Centre Pompidou : quand le street art entre au musée

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29MARS. 2024

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Centre Pompidou : quand le street art entre au musée

29 MARS . 2024

Écrit par Stephane Durand

La plus grande collection d'art moderne et contemporain d'Europe s'ouvre désormais au street art. De Gérard Zlotykamien à Miss Tic, le centre Pompidou déroule le tapis rouge aux artistes urbains, et accueille en son sommet un Invader très spécial.

Centre Pompidou, Musée national d’art moderne
Gérard Zlotykamien_Ephémère (1970) _ acrylique sur toile _ 116*89_ Courtesy galerie Mathgoth

 

Gérard Zlotykamien, ce nom ne vous dit peut-être pas grand chose et pourtant, cet artiste de 84 ans est un des pionniers de l’art urbain et notamment à Paris. Il dessine et peint sur les murs du monde entier, et ce depuis plus de 60 ans, d’évanescentes silhouettes qu’il nomme ses éphémères. Zone d’expression totalement vierge, l’espace public devient un terrain de jeu grandeur nature dans lequel d’étranges personnages apparaissent au fil des traits noirs de l’artiste parisien.

 

Un art pas si éphémère

Preuve qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire les choses, le Centre Pompidou intronise dès aujourd’hui l’art urbain et vient enrichir ses collections de huit œuvres de Gérard Zlotykamien. Acquises auprès de la galerie parisienne Mathgoth, spécialisée dans le street art, ces huit œuvres nous plongent dans l’art urbain d’hier et d’aujourd’hui, la plus ancienne datant de 1963. « Des œuvres dans les collections du Musée National d’art moderne, c’est une reconnaissance institutionnelle du travail remarquable de Gérard Zlotykamien. C’est largement mérité » nous confie Mathilde Jourdain, directrice de la galerie Mathgoth. « Certains diront que ça arrive un peu tard mais n’oublions pas que très rares sont les grands musées de renommée internationale à pouvoir se targuer d’avoir des œuvres d’art urbain dans leurs collections. Aujourd’hui, le Centre Pompidou montre l’exemple, on ne peut que s’en réjouir. »

Centre Pompidou, Musée national d’art moderne
Gérard Zlotykamien – Ephémère (2019) _ Peinture aérosol sur sac en toile de jute _ 115*50 cm _courtesy Galerie Mathgoth

On imaginait, à tort, que le musée allait mettre le holà quant à ses futures acquisitions, puisqu’il fermera ses portes l’année prochaine pour un chantier titanesque qui durera près de quinze ans. C’était mal connaître Sophie Duplaix, conservatrice en chef des Collections contemporaines, qui malgré cette fermeture, s’est fixée la mission de rendre à l’art urbain ses lettres de noblesse. Preuve en est, l’acquisition d’œuvres du duo de street artistes Lek & Sowat qui, depuis 2010, repoussent les limites du graffiti traditionnel en mélangeant vidéos, installations éphémères et abstractions architecturales.

Centre Pompidou, Musée national d’art moderne
Gérard Zlotykamien – Ephémère (2019) _ Peinture aérosol sur sac en toile de jute _ 115*50 cm _courtesy Galerie Mathgoth

Outre leur vidéo, Tracés directs, réalisée clandestinement au Palais de Tokyo en 2014 dans laquelle ils filment plusieurs artistes en train de graffer, le centre Pompidou acquiert également un ensemble de 12 panneaux de la palissade installée en 2019 à l’arrière du musée, peints par Lek & Sowat puis graffés à leur tour avant d’être, pour certains d’entre eux, utilisés comme boucliers lors les manifestations des Gilets jaunes… L’art de la rue n’a jamais aussi bien porté son nom.

 

Venu d’ailleurs

L’architecture du bâtiment, dont les tuyaux colorés ne laissent généralement personne insensible, peut se vanter elle aussi de compter une nouvelle acquisition, puisque l’insaisissable artiste Franck Slama, aka Invader, vient d’y coller une de ses nouvelles mosaïques représentant son célèbre extra-terrestre. Cette nouvelle œuvre aurait pu faire office d’anecdote tant ces céramiques font désormais partie de notre quotidien et pourtant, elle célèbre à sa manière la 1500ème incursion de cet art urbain sur le sol français.

Miss Tic
« Vivre c’est de la bombe « , 2021

L’artiste français se voit d’ailleurs consacrer une exposition à Paris dans les anciens locaux parisiens du journal Libération, au 11 rue Bélanger (3e), jusqu’au 5 mai prochain afin de célébrer ses Space Invaders qui fêteront leurs 30 ans en 2026. D’ici là, il se murmure que l’art urbain pourrait encore faire des siennes à Beaubourg, puisque l’artiste Miss Tic, célèbre pour ses pochoirs féministes tout en poésie, entrera elle aussi au panthéon de l’art moderne, et ce près de deux ans après sa disparition. 

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