Gastronomie
Quand les guinguettes montent en gamme : 8 adresses en bord de Loire
30 AOûT . 2026
On les disait ringardes, elles sont aujourd’hui « tendance ». Si l’attrait culinaire n’a guère été la priorité des guinguettes, de plus en plus ont l’envie de monter en gamme, de faire du bon sans le cérémonial du restaurant. En bord de Loire, entre Amboise et Saumur, 8 guinguettes ont allumé leurs lampions pour nous. Friture d’ablettes, effiloché de canard, caillette de cochon et accras de silure, chansonnettes et « vin blanc qu'on boit sous les tonnelles » … difficile de résister à l'appel !
Dès que revient le temps du muguet, les guinguettes fleurissent un peu partout en France. Ancrées dans l’imaginaire et le paysage estival – elles vivent et meurent souvent avec l’été – elles sont des lieux de vie régressifs et instagrammables à souhait. Renoir et Van Gogh aimaient les représenter ! On y vient toujours, en famille ou entre amis, en amoureux, goûter au clapotis de l’eau dans un dedans-dehors décoré de guirlandes d’ampoules. Elles brassent toutes les générations, des ouvriers côtoient des bobos sous l’œil de touristes étrangers conquis par leur atmosphère festive et bon enfant. Certaines ont des faux airs de station balnéaire, d’autres sont plus champêtres, presque discrètes.
Entre Tours et Amboise
À 1h30 de Paris (en TGV), impossible d’évoquer la Touraine sans penser à ses châteaux. Après être resté pendant des siècles un centre du pouvoir, elle est encore surnommée Le petit Paris. Symbole de la douceur de vivre, de Rabelais et de ses excès gargantuesques, « le jardin de la France » a tous les atouts pour séduire. C’est là, à Tours en Val de Loire, qu’a été peaufinée l’inscription du Repas gastronomique des Français au patrimoine culturel immatériel. Des guinguettes sont installées dans la plus belle des cartes postales, sous des marronniers et des saules pleureurs, loin des bruits de la ville. Presque les pieds dans l’eau ! On se prélasse, on boit un verre sur une barge qui se colore de lampions, on danse ; on découvre les rillettes de Tours, l’andouillette de Vouvray, l’alose de Loire, le Sainte-Maure traversé par une paille de seigle, la tarte aux pommes vigneronnes…. Côté vins, la Touraine produit tous les styles : blanc, rouge, rosé au vrai goût de rosé, sec, moelleux et fines bulles.

Amboise dans le Val-de-Loire © Jean-Paul Wettstein
« La Petite Embarque » à Tours
Chaud devant ! La Guinguette de Tours, pour sa 22e saison, a allumé ses lampions sur les bords de Loire, en contrebas du pont Wilson. Rares sont les habitants de la ville et des alentours qui n’y font pas étape au moins une fois pendant le printemps ou l’été. La clientèle est souvent trentenaire ou quadra, parfois accompagnée d’enfants. Au comptoir, des cocktails, des jus de fruits et des tartinades « faites maison ». La fête s’étale sous des parasols géants et des boules à facettes, de concerts en sets de DJ. On savoure la vue sur le fleuve, l’île Simon en face, les couchers de soleil. Aucun risque que la soirée soit monotone. Pauline Carasco a pris en main en 2023 la cuisine du restaurant de plein air, La Petite Embarque, après avoir aiguisé ses couteaux chez Pierre Gagnaire à Londres (au Sketch), ou encore au Taillevent à Paris… Après plus de 10 ans à parcourir le monde, la voici de retour à Tours, sa ville natale où elle propose une cuisine associant produits du terroir (qu’elle connaît bien) et saveurs rencontrées lors de ses voyages. Un effiloché de canard à la vinaigrette façon thaï par exemple ; un couscous de millet, kefta de poitrine d’agneau, chorizo et herbes fraîches. Un poisson de Loire fumé prend la forme d’un aguachile (marinade mexicaine à base de concombre et de coriandre). Des asperges vertes sont rôties, accompagnées d’une espuma hollandaise et de chipotle, de pleurotes et de pickles de champignons. Un confit de canard maison est assaisonné d’une vinaigrette thaï. Pauline reste vigilante : tous les plats ne doivent pas dépasser 20 euros. Quand la bise fut venue, la cheffe fait un retour (éphémère) dans les gastros, là où tout n’est qu’ordre, beauté et menus millimétrés…

