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Ferrari Luce : la puissance en version silencieuse
08 JUIN . 2026
Il y a certaines annonces qui font trembler un mythe. Première Ferrari électrique de l'histoire, la Luce ouvre une ère nouvelle où le luxe italien dialogue avec la Silicon Valley. Munie de la bénédiction du pape Léon XIV avant son arrivée sur le marché mondial, cette grande GT futuriste de plus de 1 000 chevaux fascine autant qu'elle divise déjà les gardiens du temple Maranello.

La Ferrari Luce, 100% électrique © Ferrari
Habituée à l’exercice depuis 1947, la petite ville de Maranello en Italie a souvent vécu au rythme des annonces de la marque au Cavallino Rampante. La dernière en date ne fait pas exception à la règle. Mieux, elle a provoqué un véritable séisme, dans lequel puristes, aficionados et enthousiastes de tout poil se déchirent, avec une ardeur presque touchante. Le sujet du scandale ? Un objet nommé Luce, la première Ferrari 100 % électrique, pour laquelle la maison italienne a poussé la coquetterie jusqu’à réécrire entièrement son langage esthétique, sensoriel et culturel. Une rupture presque philosophique pour une marque dont le patrimoine repose depuis près de huit décennies sur la vibration mécanique, l’odeur de l’essence et la mélodie chargée des V12.

La Ferrari Luce, 100% électrique © Ferrari
Mais le nom et le design, d’abord. Luce, « lumière » en italien. Une appellation presque spirituelle pour cette silhouette monumentale à cinq places qui abandonne les proportions classiques de la berlinette au profit d’une architecture plus sculpturale, pensée comme un objet de design contemporain. Ferrari revendique d’ailleurs une approche inspirée du mobilier, de l’architecture intérieure et des interfaces numériques. Le projet a de fait été confié au studio LoveFrom de Jony Ive et Marc Newson, anciens maîtres du design Apple. Résultat : des surfaces épurées, un habitacle minimaliste et une présence visuelle plus proche d’un manifeste technologique que d’une supercar traditionnelle.

La Ferrari Luce, 100% électrique © Ferrari
Techniquement ensuite. Quatre moteurs électriques, plus de 1 000 chevaux, une batterie de 122 kWh et des accélérations si puissantes que Ferrari aurait consulté des experts issus de l’aérospatial pour travailler la gestion des contraintes physiques sur le conducteur. La marque promet par ailleurs plus de 500 kilomètres d’autonomie et une expérience sensorielle inédite grâce à un système recréant vibrations et signatures sonores mécaniques.

La Ferrari Luce, 100% électrique © Ferrari
Et la vision, enfin. Une ligne en rupture presque totale qui traduit les ambitions d’une marque désireuse d’aller chercher, au-delà de ses fidèles historiques, une nouvelle aristocratie mondiale : entrepreneurs de la tech, collectionneurs d’objets rares, clientèle asiatique sensible à l’innovation de luxe. Une Ferrari pour l’ère post-thermique, où l’émotion ne passe plus nécessairement par le bourdonnement du moteur mais toujours par l’appartenance à un monde exclusif, excluant, exigeant et résolument tourné vers demain.

La Ferrari Luce, 100% électrique © Ferrari
Une stratégie qui ne laisse personne indifférent. Certains puristes dénoncent une trahison esthétique et spirituelle, regrettant l’abandon des codes sacrés du cheval cabré, quand d’autres voient dans la voiture Luce l’expression la plus aboutie de ce que Ferrari a toujours incarné, le désir, à sa capacité à cristalliser une époque. Qu’importe, au fond, le buzz est là, tonitruant, et Maranello s’en accommode sans aucun doute. Attendue pour le quatrième trimestre 2026 et affichée à 550 000 euros, la Luce devrait naturellement trouver son nouveau marché né au croisement du luxe italien, de la technologie électrique et du design contemporain.

La Ferrari Luce, 100% électrique © Ferrari