Gastronomie
Du restaurant au street-food. Où manger les meilleures frites à Paris ?
31 OCTOBRE . 2026
Modeste en apparence, une bonne frite réclame un savoir-faire et une véritable exigence en cuisine. Elle se doit d’être croustillante mais pas sèche, moelleuse et légèrement salée pour accompagner élégamment un steak, un burger ou plonger dans une bonne sauce mayonnaise. A Paris, elle n’a jamais été négligée. Découvrez huit adresses de la street-food au grand restaurant où la pomme de terre frite n’est pas un légume accessoire, mais une raison de venir la déguster.

© 140° Belgian Fritkot
A Paris à la fin du XVIIIe siècle, des vendeuses de beignets installées sur le Pont-Neuf auraient été les premières à plonger des tranches de pomme de terre dans une friture. Car la frite est, dès son origine, une affaire de feu, de gras et de patience. C’est la Belgique qui a imposé les codes emblématiques : double cuisson, mayonnaise, moules-frites et la joyeuse ambiance autour d’une barquette vendue en friterie. On sait maintenant choisir sans impair la bonne variété de pommes de terre, l’huile et réaliser les gestes sûrs. Faisons le tour des meilleures déclinaisons de la patate dans la capitale car même si la recette paraît simple, on fait vite la différence entre les barquettes mémorables des frites tièdes et fades.
140° Belgian Fritkot par Mallory Gabsi
Pommes de terre Agria, sélectionnées dans les Hauts-de-France, épluchées et coupées sur place, travaillées en double cuisson -d’abord à 140 °C, puis à une température plus élevée pour obtenir une frite croustillante dehors et fondante au cœur- autant dire qu’ici c’est l’excellence belge pour le plaisir des gastronomes. Mallory Gabsi, chef belge révélé par Top Chef, aujourd’hui étoilé, a transporté en juin 2026 à Paris l’univers du fritkot : cornet de frites, sauces maison, fricadelle, croquette de chicon, burger et la mitraillette -monument de la street-food belge-. Les croquettes aux crevettes grises arrivent avec persil frit et citron jaune, du bonheur simple et pur quand on y ajoute la mayonnaise.

© 140° Belgian Fritkot
140° Belgian Fritkot par Mallory Gabsi
6, rue des Petits-Carreaux , 75002 Paris
Ouvert tous les jours
Patate, la friterie française
Patate est quant à lui un bar à frites français -les fameuses french fries, n’oublions pas-. Les pommes de terre sont coupées devant le client et servies avec l’embarras du choix des 12 sauces maison. La maison revendique d’ailleurs une cuisine zéro surgelé autour de son concept mono-produit : la frite à déguster immédiatement, dans un cornet, plutôt que comme un simple accompagnement. Il fallait choisir parmi ces douze sauces, alors on a craqué pour les étonnantes pesto basilic, zaatar et creamy ciboulette, pour remplir les cornets de bonheur frit à s’en lécher les doigts.

© Patate
Patate
36, rue Saint-André-des-Arts, 75006 Paris
Mythique : L’Ami Louis
Chez L’Ami Louis, les frites accompagnent un mémorable poulet rôti. Depuis 1924, cette institution du Marais sert le poulet entier, doré et généreusement arrosé, accompagné d’une montagne de frites fraîches -exactement de pommes pailles, fines, croustillantes et cuites à la graisse d’oie-. Ce n’est pas la frite de bistrot, ni celle du cornet à emporter : c’est une frite festive, un plaisir pour les yeux et en bouche, qui accompagne une viande servie dans des proportions défiant le raisonnable. Entre boiseries patinées, serveurs en veste blanche et portions monumentales, l’expérience se doit d’être vécue pour qui veut comprendre pourquoi ce poulet-frites fait parler les gourmets du monde entier. Une étape quasi obligatoire !
Chez L’Ami Louis
32, rue du Vertbois, 75003 Paris
L’institution, Le Relais de l’Entrecôte
Impossible de parler de frites parisiennes sans évoquer Le Relais de l’Entrecôte, l’institution du boulevard Montparnasse depuis 1959. Ici, pas de carte, pas de tergiversation : un seul plat, le contre-filet-frites, servi avec une salade verte et une sauce maison à la recette jalousement gardée. Les frites allumettes, fines, dorées et très croustillantes, sont le contrepoint parfait de la viande tranchée et de la fameuse sauce dont il se dit qu’elle est constituée au minimum de foie de volaille, de thym frais et de moutarde blanche de Dijon… Le service est en en deux temps, quand vous dégustez la première fournée, le reste est maintenu au chaud pour prolonger le plaisir et donner au repas un côté rituel. La file d’attente fait partie de l’expérience : aucune réservation, une salle pleine midi et soir, et une promesse simple dès que la porte s’ouvre.