La guinguette la Petite Embarque © la Petite Embarque
La Guinguette de Tours
111 Rue des Tanneurs
« La Cabane à Matelot » à Bréhémont
Une guinguette chic a ouvert ses portes en 2014, à l’initiative d’un pêcheur professionnel, Romain Gadais (l’un des quatre encore en activité en Indre-et-Loire) et d’un cuisinier, Ambroise Voreux, aperçu à Top Chef. Nous sommes à La Cabane à Matelot, à Bréhémont, au bord du fleuve royal. Une adresse à part, où la cuisine est tout entière tournée vers la Loire et ses poissons.

La guinguette la Cabane à Matelot à Bréhémont © Romain GADAIS
Romain les pêche chaque jour à bord de son embarcation ; Ambroise les cuisine, au déjeuner comme au dîner. Le ton est donné : mulets, brèmes bordelières, barbeaux, gardons, carpes, lamproie et autres silures. Lorsque Romain rentre bredouille, des poissons salés, séchés, fumés ou encore fermentés par Ambroise suppléent. Pour le reste, ce sont les légumes et les plantes du jardin, des trésors des producteurs locaux. Le pain au levain est maison, préparé chaque matin, servi avec un beurre salé aux algues. La carte, courte, change au gré de la saison et au hasard de la pêche. La nature et les saisons décident. La Guimbarge est le pendant de La Cabane, un bateau-guinguette aménagé l’été sur une barge terrasse au plus près de la Loire. Une préparation marinée au garum de Loire (sauce mordorée obtenue en faisant macérer des morceaux de poissons de Loire et du sel dans des tonneaux), pesto rosso, crudités, pickles de graines de moutarde et croûtons de pain (12 euros) ouvre notre déjeuner sur une note fraîche. Ou un barbeau en farce fine façon quenelle, vierge de légumes, sarrasin soufflé mayonnaise aux agrumes (14 euros). Côté plats, un silure fumé et poché à froid, palette végétale, sabayon de betterave, velours de légumes, pois chiches (27 euros). En dessert, un concombre poché en gel ; une framboise en bavaroise, gel au basilic, glace aux herbes. Tout raconte la Loire.

L’assiette ambroise voreux du chef © La Cabane à Matelot
La Cabane à Matelot
19 Av. du 11 Novembre, Bréhémont
« Chez Oscar & Suzette » à Amboise
François Ier le surnommait « Le somptueux Château ». Posé sur un éperon rocheux surplombant la Loire, le château d’Amboise est un symbole de la puissance royale en Val de Loire. Du monde entier, on vient l’admirer. « Ici Léonard, tu seras libre de rêver, de penser et de travailler ». C’est en ces termes que François Ier accueille à l’automne 1516 Léonard de Vinci. Le génie italien s’installe au Manoir de Cloux, aujourd’hui Clos Lucé… Le renouveau des guinguettes est passé aussi par Amboise. En contrebas du quai du Général-De-Gaulle, en bord de Loire, au niveau des pelles de l’Amasse, Chez Oscar & Suzette est devenue une étape obligatoire. Terrasses, parasols et sable blond issu du lit du fleuve : ambiance plage. « Pendant que je faisais le marché d’Amboise, l’idée m’est venue d’installer une guinguette ici » nous confie Annabelle, gérante du lieu. Ancienne patronne de discothèque à Tours, elle s’est lancée, convaincue qu’il manquait un bar en plein air sur les bords de Loire amboisiens, et un restaurant. Oscar fait référence à Oscar Wilde, Suzette à la crêpe, plus populaire… Les bâtiments, bardés de bois, abritent un bar, une cuisine, une scène et une piste de danse pour des soirées DJ. L’endroit et l’esprit guinguette donnent envie. Côté resto (un espace accueille une quarantaine de convives), la nourriture et le vin sont agréables, de ceux qu’on réserve aux congés estivaux : salades garnies de samoussas et de burrata gourmande, burgers gratifiés d’un pain brioché de boulanger, volaille fondante, artichaut décliné en deux textures, fraîcheur acidulée de grenade, rosé de Loire. De bons produits, des plats faits maison, des saveurs qui font plaisir. L’heure dorée est délicieuse, avec vue sur le château. Des montgolfières nous survolent.

