Où déjeuner avec vue sur la Tour Eiffel à Paris ?

Gastronomie

20JUIL. 2026

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Où déjeuner avec vue sur la Tour Eiffel à Paris ?

20 JUILLET . 2026

Écrit par Pascale Missoud

Déjeuner ou dîner avec vue sur la Tour Eiffel : à Paris, c'est un luxe d'occasion, et la saison des terrasses rebat les cartes. Une salle vitrée où la dentelle de fer projette son ombre sur les nappes, un toit-terrasse suspendu au-dessus de la Seine, un dernier verre à l'heure où le monument s'embrase. Le tour des adresses où la grande dame tient la vedette.

1. Kinugawa Rive Gauche, Hôtel SAX Paris

Au 55 avenue de Saxe, un immeuble dressé en 1899 a longtemps abrité le central téléphonique Ségur et ses standardistes, les fameuses « demoiselles du téléphone ». Derrière la façade néo-gothique, la Compagnie de Phalsbourg y a ouvert au printemps 2025 l’Hôtel SAX, un hôtel 5 étoiles à Paris – très bien – situé à deux pas du Champ-de-Mars. On y découvre un jardin et son bassin chauffé, 118 chambres au design contemporain très parisien, avant de grimper vers la table qui couronne l’adresse.

Le Kinugawa Rive Gauche se trouve au premier étage de l’hôtel, idéal pour déjeuner avec vue sur la Tour Eiffel. On l’aperçoit en pied derrière les immenses baies vitrées du restaurant ou depuis la terrasse du restaurant. Bois cannelé, bronze patiné, miroirs graphiques : les matières brutes accrochent les reflets de la ville et s’ouvrent en grand sur les toits.

Kinugawa Rive Gauche, le restaurant d'hôtel 5 étoiles © Kinugawa Rive Gauche

Kinugawa Rive Gauche, le restaurant d’hôtel 5 étoiles © Kinugawa Rive Gauche

La cuisine japonaise y est relue à la parisienne, du black cod grillé mariné au miso au taruto de saumon à la truffe, du tartare de toro au caviar au faux-filet de wagyu de Kagoshima. Côté maki, le Crispy Tuna Truffle et le New Style au saumon mi-cuit tiennent le haut du panier.

Une cuisine au inspiration japonaise © Kinugawa Rive Gauche

Une cuisine au inspiration japonaise © Kinugawa Rive Gauche

En été, l’expérience est encore plus magique. Direction le dernier étage, vers l’incroyable rooftop de l’hôtel de 350 m² posé pile en face de la Tour Eiffel et si près du Dôme des Invalides, qu’on croirait le toucher…

Au bar, le shiso, l’umeshu et le saké détournent les classiques parisiens jusque tard dans la nuit, dans une ambiance festive animée de DJ sets. Et quand le soleil tombe derrière le Champ-de-Mars, la Tour Eiffel s’illumine, à hauteur de baguettes.

Bon à savoir : au cœur de l’hiver, c’est un chalet et son univers alpin, entouré de sapins enneigés, qui prend place sur le rooftop, avec vue sur la Tour Eiffel, du Kinugawa !

Kinugawa Rive Gauche – Hôtel SAX Paris
55 avenue de Saxe, Paris
Site officiel de l’établissement

2. Bonnie

Bonnie, le restaurant à Paris, porte son prénom comme une héroïne en cavale : belle, effrontée, tout Paris à ses pieds. Son terrain de jeu, c’est le sommet de l’hôtel SO/ Paris, dans la tour Morland (IVe). 15 étages au-dessus du sol, la salle domine la Seine et l’île Saint-Louis ; au bout du regard, la tour Eiffel ferme la perspective.

Bonnie, un des meilleurs restaurants avec vue sur la Tour Eiffel © Romain Ricard

Bonnie, un des meilleurs restaurants avec vue sur la Tour Eiffel © Romain Ricard

La maison s’affiche d’abord comme un haut lieu de la fête parisienne, restaurant, bar et club réunis sous un même toit. À table, la carte tient la même ligne : parisienne, ludique et relevée, des classiques français revisités, franchement gourmands, parfois taillés pour l’effet. Rien ne s’y prend trop au sérieux, tout pousse vers la soirée qui s’étire.

Un déjeuner chez Bonnie © Bonnie

Un déjeuner chez Bonnie © Bonnie

Et elle s’étire pour de bon. Après le dessert, on grimpe encore d’un étage, vers le bar et le club, on s’enfonce dans les canapés face aux grandes baies, un dernier verre à la main, pendant que la ville scintille en contrebas.

Bonnie SO/Paris
10, rue Agrippa d’Aubigné, Paris
Site officiel de l’établissement

 

 

3. Girafe

S’attabler dans l’aile du Palais de Chaillot qui abrite la Cité de l’Architecture, devant l’architecture monumentale du lieu, c’est déjà un parti pris. Joseph Dirand y a posé un décor d’esprit années 30 : banquettes crème sagement alignées, grand bar de marbre, plantes tropicales et pilastres d’origine. L’ensemble intimide un peu et rassure aussitôt, élégant et désinvolte à la fois.

Le restaurant Girafe à Paris © Girafe

Le restaurant Girafe à Paris © Girafe

Le vrai coup de théâtre attend dehors. La terrasse parisienne engage un tête-à-tête avec la tour Eiffel, par-dessus les jardins du Trocadéro, et l’on comprend vite pourquoi l’adresse est convoitée. Côté cuisine, Girafe a choisi son camp, celui de la mer : plateaux de fruits de mer ultra-frais, ceviches et sashimis taillés dans le cru, pièces snackées selon l’arrivage, du homard à la sole en passant par le turbot.

