Les meilleurs restaurants de Paris 8

Gastronomie

30MAI. 2026

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Les meilleurs restaurants de Paris 8

30 MAI . 2026

Écrit par La Rédaction

On croit connaître les restaurants du 8e, et c'est précisément pour cela qu'on passe à côté des meilleurs. Derrière les façades haussmanniennes et les enseignes à touristes, une poignée de tables méritent qu'on s'y attarde : un aubergiste étoilé, une épicerie centenaire qui passe à table, un ex-snowboarder devenu chef, deux Italiens talentueux planqués dans des 5 étoiles, et un monument historique qui n'a toujours pas pris une ride. Voici notre sélection des meilleurs restaurants de Paris 8è.

Fauchon l'Hôtel Paris

©Fauchon l’Hôtel Paris

L’Arôme

Rue Saint-Philippe du Roule, à deux pas des Champs-Élysées mais suffisamment en retrait pour décourager le chaland de passage, L’Arôme fait partie de ces tables qu’on se refile entre connaisseurs. Il faut dire que Thomas Boullault, son chef-propriétaire, n’est pas du genre à faire le tour des plateaux télé pour remplir sa salle. Solognot d’origine, fils de charcutier-traiteur (ce qui, dans ce métier, vaut tous les diplômes), formé au George V avec Philippe Legendre puis au Royal Monceau aux côtés de Christophe Pelé, il a repris les rênes de L’Arôme en 2019 après en avoir décroché l’étoile dix ans plus tôt. On dit de lui qu’il est le dernier « aubergiste » de Paris – comprenez : un chef qui passe de table en table, suggère un accord, raconte une assiette, s’assure que tout le monde est bien. Version haute cuisine, tout de même.

La salle, repensée ces dernières années, invite à s’attarder : lumière douce, tons crème, moulures, miroirs patinés, banquettes en lin. Au fond, la cuisine ouverte laisse apercevoir Thomas et sa brigade en pleine chorégraphie.

L’Arôme, restaurant servant du lièvre à la royale à Paris

La salle de ©L’Arôme, restaurant du 8è arrondissement à Paris

Dans l’assiette de ce restaurant du 8è arrondissement, la rémoulade de tourteau au curry, qui ouvre chacun des menus, donne le la : c’est franc, inattendu, et l’on comprend d’emblée qu’on n’est pas chez un chef qui joue la sécurité. Quant au quasi de veau doré au sautoir – croquettes, marmelade citron-vanille, jus perlé au fenouil –, il trahit les racines solognotes d’un chef qui n’a visiblement pas oublié d’où il vient. Et c’est tant mieux. L’hiver, son lièvre à la royale façon Antonin Carême (il a créé le Championnat du Monde du Lièvre à la Royale en 2016, excusez du peu) est un pèlerinage pour initiés.

Pour finir, le soufflé aux pistaches de Sicile et le mille-feuille vanille-caramel aux éclats de noisette méritent amplement qu’on garde une place. La cave, servie en partie au Coravin, aligne de belles références bourguignonnes et champenoises.

Le tout à des prix qui, pour une étoile à deux pas des Champs-Élysées, restent remarquablement contenus. On ne va pas s’en priver.

© L'arôme

© L’arôme

L’Arôme
3 rue Saint-Philippe du Roule, 75008 Paris
Site officiel


Le Grand Café Fauchon

On a beau connaître la maison – 140 ans d’épicerie fine, le rose Fauchon, la Madeleine –, on ne s’attend pas forcément à ce que le restaurant de l’hôtel tienne aussi bien la route. Et pourtant. Le Grand Café Fauchon, lové au rez-de-chaussée de Fauchon L’Hôtel Paris, à l’angle de la place de la Madeleine, est l’une de ces bonnes surprises que le 8è arrondissement distribue avec parcimonie.

Le lieu, d’abord : rose magenta, dorures, terrazzo, un bar-atelier en verre teinté rose qui capte la lumière, de grandes baies vitrées ouvertes sur le boulevard. C’est glamour, c’est assumé, et ça marche, parce que la cuisine est à la hauteur du décor. Aux fourneaux, Baptiste Limouzin (passé par le Connaught avec Hélène Darroze, le Burgundy, puis La Réserve de Beaulieu aux côtés du MOF Julien Roucheteau) a trouvé un angle singulier : chaque plat intègre un produit de la maison Fauchon. Non pas comme un gadget marketing, mais comme un vrai parti pris culinaire.

La terrasse du Grand Café Fauchon

La terrasse du ©Grand Café Fauchon

Le menu Découverte du soir permet de prendre la température. Les escargots petits gris sauvages au beurre d’ail noir, crème d’artichaut et fromage frais Fauchon, valent à eux seuls le déplacement. Le filet d’omble chevalier maison Murgat, nappé d’un beurre blanc infusé à la citronnelle et menthe poivrée Fauchon, fait mouche : l’association, improbable sur le papier, tient remarquablement en bouche.