La guinguette Chez Oscar & Suzette © adt touraine jc
Chez Oscar & Suzette
123, chemin dit de l’Abattoir, Amboise
« À la Soupette de Mémère » à Savonnières
Halte à Savonnières, bourg de tuffeau arrimé aux rives du Cher. 3 400 âmes à seulement 3 km de Villandry. Anne et Delphine ont inauguré leur guinguette en 2013. La Soupette de Mémère a troqué sa caravane vintage des débuts contre une petite cahute en bois plus confortable. Des tables de bistrot, des transats à l’ombre des tilleuls regardent la rivière, les vélos qui passent, les gabares qui patientent, amarrées juste en face. Pourquoi « À la soupette de mémère » ? Pour se rattacher à l’ancien temps, l’époque où la cuisine était simple et conviviale. Derrière le comptoir, Anne et Delphine s’affairent, la Soupette fait recette. On commande des crêpes aux confitures, des galettes salées au sarrasin, des gaufres ; des soupes de légumes frais, chaudes ou froides, le plat du jour, une glace de la ferme, des jus… Bien sûr, tout est fait maison, les producteurs sont locaux et les produits de saison ! Des animations s’enchaînent, gratuites. Il y en a pour tous les goûts : musique joyeuse, lectures, spectacle de théâtre, yoga, massages, accordéon… Mémère servira ses soupettes jusqu’à la fin du mois de septembre. C’est le moment d’en profiter !

À la Soupette de Mémère © ADT Touraine JC Coutand
À la Soupette de Mémère
Aire des Charmilles, Savonnières
On pose nos valises
Dans l’une des 5 chambres d’hôtes de Maison Hulotte. Le château royal d’Amboise est juste derrière l’hôtel proche des châteaux de la Loire. Maison Hulotte est une demeure de Maître en pierre de tuffeau, douillette et raffinée, un cocon où règne un art de vivre certain. Elle a été entièrement rénovée en 2021, avec le souci du détail, dans un esprit « Maison de Famille à la Française » : hauts plafonds, variété de pièces à la fois spacieuses et légères, détails originaux. De vastes espaces communs sont à la disposition des hôtes (salle à manger, salon, coin détente, jardin clos). Des chambres ont vue sur le fleuve, d’autres sur le château ; certaines sont gratifiées d’une grande baignoire. Un piano attend les musiciens au salon. Le petit-déjeuner sucré/salé mérite à lui seul qu’on s’y arrête : brioches, crêpes, scones, yaourts, mueslis, confitures et autres gourmandises exécutés par Agnès elle-même (la propriétaire du lieu), à partir de produits locaux. Un atelier de poterie propose aux curieux de découvrir les techniques de tournage et de tournassage, l’émaillage avant cuisson…

