10 hôtels dans le monde pour célébrer le centenaire de l’Art déco

Hôtels & Chambres d'hôtes

22JAN. 2026

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10 hôtels dans le monde pour célébrer le centenaire de l’Art déco

22 JANVIER . 2026

Écrit par Alain Maurice

Il y a 100 ans, une exposition événement révèle le dernier des grands styles : l’Art déco. Il a révolutionné le design. Nous avons posé nos valises dans dix des plus beaux hôtels Art déco à travers le monde. Faste et extravagance, glamour et hédonisme le temps d’une nuit.

L'escalier majestueux Art déco de l'Hôtel du Collectionneur © David Emmanuel Cochen

L’escalier majestueux Art déco de l’Hôtel du Collectionneur © David Emmanuel Cochen

S’il fallait résumer l’Art Déco en une date fondatrice, ce serait celle de 1925 et l’ouverture à Paris de l’Exposition Internationale des Arts décoratifs et industriels. En réaction aux courbes et aux volutes de l’Art Nouveau (style nouille), il affiche des formes géométriques audacieuses, des lignes droites, des angles. Un souci de symétrie et de rigueur convenant mieux aux temps modernes. Son influence est mondiale, domine l’architecture et le design jusqu’aux années 1940. Les façades sont enrichies de mosaïque, de sculptures et de bas-reliefs. ​Le mobilier s’empare de bois précieux, voisine avec des ferronneries, des laques, des silhouettes humaines longilignes. L’Art Déco, c’est aussi un mode de vie, celui des Années folles, de la vitesse qui a gagné les autos, les trains, les paquebots transatlantiques, les avions. « Un mouvement né dans le champagne d’une paix retrouvée », écrit F. S. Fitzgerald dans Gatsby le Magnifique. On swingue au son du jazz, un Martini à la main, on fait la fête jusqu’au lever du soleil. Un siècle après son apparition, l’Art déco continue de fasciner. « On ne peut pas revivre le passé s’exclame Gatsby. « Bien sûr que si ! » 

 

L’Hôtel du Collectionneur, idéal esthétique 

Pour l’exposition des Arts Décoratifs, Jacques-Émile Ruhlmann, ensemblier français, compose un pavillon éphémère qu’il appelle l’« Hôtel du Collectionneur ». La demeure d’un collectionneur imaginaire. En 2004, la Société du Parc Monceau décide de recréer au 57 rue de Courcelles, à deux pas de la rue du Faubourg Saint-Honoré, un « vrai » hôtel cinq étoiles cette fois, en hommage au travail de Ruhlmann. La réalisation est confiée à l’architecte Stanislas Fisza, aux décorateurs Jacques Garcia et Alexandre Danan. Après 7 années de travaux, il devient officiellement « L’Hôtel du Collectionneur », passé entre-temps dans le giron du groupe The Gate Collection.

Le lobby Art déco de l'Hôtel du Collectionneur © David Emmanuel Cohen

david-emmLe lobby Art Déco de l’Hôtel du Collectionneur © David Emmanuel Cohenanuel_cohen

Tout a été pensé à partir de photographies et d’esquisses des années 1920. L’illusion est parfaite. Dans le hall, le sol est parsemé de motifs géométriques noirs et blancs. Un escalier majestueux, inspiré de plans d’Auguste Perret (pionnier du béton lumineux) est à lui seul symbole d’une époque. Une console d’Edgar Brant s’invite dans le décor, une sculpture de Martel, le marbre et le velours. Assemblage de courbes, de contre-courbes et de lignes fluides, de formes géométriques plus structurées, il est une dédicace aux grands paquebots transatlantiques. Chaque détail raconte une histoire : ébène de Macassar, palissandre de Rio, loupe d’amboine, sycomore, albâtre, galuchat, fresques à la feuille d’or. Des incrustations dans les meubles sont la réplique de dessins originaux de Ruhlmann. Les lustres s’imposent comme des objets précieux, des pièces d’orfèvreries ornent les tables. Les salles de bains s’inspirent de celle de l’hôtel particulier où demeurait la couturière Jeanne Lanvin. Le luxe est assumé. 

L’Hôtel du Collectionneur
496 clés, prix à partir de 432 euros la nuit
51-57 Rue de Courcelles, Paris

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Villa René Lalique, magicien du verre 

René-Jules Lalique, maître joaillier de l’Art Nouveau, est devenu le maître verrier de l’Art Déco. Son style est unique, ses inspirations : la faune, la flore, la femme. Les paquebots, l’Orient-Express, les palais de maharadjahs s’en emparent ; l’extrémité du capot de luxueuses voitures. René Lalique fait construire en 1920 une maison dans le village alsacien de Wingen-sur-Moder. Une villa familiale qu’il dessine lui-même. Elle reprend étrangement les codes de l’architecture locale : colombages, pignons pointus, toit en tuiles rouges de pays. La Villa René Lalique abrite aujourd’hui un boutique-hôtel alsacien cinq étoiles avec un restaurant, membre des Relais & Châteaux. Les extérieurs ont été restaurés à l’identique, jusqu’aux volets bleus ! Même souci du détail à l’intérieur. Dès l’entrée, les lustres rappellent le génie de Lalique. Un escalier noir est une reproduction exacte de celui d’origine.