Et puis il y a le Bisou Bisou signature d’Arnaud Larher (MOF). Cette fameuse coque en lèvres roses qui cache un crémeux vanille relevé de piment d’Espelette, des fruits rouges à la menthe et un biscuit amande – devenu à juste titre l’emblème gourmand du lieu. C’est beau, c’est bon, c’est ludique, et l’on comprend pourquoi tout le monde le photographie avant de le dévorer.

Aux beaux jours, la terrasse face à la Madeleine – 200 m², vue imprenable sur les colonnes – transforme le dîner en véritable soirée parisienne. Le genre d’adresse qu’on garde pour soi, avant de finir par la recommander à tout le monde.

Plats du menu découverte 3 séquences du Grand Café Fauchon

©Grand Café Fauchon

Le Grand Café Fauchon
11 Place de la Madeleine, 75008 Paris
Site officiel


Akira Back

En plein Triangle d’Or, là où l’offre gastronomique oscille trop souvent entre tables de palaces à quatre chiffres et sushis pour touristes pressés, Akira Back tire son épingle du jeu. Installé depuis 2022 au Prince de Galles, avenue George V, ce premier outpost européen du chef coréo-américain – ex snowboarder professionnel, disciple de Nobu Matsuhisa, déjà étoilé à Séoul – a su séduire son public sans faire de bruit. Sous les lustres Art Déco de 1929, dans un écrin de marbre sombre et de laiton signé studio Blacksheep, sa cuisine fusionnant Corée, Japon et touches internationales trouve un théâtre à sa hauteur.

La salle du restaurant Akira Back à Paris

La salle du restaurant ©Akira Back à Paris

On s’installe, on ouvre la carte, et l’envie de tout commander arrive avant même le premier plat. Et parlons-en, de cette carte. Les Scallop Kiwi – saint-jacques d’Hokkaido, pâte de truffe, yuzu shiro soy – lance les hostilités avec une justesse redoutable : c’est délicat, précis, et chaque élément a sa place. Les Rock Shrimp en sauce crémeuse kochujang prennent le relais sur un registre plus gourmand, plus enveloppant – le genre de plat qu’on commande pour deux et qu’on finit par garder pour soi. Mention à part pour le Brother From Another Mother, roll audacieux mêlant unagi, anago en tempura et foie gras : l’association paraît hasardeuse, elle est en réalité parfaitement calibrée.

En dessert, le Yuko Shiso – sorbet, crème de shiso, vinaigrette miel-yuzu – est de ces fins de repas qui vous font oublier que vous n’avez plus faim. On repose la fourchette en se demandant comment on a pu attendre aussi longtemps pour venir.

Notre conseil ? Venez à plusieurs et commandez tout ce qui vous fait envie. On n’a pas trouvé de fausse note.

Un ensemble de plats du restaurant Akira Back à Paris

Un ensemble de plats du restaurant ©Akira Back à Paris

Akira Back
33 avenue George V, 75008 Paris
Site officiel


Le V

Rue Vernet, à deux enjambées de l’avenue George V, l’Hôtel Vernet fait partie de ces adresses proches de la Tour Eiffel que le quartier connaît mais que le reste de Paris ignore superbement. C’est un tort. Car sous la verrière du restaurant Le V – signée Gustave Eiffel, s’il vous plaît, et classée comme telle – se joue depuis quelques mois une petite révolution silencieuse.

Elle a un nom : Baldassare Mazzara. Sicilien, passé par Carlo Gracco à Milan, les Airelles et l’Apogée à Courchevel, le Bristol, le George V côté Orangerie, puis Il Vino avec Enrico Bernardo (excusez la liste, mais elle vaut le détour à elle seule). Arrivé aux commandes en octobre 2024, il a apporté avec lui ses racines méditerranéennes. Sa cuisine est fine, savoureuse, résolument de saison – et elle coûte étonnamment peu pour le quartier.

Restaurant Le V sous la verrière Gustave Eiffel à l’Hôtel Vernet Paris © Hôtel Vernet

Restaurant Le V sous la verrière Gustave Eiffel à l’Hôtel Vernet Paris © Hôtel Vernet

Le menu dégustation du soir (entrée, poisson, viande, dessert : 77 €) permet d’en prendre la mesure. La seiche, gaspacho vert et chips de pomme de terre ouvre le bal avec fraîcheur et précision. Le filet de dorade, nappé d’une sauce bouillabaisse infusée au safran, accompagné de calamars et moules, a des airs de Méditerranée sans la carte postale. Le quasi de veau, tombée d’épinards, noisettes du Piémont torréfiées et shiitakés marinés, montre un chef qui sait croiser les influences sans perdre le fil. Et le parfait sicilien aux amandes, sauce chocolat et tuile caramélisée, referme le repas avec la gourmandise qu’il fallait.