La chambre Myrte © Maison Hulotte
Maison Hulotte
5 clés, prix à partir de 170 euros la nuit
14 Rue de la Concorde, Amboise
Du côté de Saumur
Il y a, paraît-il, un bonheur particulier d’être angevin. La fameuse « douceur » louée par Du Bellay, inscrite là encore dans une tradition du bien manger et du bien boire. Chacun de ses terroirs enrichit la gastronomie de spécialités. Rabelais évoquait les fouées dans Gargantua, la vallée de l’Authion produit la carotte, l’ail, l’oignon et l’échalote, surnommée « cuisse de poulet » en raison de sa forme. Le champignon de Paris est … Saumurois, cultivé dans des galeries creusées jadis pour extraire le tuffeau, une pierre blanche qui servit à bâtir les châteaux de la Loire. On a fait de ces galeries des caves, bordées de maisons troglodytes. Le Maine-et-Loire lui aussi compte quelques pêcheurs professionnels. Dans leurs filets, des goujons, des ablettes, des gardons … un sandre, une anguille. 20 000 hectares de vignobles autour du Layon, de l’Aubance et de la Loire proposent 32 appellations. Un champion s’impose, le Saumur-Champigny. Une guinguette sans apéro, c’est comme un camping sans terrain de pétanque !

Saumur dans le Val-de-Loire © Ram
« La Route du Sel » à Gennes-Val-de-Loire
Nous sommes à Gennes-Val-de-Loire, village typique du Saumurois. Ses maisons en pierre s’étirent sur les quais de l’ancienne batellerie, son clocher du XIIIe a presque les pieds dans l’eau. La Route du Sel est une guinguette gourmande. On y savoure la Loire sur une belle terrasse aux parasols verts. La cheffe Marie Monmousseau est née à Saumur. Fille d’une cuisinière suédoise et d’un vigneron angevin, elle travaille à 19 ans (en 1999) comme commis dans un restaurant français de la City. Puis dans un restaurant japonais, un restaurant italien étoilé. Douze ans à Londres, deux à Dubaï. Depuis 2014, elle orchestre La Route du Sel. Sa devise : « Pour faire du bon, il faut faire du frais ». Le menu du jour suit le rythme de ses « chers fournisseurs », tous mentionnés sur la carte. Les clients ne s’y trompent pas : anguille de Loire, brochet, sandre, volailles et viandes des environs, accompagnés de légumes de saison, de pâtes fraîches maison. Après un bol de chips de légumes anciens (pomme de terre, betterave, courgette), arrivent une terrine de canard, puis un filet de sandre accompagné de pommes de terre vapeur et d’une tombée d’épinards, sauce hollandaise au basilic sacré et jus de carotte. Côté viande, une andouillette (de Montreuil-Bellay) est grillée, un pied de cochon (de la maison Girardeau) est servi avec une purée de pommes de terre à la truffe d’été, une salade de haricots verts et une sauce aux shiitakés. Le plaisir s’étire jusqu’au crêmet de Laurent Mercier, pâtissier à demeure. Mélange de crème fraiche fouettée et de blancs d’œufs en neige, il est aussi léger qu’un nuage. Curnonsky l’appelait le Régal des dieux. Environ 35 euros par personne.

La guinguette la Route de Sel © La Route de Sel
La Route du Sel
55, Quai des Mariniers, Gennes-Val-de-Loire
« Le Bal Perdu » à Souzay-Champigny
Le Bal Perdu est plus qu’une guinguette. Taillé dans le tuffeau, il donne l’impression d’avoir toujours été là, et de devoir y rester pour l’éternité. La mairie de Souzay-Champigny souhaitait qu’une halte à vélos devienne la nouvelle place du village, que les touristes de passage et les habitants de la commune s’y croisent. Un appel à projets est lancé. Pergola, guirlandes d’ampoules, concerts aux lampions, l’ancien lieu de labeur dédié à la culture du champignon est devenu un lieu de détente. Le Bal Perdu est une guinguette atypique, dans un cadre naturel unique, entre fraîcheur des caves troglodytes et ambiance estivale. La table voit défiler chaque jour des produits frais qui mettent à l’honneur les largesses de la tradition angevine, dans un esprit simple et généreux. On grignote du chaud, du froid, du salé, du sucré ; un plat du jour, une option végétarienne. Vincent Bénassy, ancien chef du restaurant Sur les Quais à Saumur (et La mère Catherine à Montmartre), concocte une salade de rillauds (petits morceaux de poitrine de porc maigre cuit dans la graisse où ils sont confits), une andouillette à la crème de moutarde, des rillettes de sandre, quelques galipettes, gros champignons (de Paris) qui, en s’épanouissant, perdent pied et font la culbute. Un crémet d’Anjou sur un lit de petits fruits rouges… Le plat du dimanche est cuit dans l’ancien four à pain. Tout est préparé sur place, avec attention. On découvre un Cabernet, un Coteaux-du-Layon tout en douceur. Il serait dommage de ne pas plonger dans les profondeurs de la roche quand le thermomètre s’emballe.

