du Tourisme de Royan, M. Chaigneau

Puis vient la rupture. Brutale. En janvier puis en avril 1945, les bombardements alliés ravagent Royan et effacent près de 85 % de son patrimoine. La ville doit alors repartir d’une page presque blanche. Dès juin 1945, le ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme confie à Claude Ferret le rôle d’architecte et d’urbaniste en chef de la cité. Avec son équipe, notamment Louis Simon et André Morisseau, il envisage d’abord une reconstruction fidèle à la ville disparue. Mais le projet prend un nouveau tournant à l’automne 1947, avec la parution d’un numéro spécial de L’Architecture d’Aujourd’hui consacré au Brésil. La revue révèle alors une architecture contemporaine audacieuse, au travers, entre autres, des réalisations d’Oscar Niemeyer pour la station balnéaire de Pampulha, conçue au début des années 1940. Ces formes nouvelles, fondées sur les courbes, la liberté structurelle et une relation différente au cadre naturel, nourrissent la réflexion des architectes royannais. Royan sera donc réinventée. L’urgence devient une occasion unique d’expérimenter une ville tournée vers l’avenir, faisant d’elle l’un des laboratoires urbains les plus cohérents de l’architecture française des années 1950.

L'église Notre-Dame, chef-d’œuvre moderniste © DR

L’église Notre-Dame, chef-d’œuvre moderniste © DR

De cette métamorphose naît une ville singulière, horizontale et lumineuse, où résonnent parfois des accents tropicaux et brésiliens. Courbes audacieuses, voiles de béton et volumes ouverts composent une esthétique nouvelle. Le marché central, avec sa spectaculaire structure en voile de béton, l’église Notre-Dame, chef-d’œuvre moderniste aux lignes monumentales, ou encore le front de mer et ses villas des années 1950 incarnent une nouvelle manière d’habiter la ville, plus libre, plus solaire et plus proche de son environnement.

Aujourd’hui, la ville continue de cultiver un art de vivre balnéaire, entre l’horizon atlantique et les promenades du front de mer ourlé de ses villas. Entre héritage Belle Époque et audace moderniste, son architecture, véritable métaphore de son histoire, témoigne aussi de sa résilience, celle d’une ville qui a su faire des épreuves de l’histoire une sublime renaissance. 

Le marché central, spectaculaire structure en voile de béton © Office de Tourisme de Royan – Frc

Le marché central, spectaculaire structure en voile de béton © Office de Tourisme de Royan – Frc

 

Carnet d’adresses

Où dormir ? Thalazur Royan. Un hôtel de front de mer rénové au-dessus des rochers de Pontaillac, avec centre de thalassothérapie, spa marin et piscines tournées vers l’océan.

Thalazur Royan
83 clés, prix à partir de 140 euros la nuit

6, allée des Rochers, Royan

Voir les prix sur booking.com

 

L'Hôtel Hemen à Saint-Palais © Hôtel Hemen

L’Hôtel Hemen à Saint-Palais © Hôtel Hemen

Hôtel Hemen. Une maison balnéaire contemporaine de dimension confidentielle, les pieds dans le sable, avec piscine, spa et boutique soignée, à huit kilomètres de Royan.

Hôtel Hemen
3 clés, prix à partir de 301 euros la nuit 
3, rue des Bains, Saint-Palais-sur-Mer

Voir les prix sur booking.com

 

Où déjeuner et dîner ? Épicure. La table de référence de la ville, une carte volontairement courte au service de produits de la mer traités avec précision, dans une salle sobre à deux pas de l’église Notre-Dame.

Le restaurant gastronomique Épicure © Épicure

Le restaurant gastronomique Épicure © Épicure

Épicure
3, rue Notre-Dame, Royan
Site officiel de l’établissement

 

Le restaurant L'Éclosion © DR

Le restaurant L’Éclosion © DR

L’Éclosion. Cuisine de saison généreuse et service enjoué, dans une petite salle décorée sur un registre marin qu’il faut réserver.

L’Éclosion
14, rue Notre-Dame, Royan
Site officiel de l’établissement

 

Perle d’Iode. Une adresse de bord de plage où le chef commente lui-même la provenance des poissons, face à l’estuaire de la Gironde.

Perle d’Iode
Rue Étoile de la Mer, Royan
Site officiel de l’établissement

 

Le marché ? Classé monument historique en 2002, le Marché central possède une voûte de paraboloïdes couvre 52,40 mètres de diamètre sans appui central, éclairée par une clé de voûte semée de pavés de verre, au-dessus de quatre-vingts étals de poissonniers, ostréiculteurs et producteurs.

Le marché de Royan © Office de Tourisme de Royan – Frc

Le marché de Royan © Office de Tourisme de Royan – Frc

Le Marché de Royan
du mardi au dimanche matin
Rue du Marché, Royan
Site officiel de l’établissement

 

À visiter ? Musée de Royan. Un parcours documenté sur la station balnéaire, les bombardements de 1945 et le chantier de la reconstruction, complément indispensable à la promenade architecturale.

Le musée de Royan © Raymond Riehl

Le musée de Royan © Raymond Riehl

Musée de Royan
31, avenue de Paris, Royan
Site officiel de l’établissement

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