L'extérieur de la Villa René Lalique en Alsace © Karine Faby

L’extérieur de la Villa René Lalique en Alsace © Karine Faby

Au bar, on savoure un cocktail dans un grand canapé orné de motifs de cristal, dans un fauteuil « Femme Ailée » sous le regard et l’épaisse moustache du maître. A l’étage, six suites portent le nom de créations emblématiques : Rose, Dahlia, Dragon, Masque de Femme… La chambre du fondateur est la suite Hirondelles, son motif préféré. Zeila doit son nom à la panthère de Marie-Claude Lalique, sa petite-fille. Dans les salles de bain, le cristal coule des robinets. Au restaurant doublement étoilé, orchestré par le chef Paul Stradner, lustres Windfall, verres 100 Points édités par James Suckling, poivrière et salière Peugeot sont au rendez-vous. Un Menu René Lalique rend hommage à la créativité, à l’audace du maître. 

Villa René Lalique
6 clés, prix à partir de 490 euros la nuit
18 Rue Bellevue, Wingen-sur-Moder

Jusqu’à -25% avec le club Yonder  

 

Claridge’s, une institution londonienne 

Il y a cent ans, un hôtel dont l’histoire remonte au XIXe siècle s’orne de colonnes dorées et de corniches, d’un sol à damier, d’un grand escalier rehaussé d’une rampe en laiton. Un siècle plus tard, son hall d’entrée est resté intact, splendidement et intemporellement Art Déco. Nous sommes au cœur du Claridge’s, un des plus beaux hôtels de luxe à Londres.

Le restaurant du Claridge's © DR

Le restaurant du Claridge’s © DR

Dans les Années folles, des flappers sont au bar. Ces jeunes femmes portent des cheveux courts, fument et boivent, dansent le Charleston, se fâchent avec les conventions victoriennes. F. Scott Fitzgerald séjourne au Claridge’s, des monarques européens y passent de longs mois d’exil pendant la Seconde Guerre mondiale, les stars du cinéma hollywoodiens l’adoptent. On le surnomme le « second Buckingham » ! Les intérieurs sont toujours en place, son bar, sa salle de bal, les gravures sur métal ornant les portes ; les tapis aux motifs géométriques de Marion Dorn, créatrice prolifique de tissus, de papiers peints et de tapis durant la période Art Déco. Au-dessus de l’entrée du bar The Fumoir, un panneau de verre a été offert par René Lalique en 1931. Près d’un piano à queue, une sculpture de Jacques Adnet représente une colombe. Au Reading Room, on savoure un homard Wellington dans de la porcelaine Bernardaud. Dans la Georgian Suite (212 m2), des panneaux de soie sont signés de Gournay. On sirote les cocktails imaginés par Cecil Beaton, photographe de mode et designer de costumes somptueux pour certaines soirées extravagantes. Spencer Tracy dira qu’il préfère aller au Claridge’s plutôt qu’au paradis quand il mourra… 

Claridge’s
110 clés, prix à partir de 905 euros la nuit
Brook St, London W1K 4HR

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Hotel Montana, art déco revisité au pied des Alpes suisses 

Le Corbusier fit ses premiers pas … et ses premières armes à La Chaux-de-Fonds ! A Lucerne, le Montana est l’un des derniers grands palaces de la Belle Époque et une très bonne adresse en Suisse. Perché au sommet de la colline qui surplombe le lac des Quatre-Cantons, ses façades aux tons jaunes datent de 1910, quand l’Art Déco s’ébauchait. Lignes nettes, géométrie graphique, lumière soignée, bas-reliefs et colonnades.

La devanture de l'Hôtel Art Déco Montana © DR

La devanture de l’Hôtel Art Déco Montana © DR

Lorsqu’une rénovation s’impose en 2022, l’architecte d’intérieur Ina Rinderknecht (basée à Zurich) veille à ce que l’Art Deco Hotel Montana conserve son architecture éponyme. Les nouveaux intérieurs s’appuient sur la construction existante. La réception, le restaurant, le bar Hemingway, les suites Junior du 5ème étage privilégient des palettes profondes : bleu, noir, blanc, olive. Le vert des marbres est repris quand il faut créer un mobilier nouveau. Autour de la verticalité des structures, des courbes contemporaines s’imposent. Bois nobles, velours pour la douceur. L’architecture guide leur emplacement. Des banquettes se lovent entre des grandes colonnades sculptées, aux abords de portes-fenêtres aux angles précis. Les murs du restaurant sont drapés d’un marbre rose délicat ; le bar Hemingway se la joue speakeasy avec son plafond sombre à caissons, ses chaises Maxalto en cuir camel, ses touches de bronze. Les matériaux sont aussi une source d’inspiration. Considéré dans les années 1920 comme une matière noble, et chic, le laiton s’impose dans les piètements de table et les luminaires. Un grand lustre aux multiples globes conçu par le studio américain Apparatus apporte la touche finale. Une aura théâtrale. 