La guinguette Le Bal Perdu © les carnets danais
Le Bal Perdu
Parcours troglodytique, Souzay-Champigny
« La Riviera » à Brissac
En reprenant les rênes de La Riviera à Saint-Rémy-la-Varenne, Léo Scalabrino, enfant du pays, souhaitait en faire un lieu incontournable des bords de Loire. Formé à l’école hôtelière de Saumur, il a travaillé cinq ans à l’Atlantide, restaurant étoilé nantais, puis comme cuisinier privé sur la côte basque. Avec son bar pittoresque et sa longue terrasse dominant la Loire et la campagne, La Riviera est une guinguette … bien faite. Une guinguette qui a tranché résolument en faveur du local. La qualité est là, dans sa simplicité, avec une carte courte et une gestion minutieuse des ressources. Le menu évolue en fonction de l’offre, les produits sont frais, préparés avec soin. Les clients réclament ici, avant tout, les emblématiques poissons de Loire, ramenés par les pêcheurs du port de La Ménitré, à quelques hectomètres. La Loire est une histoire de poissons : friture d’ablettes, anguille détaillée en généreux tronçons frits, sandre au beurre blanc. « Le sandre est un plat qu’on ne peut pas enlever de la carte, assure Léo. Des pêcheurs locaux nous en réservent toujours … quand ils en pêchent ». Les légumes viennent de La Daguenière, une commune maraîchère proche : asperges blanches, poireaux, épinards et noisettes, herbes fraîches. Une langue de chat (petit morceau de bœuf appelé aussi le savoureux), grillée, est arrosée de paprika fumé ; un « cul de veau », spécialité angevine, est accompagné de grenailles, épeautre et champignons crémeux. On termine par de mystérieuses pommes tapées. Cuites dans un sirop de sucre, puis « tapées » à l’aide d’un marteau avant d’être séchées et conservées dans des bocaux, on les mouille dans un bain chaud de vin (de Saumur) pour qu’elles renaissent.

La guinguette LA RIVIERA © LA RIVIERA
Guinguette La Riviera
LA CALE, 17 Riviera, Brissac Loire Aubance
La Guinguette de Léon à Doué-en-Anjou
« Mignon, allons voir si la rose… ». Nous sommes dans les pas de Ronsard, amoureux de la Loire. Doué-la-Fontaine se revendique « Capitale européenne de la rose ». Depuis 250 ans, on y cultive les rosiers de jardin. En été, des millions de fleurs déploient leurs robes « de pourpre au soleil », il flotte sur la ville un doux parfum. Au cœur d’une roseraie, évidemment, une guinguette se revendique celle de Léon. Léon est un … paon. L’ambiance est conviviale, souriante. Sur une terrasse ombragée, on se rafraîchit avec une bière artisanale, un soda local, un verre de vin (du Val de Loire), un cocktail signature (avec ou sans alcool). Des tables et des chaises apparaissent, des planches apéros, fromagères et charcutières. On regarde le soleil se coucher. Une bonne odeur flotte. Celle d’une gouline angevine croustillante (pour le dire autrement, une tourte farcie de rillauds comme on les aime, d’échalotes, de tomme de Loire, de champignons et d’une sauce au blanc moelleux), servie avec une salade du potager. Des burgers du terroir, dont un végétarien. En plaisir sucré, une Rose… La Guinguette de Léon, c’est une cuisine simple, locale, fraîche, honnête, sous les étoiles et les roses. Une guinguette ouverte à tous les talents : musique, chant, poésie, humour, danse. Des convives montent sur scène, public bienveillant, rémunération au chapeau… Léon et sa petite famille veillent, avec leur discrétion habituelle. On déguste une bonne bouteille de sauvignon.