© Le Relais de l’Entrecôte
Le Relais de l’Entrecôte
101, boulevard du Montparnasse, 75006 Paris
Le classique Bistrot Paul Bert
Au Bistrot Paul Bert, la frite est fine, dorée, bien croustillante, et pensée pour accompagner le filet de bœuf au poivre de Sarawak, plat signature de cette institution du 11e arrondissement. La sauce crémeuse, relevée et généreuse, trouve avec ces superbes frites son meilleur allié : elles gardent leur texture même lorsqu’on les trempe dedans, avant d’être finies à la fourchette ou, plus hardiment, à la main. Le tartare de bœuf et le homard bleu s’accommodent tout autant de ces délicieuses frites maison. Ce bistrot intemporel aux banquettes patinées, miroirs ternis et au service efficace est un grand classique gastronomique où les frites sont méticuleusement respectées.

© Bistrot Paul Bert
Bistrot Paul Bert
18, rue Paul Bert, 75011 Paris
L’inattendu : Mehmet
Chez Mehmet, les frites ne sont pas un simple accompagnement de kebab : elles sont cuites en double cuisson, dorées et luisantes, et proposées avec une mayonnaise maison au piment fumé isot dont les origines proviennent de la région d’Urfa en Turquie. Ce piment apporte une chaleur douce, presque fumée, qui emporte la pomme de terre vers un ailleurs, un au-delà de la frite ! L’adresse réussit d’ailleurs le tour de force de réconcilier le kebab et le bar à vins naturels, le poulet normand grillé à la broche à la galette pétrie maison et aux mezzés soignés.
Mehmet
43, rue Ramey, 75018 Paris
La frite asiatique : Siseng
Au bord du canal Saint-Martin, Siseng démontre que la frite n’a pas besoin d’être belge ou française pour être excellente. Ce restaurant asiatique réalise des frites de patates douces moelleuses et légèrement sucrées, en accompagnement parfait avec ses bao burgers -eh oui ! C’est l’autre trouvaille de la maison- Déclinés au poulet, au bœuf, au tofu, à l’agneau ou à la poitrine de porc, la célèbre brioche chinoise se prête au jeu d’être croquée gorgée de bœuf mariné aux cinq épices, un tempura d’oignons, le tout nappé d’une sauce au tamarin caramélisée. Cette originale frite à la patate douce devient la partenaire idéale pour un délicieux voyage.

© Siseng
Siseng
82, quai de Jemmapes , 75010 Paris
L’incontournable, Dédé la Frite
Dédé la Frite -bistrot du 2e arrondissement- fédère les gens du quartier comme les gastronomes en quête d’une bonne bière, d’un burger de qualité accompagné d’une grande barquette de frites maison. Cette barquette généreuse a fait la réputation du lieu devenu un bar prisé du quartier des Grands Boulevards. On y vient surtout pour l’ambiance festive de cette brasserie-bar-snack.

© Dédé la Frite
Dédé la Frite
52, rue Notre-Dame-des-Victoires, 75002 Paris