Art Deco Hotel Montana
62 clés, prix à partir de 263 euros la nuit
Adligenswilerstrasse 22, 6006 Luzern

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Britania Art Deco Boutique Hotel, joyau unique à Lisbonne 

Le Britania est le seul hôtel Art Déco encore debout à Lisbonne. La double porte cintrée et les fenêtres rondes en pierre qui l’encadrent, les meubles en bois foncé et les tapis à motifs géométriques sont restés intacts. Un majordome ouvre la porte de notre taxi. Il appelle l’ascenseur pour emporter nos bagages ; les clés sont en métal. Service à l’ancienne ! Une imposante sculpture du globe terrestre, ornée de caravelles, pose au milieu du hall d’entrée. Le Britania a une passion pour la mer ! On déambule dans le marbre poli, sous des fresques impériales et des lustres imposants. Le Britania est inauguré en 1943, suivant la vague Art Déco avec un certain retard. Ses promoteurs ne lésinent pas sur les moyens. Ils font appel au célèbre architecte Cassiano Branco, maître du modernisme. Il s’appelle l’Hôtel do Imperio. Au lendemain de la révolution des œillets, il sera rebaptisé Britania…

Le bar de l'hôtel © Britania Art Deco Boutique Hotel

Le bar de l’hôtel © Britania Art Deco Boutique Hotel

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Lisbonne est la capitale d’un Portugal neutre. Diplomates, journalistes, espions, hommes d’affaires et écrivains élisent domicile dans ce nouvel hôtel. Ils sirotent un verre au bar, dînent au restaurant, complotent. Les 34 chambres sont spacieuses, les salles de bains privatives, dotées d’une radio, d’un téléphone, d’une machine à écrire. Leurs dimensions généreuses sont restées intactes, comme le crème clair des murs et le carrelage en liège poli. Au début des années 2000, une rénovation de l’établissement est entreprise. La volonté : préserver le style et le charme d’une époque révolue. Celle où l’on croisait dans les couloirs Graham Greene et Henry Miller, où Omar Sharif s’arrêtait pour quelques parties de bridge. 

Britania Art Deco Boutique Hotel
34 clés, prix à partir de 123 euros la nuit
Rua Rodrigues Sampaio, 17, Lisboa

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Villa Makassar, cours d’Art déco à Marrakech 

Comme Casablanca et Tanger, Marrakech a succombé un temps à l’Art Déco. La Villa Makassar, du nom de ce bois précieux abondamment utilisé dans les années 1920, est une ode à ce mouvement, l’aboutissement d’une passion et certainement l’un des plus beaux hôtels de Marrakech. Au cœur de la médina, deux riads mitoyens sont réunis ; restaurés par des artisans. Il est temps de les revêtir. Au fil des ans, le propriétaire a collectionné des œuvres d’art et des objets de design des années 20 et 30.

La suite Ruhlmann de l'hôtel © Elan Fleisher

La suite Ruhlmann de l’hôtel © Elan Fleisher

Dès l’entrée, le ton est donné. Un tapis reprend un modèle de Betty Joël, designer anglaise. Des fauteuils sont signés Francis Jourdain. Une fontaine s’inspire d’un motif de l’école de Vienne, un salon du style Bauhaus. Des fauteuils Le Corbusier, éclairés d’appliques Jean Perzel, regardent le Maharadja d’Indore, mécène en son pays. Des chaises proviennent de la Mamounia voisine. Un escalier doté d’une rampe en fer forgé mène aux dix chambres. Un mur rappelle le travail de Piet Mondrian, des laques celui de Jean Dunand, décorateur des paquebots L’Atlantique et Normandie. Une peinture orientaliste de Matteo Brondy orne une suite. Celle de Jules Leleu est meublée de ses célèbres fauteuils. Lambrissée d’un mélange de vert et de noir, la chambre Paul Jouve sert d’écrin à un jaguar combattant un serpent ; à des tables de chevet habillées de serpents de mer. La chambre-loft Sonia Delaunay se réfère à l’abstraction qu’elle défendait avec force. On booke la suite Jacques-Émile Ruhlmann. Un lit en ébène et galuchat ainsi qu’une coiffeuse évoquent son travail. Le parfum des acacias nous rappelle qu’on est au Maroc. 