La Guinguette de Léon © Les Chemins de la Rose
La Guinguette de Léon
Parc de Courcilpleu, Doué-en-Anjou
On pose nos valises
Aux « Voûtes Oubliées », pour une nuit troglodytique
Jadis nous vivions tous dans des grottes. Il reste quelque chose de primitif à dormir au creux de la roche, de romanesque aussi. Une vie souterraine s’est développée au fil des siècles, certaines se sont métamorphosées en gîtes à l’esthétique et au charme uniques. À peine visible de la rue, il faut pousser une lourde porte et descendre un escalier pour découvrir, derrière des buissons, la chambre d’hôte Voûtes Oubliées. Nous sommes au cœur d’une maison troglodyte. Tout y est : des lignes douces et des murs sinueux, des voûtes, l’effacement derrière la roche. Les 5 chambres d’hôtes (et les 2 suites) sont en enfilade afin de rester au plus près de l’extérieur. Plus on s’enfonce, plus il fait sombre et humide ! Elles étonnent par leur côté minéral. Juste de la pierre. Ambiance cocooning, luxe simple, confort premium (sauna et jacuzzi privatifs). Le soleil couché, il fait nuit noire. Pas un bruit. Au plus fort de la canicule, jamais plus de 25°C, porte ouverte !

Dormir dans un hôtel insolite © Les Voûtes Oubliées
Les Voûtes Oubliées
5 clés, prix à partir de 250 euros pour une nuit
21 Rue de la Croix de Fer, Doué-en-Anjou
Site officiel de l’établissement
À « Fontevraud l’Ermitage », un hôtel très design dans une abbaye du XIIe siècle
Le village de Fontevraud, à 15 kilomètres de Saumur, cache un joyau : la plus vaste cité monastique héritée du Moyen Âge. Nécropole des Plantagenêt, l’Abbaye Royale, fondée en 1101, abrite Aliénor d’Aquitaine, Henri II, Richard Cœur de Lion… Le prieuré Saint-Lazare, jadis dédié au repos des religieuses, est aujourd’hui un hôtel 4 étoiles de 54 chambres. La spiritualité y est saluée, la pierre de tuffeau perpétuée et le haut de gamme convoqué. Dès l’entrée, un parfum d’encens donne le ton. Le souvenir des rigueurs monastiques fait écho à un design chic. Les meubles sont en chêne massif, les rideaux d’une toile couleur de bure, les lumières douces. Épure et sobriété mettent en exergue les murs millénaires. Un bar dans la chapelle se prolonge dans la salle du chapitre par « Le Restaurant », articulé autour d’un jardin cloîtré. De larges panneaux muraux en tissu et des luminaires sculpturaux aux formes incurvées favorisent un confort sonore. Des banquettes évoquent les bancs d’origine en pierre. Le repas commence avec le rituel de la soupe et du pain sec, revisité évidemment. Les chambres elles aussi respectent le lieu, s’adaptent aux courbes des espaces. Elles ont toutes vue sur les jardins. On fait l’expérience de l’essentiel, à l’image d’une cellule monastique… mais avec le chic et le confort en plus.

La chambre avec accès direct au jardin © Fontevraud l’Ermitage
Fontevraud l’Ermitage
54 clés, prix à partir de 155 euros la nuit
38 Rue Saint Jean De L’habit Abbaye Royale De Fontevraud, Montsoreau