Découverte : PGO, une voiture française,

L'artisanat automobile de chez nous toujours en action

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28OCT. 2021

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Découverte : PGO, une voiture française

L'artisanat automobile de chez nous toujours en action

28 OCTOBRE . 2021

Écrit par Antoine Minard

Installé dans les belles Cévennes gardoises depuis plus de vingt ans, PGO est un des derniers artisans automobiles français encore en activité. Petite histoire d'une voiture française, plus décalée que jamais ...

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Courtoisie PGO.

Des petits constructeurs artisanaux, la France en comptait beaucoup jusqu’au sortir de la seconde guerre mondiale. Dans les années 1960 aussi, il y avait au côté d’Alpine des petites sportives bien de chez nous comme les DB, CG puis CT et autres Matra. L’histoire a fait que ces voitures françaises ont disparu ou été absorbées dans de grands groupes et dissous. Oui, en 2021, un constructeur automobile artisanal en France, cela relève de l’exception !

Dans les années 1990, on se souvient aussi de Venturi ou Mega, deux aventures françaises régionales et prometteuses mais tristement terminées. PGO fut créé au début des années 1980 par deux Alsaciens : les frères Prévôt, Gérard et Olivier, d’où l’acronyme. À l’origine, leurs voitures françaises à eux, ce sont des répliques de monstres sacrés comme les AC Cobra et Porsche 356, la première Porsche de grande série. Pour cette dernière, le moule venait de chez Apal, entreprise belge spécialisée dans les buggies, qui fabriquait aussi, depuis 1981, une réplique du Speedster Porsche 356 sous licence.

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le belge Apal s’est fait connaître pour ses buggies. DR

Le moule original avait en fait été étudié par Intermeccanica, société d’origine italienne basée aux États-Unis, qui revendait des licences de ses kits dans plusieurs pays. Basée sur une Coccinelle – comme une vraie 356 – la qualité de ces répliques était en fait indigente.

 

Au début des années 2000, une ère nouvelle pour la voiture française

PGO vivote et à l’été 1998, Olivier Baudouin et Laurent Skrzypczak reprennent l’affaire. Ils changent tout et s’installent aux portes des Cévennes, avec des locaux de 20 000 m2 et une nouvelle usine non loin du Pôle mécanique d’Alès, haut lieu du sport auto du sud-est.

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En 1998, PGO s’installe dans les Cévennes…

Il ne s’agit plus de construire des répliques fragiles mais de devenir constructeur de voitures françaises à part à entière. Au Mondial de Paris en 2000 est dévoilée la Speedster II. On reconnait le dessin de la 356 mais rapidement des différences s’imposent : lignes plus tendues, allure râblée et contemporaine.

Cette évocation de 356 cache des soubassements modernes : carrosserie en fibre et châssis tubulaire maison inédit. Précédemment construite sur une base de VW Coccinelle raccourcie de 27 cm, l’empattement est allongé et permet d’y installer un 4 cylindres 2.0 16v de 140 ch de… Peugeot 206 S16, au centre en position transversale. La voiture est homologuée en 2003 et la production est portée à 100 véhicules par an.

 

En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées

À l’usage, les performances et le comportement sont désormais à des années-lumière des répliques sur base Cox ! Efficace grâce à son poids sous la tonne (980 kg), elle propose des performances de premier ordre et un comportement satisfaisant, globalement actuel bien qu’encore ferme. Bien sûr, la Speedster se passe de direction assistée. Seul bémol, une instabilité qui se fait ressentir à haute vitesse. Comme une vieille Porsche n’est-ce-pas ?

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Spartiate à ses débuts, la Speedster II s’est embourgeoisée. Depuis 2006, notons quelques évolutions : vitres électriques, climatisation, sièges et capote redessinés…  Malgré le moteur en position centrale, il n’y a pas de coffre à l’arrière. En 2012, le moteur BMW THP, 1.6 turbo et 184 ch est adopté. Au même moment on note l’apparition d’une boîte-6 ou d’une boîte automatique, d’un pare-brise chauffant, d’un régulateur de vitesse ou de la capote électrique.

 

Et PGO aujourd’hui, alors ?  

Chez PGO chaque auto est unique. Elle est numérotée et pensée selon les souhaits de son premier propriétaire. Il faut une semaine pour construire une voiture. Malheureusement, il semblerait que la gamme, identique depuis 2012 et comprenant aussi un originale petit break de chasse baptisé Hemera ne soit plus homologuée en France.

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L’atelier PGO dans les Cévennes, de nos jours. Courtoisie PGO.

On en trouve d’occasion et sans surprise, les cotes sont assez élevées. Les PGO font partie de ces « autos plaisir » qui n’ont jamais trop décoté. Rare, la voiture française se trouve difficilement à moins de 28 000 € en bel état, plus pour un modèle récent ou peu kilométré. Le Club PGO (www.leclubpgo.com) regroupe les amateurs de la marque et réalise régulièrement des sorties. 55 voitures y sont inscrites. Qui sait, peut-être qu’un de ces jours, on vous racontera notre tour en PGO dans les Cévennes…

A.M

 

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