Le plateau de fruits de mer © Girafe

Le plateau de fruits de mer © Girafe

Au dîner, quand la tour s’illumine pile en face des tables du dehors, le nom de la maison prend tout son sens : longiligne, gracieuse, le cou tendu vers le ciel parisien.

Girafe
Palais de Chaillot, 1 place du Trocadéro et du 11 Novembre, Paris
Site officiel de l’établissement

 

4. Les Ombres

Changement de musée, même altitude : cette fois, c’est le quai Jacques-Chirac qui prête son toit. Et pas à n’importe quelle adresse. Jean Nouvel a dessiné cette boîte de verre prolongée d’une terrasse plantée d’essences méditerranéennes, jardin suspendu ouvert plein cadre sur la tour Eiffel. Le jour, la dentelle métallique projette ses ombres jusque sur les tables ; le soir venu, le plafond de la salle se métamorphose en ciel étoilé, clin d’œil scintillant à l’illustre voisine. La maison fête d’ailleurs ses vingt ans.

Manger avec une vue sur la Tour Eiffel © Bertille Chabrolle

Manger avec une vue sur la Tour Eiffel © Bertille Chabrolle

En cuisine, la carte de l’été assume une ligne franche, entre brasserie parisienne et gestes plus contemporains, avec des produits d’artisans pour la plupart membres du Collège culinaire de France. On y croise un poulpe grillé et laqué au barbecue, piquillos et maïs ; un œuf parfait, champignons sautés et sabayon au beurre noisette relevé de truffe d’été ; un homard de nos côtes au curry léger ; ou un suprême de volaille fermière aux artichauts poivrade.

Manger chez Les Ombres © Bertille Chabrolle

Manger chez Les Ombres © Bertille Chabrolle

Pour finir, la maison sort son Paris-Brest signature au praliné noisette, ou un plateau de fromages affinés par Marie-Anne Cantin. Et l’on s’attarde, le nez vers la terrasse, à guetter l’heure où la tour s’embrase.

Les Ombres
27, quai Jacques Chirac, Paris
Site officiel de l’établissement

 

5. Le Jules Verne

Paradoxe de l’adresse : une fois à table, vous ne la verrez pas, la Tour Eiffel. Et pour cause, vous dînez à l’intérieur. Prenez donc le temps d’en faire le tour à pied, de loin puis de tout près, avant de filer par l’ascenseur privé jusqu’au deuxième étage, à 125 mètres. Là-haut, trois salles ouvrent chacune leur panorama, sur le Champ-de-Mars, le Quai Branly et le Trocadéro. Le décor est signé Aline Asmar d’Amman, qui fait dialoguer arts de la table et arts décoratifs avec la charpente de fer.

Manger dans la Tour Eiffel © Le Jules Verne

Manger dans la Tour Eiffel © Le Jules Verne

Aux commandes, Frédéric Anton, Meilleur Ouvrier de France et chef triplement étoilé au Pré Catelan. Il a hissé le Jules Verne à une deuxième étoile Michelin en 2024, avant d’être sacré Cuisinier de l’Année 2025 par le Gault&Millau. Sa cuisine joue volontiers avec le lieu : on y devine les rouages, les écrous, le ciselage de cette pièce d’acier surdimensionnée, traduits dans l’assiette.

On choisit entre une carte, au déjeuner, et deux menus dégustation en cinq ou sept plats. Reste à réserver, plusieurs semaines à l’avance, pour s’offrir le luxe rare d’un dîner perché dans la dentelle même de la grande dame.

Le Jules Verne
2e étage de la tour Eiffel, 6 avenue Gustave Eiffel, Paris
Site officiel de l’établissement

 

 

6. Ducasse sur Seine

Ici, le rendez-vous se prend sur un ponton, port Debilly, juste en face de la tour Eiffel. Paré à embarquer ? Mieux vaut ne pas rater le départ : c’est à une croisière que l’on est convié, le long de la Seine, idéal pour un week-end romantique. Le bateau affrété par Alain Ducasse avance à l’électricité, dans un glissement parfaitement silencieux, et Paris défile derrière les grandes baies vitrées comme sur un écran panoramique.

Manger sur la Seine face à la Tour Eiffel © Ducasse sur Seine

Manger sur la Seine face à la Tour Eiffel © Ducasse sur Seine

Dans l’assiette, la carte est imaginée en tandem par Alain Ducasse et le chef de bord Jean-Philippe Berens, épaulé par une brigade de trente-six cuisiniers qui travaillent à bord des produits de saison livrés au petit matin. Une cuisine parisienne contemporaine, allégée et franche : noix de Saint-Jacques marinée, oxalis pourpre et caviar gold ; saint-pierre, algues marines, betterave et yuzu ; filet de bœuf saisi aux champignons sauvages. Les végétariens, eux, retrouvent le Cookpot, ce plat-signature mijoté en cocotte que l’on décline au fil des saisons.

Côté flacons, Bernard Neveu, directeur de la sommellerie de Ducasse Paris, a réuni plus de cent références des plus beaux terroirs de France. Et l’on accoste là où l’on était parti, mais sur l’autre rive, pile au pied de la tour Eiffel, à l’heure où elle scintille.

Ducasse sur Seine
Port Debilly, Paris
Site officiel de l’établissement

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