Allez-y pour la verrière, revenez-y pour la cuisine.

Un dessert du restaurant V de l'hôtel Vernet à Paris

Un dessert du restaurant V de l’hôtel ©Vernet à Paris

Le V – Hôtel Vernet
25 rue Vernet, 75008 Paris
Site officiel


Restaurant de Sers

Il y a quelque chose d’assez jouissif à déjeuner pour une quarantaine d’euros avenue Pierre 1er de Serbie, entre George V et le Trocadéro, dans un hôtel 5 étoiles à Paris où personne ne vous a vu entrer. L’Hôtel de Sers cultive cette discrétion avec un talent certain. Et son restaurant, à vrai dire, fait de même.

On accède au restaurant de cet hôtel des Champs-Elysées en longeant la Galerie des Portraits (le genre de couloir qui donne envie de ralentir le pas), avant de découvrir un patio sous verrière, végétalisé, baigné de lumière, qui ne ressemble à rien de ce qu’on trouve dans le quartier. C’est calme, c’est vert, et l’on oublie instantanément qu’on est à trois minutes de l’Étoile.

La salle du Patio de l'Hôtel de Sers

La salle du Patio de l’Hôtel de Sers ©Adrien Ozouf

Derrière les fourneaux, Stefano Stafie, 29 ans, ombrien de naissance, passé par le Per Se de Thomas Keller à New York puis sous-chef à L’Orangerie du George V. Un parcours qui pourrait intimider, mais que sa cuisine traduit avec une simplicité désarmante. La carte est courte (trois entrées, cinq plats, trois desserts), méditerranéenne dans l’esprit, italienne dans l’exécution. Le carpaccio de poulpe – pesto rosso, poutargue, pickles d’oignon rouge – joue sur l’iodé et le fumé avec une maîtrise qui met en appétit pour la suite. Les tortelloni de langoustine, bisque légèrement tomatée et ail des ours, révèlent un chef qui maîtrise ses pâtes autant que ses sauces (ce qui, à cet âge, n’est pas donné à tout le monde). En dessert, le tourbillon fraise & rhubarbe – mousse de chocolat blanc, biscuit moelleux, cœur coulant – apporte la touche sucrée qu’il fallait sans alourdir l’ensemble.

Bref : on mange bien, on mange beau, et l’addition ne gâche rien. Que demande le peuple.

Un plat du Restaurant de Sers.

Un plat du Restaurant de Sers. ©Hôtel de Sers

Restaurant de Sers – Hôtel de Sers
41 avenue Pierre 1er de Serbie, 75008 Paris
Site officiel


Brasserie Fouquet’s

Il faut bien l’admettre : on ne pousse pas la porte du Fouquet’s comme celle de n’importe quelle brasserie. Il y a le poids de l’histoire : 125 ans à l’angle des Champs-Élysées et de l’avenue George V, les auvents rouges, les portraits Harcourt en clair-obscur, les tablées de nommés aux César. Et derrière tout cela, une vraie carte, supervisée par un certain Pierre Gagnaire, ce qui, convenons-en, change la donne.

La salle, inscrite aux Monuments historiques depuis 1988, n’a pas bougé : boiseries, lustres dorés, banquettes en cuir, ronds de serviette personnalisés. On est chez soi, ou plutôt chez eux, et c’est exactement l’effet recherché. Côté terrasse, celle de l’avenue George V reste le spot parisien par excellence pour profiter du spectacle des Champs.

La salle de la Brasserie Fouquet's à Paris

La salle de la Brasserie Fouquet’s à Paris ©Patrick Messina

À la carte, les classiques de brasserie sont traités avec un sérieux qui honore la maison. La gratinée d’oignons Champs-Élysées, le tartare de bœuf préparé en salle, la sole meunière, le filet de bar poché à l’huile d’olive – tout est exécuté sans fausse note, avec des produits sourcés et un coup de main qui ne triche pas. En dessert, on vous conseille la tarte soufflée au chocolat grand cru et noisette ou les crêpes Suzette flambées en salle. Et si vous hésitez, prenez les deux, personne ne vous jugera. Les vendredis et samedis soirs, un duo live ajoute une touche de cabaret à l’ensemble.

Le Fouquet’s n’a rien à prouver, et c’est peut-être pour cela qu’il continue de séduire. À Paris, rares sont les tables qui peuvent en dire autant.

Brasserie Fouquet's

©Brasserie Fouquet’s

Brasserie Fouquet’s
99 avenue des Champs-Élysées, 75008 Paris
Site officiel

 

 

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