Villa Makassar
10 clés, prix à partir de 147 euros la nuit
20 bis Derb Chtouka, Marrakech

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The Siam, rêve urbain à Bangkok 

Au royaume de Siam, Rama V est fasciné par les dernières innovations européennes. Au début du siècle dernier, après un Grand Tour, il révolutionne les chemins de fer, l’agriculture, l’architecture, la mode de son pays. Il amène l’Art Nouveau, les prémices de l’Art Déco. Un siècle plus tard, sur les rives du fleuve Chao Phraya, Krissada Sukosol, héritier d’une lignée de musiciens et d’artistes, imagine le Siam. Un édifice qui reflète l’opulence de Bangkok sous le règne de Rama. Il fait appel à Bill Bensley, un architecte et paysagiste américain. Celui-ci s’inspire du musée d’Orsay ! L’hôtel doit abriter une collection d’antiquités.

La salle de bain d'une des suites © DR

La salle de bain d’une des suites © DR

Le Siam est une combinaison singulière de verre et d’acier, de Paris première moitié de 20ème siècle et de tradition siamoise. Un cabinet de curiosités ! Noir et blanc dominent, mariés à des textures naturelles, le bois, le tissu, le cuir. Le lobby est immergé de colonnades et de mosaïques, entouré de couloirs en marbre. Dans les 38 suites et villas (avec piscine), des fauteuils et des sofas adoptent des couleurs sobres, crème, gris et violacé. Les salles de bains sont carrelées de faïence métro (parisien), dotées d’accessoires en fer forgé. On flâne entre la bibliothèque, la salle de billard et le bar ; le long de cours émaillées d’arbres tropicaux et de mares à lotus. Un long bassin en granit noir reflète une coupole, des fougères géantes s’épanouissent entre des arches. Une pièce est dédiée aux vinyles de jazz de Hugh Van Es, un photographe de la guerre du Vietnam. L’Opium Spa propose de se faire tatouer, comme jadis… 

The Siam
38 clés, prix à partir de 1 062 euros la nuit
2 Khao, Vachirapayabal, Dusit District, Bangkok

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Made in the USA 

 

De l’architecture au design, des arts de la table à la mode, le « nouveau style » fait fureur outre-Atlantique. Les journalistes du New York Times vantent la créativité française, des architectes-décorateurs sont invités dans le pays de l’Oncle Sam. Grands magasins, bâtiments fédéraux, cinémas, hôtels s’habillent Art déco, des bas-reliefs ornent la façade des gratte-ciels. Peggy Guggenheim vend le style comme une « influenceuse ». 

 

The Carlyle, l’esprit de New York 

« Il y a certaines choses qu’il vaut mieux laisser tranquilles, et le Carlyle en fait partie », affirmait Woody Allen. Lui et sa clarinette furent longtemps des piliers de cet immeuble de 35 étages en briques crème de l’Upper East Side. Conçu en 1930, à l’apogée de l’Art déco à New York, il ouvre ses portes comme hôtel résidentiel. Dorothy Draper, pionnière de la décoration d’intérieur, fait ses débuts. Elle déploie un style résolument new-yorkais : sols en damier noir et blanc, lustres en cristal de Baccarat, panneaux muraux aux détails architecturauxtableaux aux tons gris perle accrochés aux murschintz floraux et couleurs éclatantes.

Une suite du Carlyle © DR

Une suite du Carlyle © DR

Les Kennedy possèdent un appartement au Carlyle. Il est surnommé « la Maison Blanche de New York » durant la présidence de JFK. Il apparaît dans Sex and the City. Intégré au groupe hôtelier Rosewood en 2021, l’hôtel rouvre ses portes après trois ans de rénovation. Il a su s’adapter habilement au nouveau monde, se moderniser sans subir de changements majeurs. L’esprit Draper imprègne toujours les couloirs, hommage au glamour et à la beauté du Manhattan d’avant-guerre. La suite qui occupe tout le 26e étage de la Tour atteint des sommets. Elle est parée de feuilles d’or et de fresques peintes à la main, d’un Steinway. Un bureau est orné d’accessoires en corne, de tabourets en simili cuir noir effet crocodile. Les œuvres de l’artiste Ludwig Bemelmans décorent les murs du… Bemelmans Bar. On commande un Dirty Martini, héritage des années 20. 

The Carlyle
192 clés, prix à partir de 991 euros la nuit
35 E 76th St, New York

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Tiffany Hotel, glamour et cocktails glacés à Miami 

Après l’ouragan qui ravage Miami en 1926, South Beach voit éclore la plus grande concentration d’architecture Art déco au monde. Près de 1000 bâtiments entre le début des années 30 et la seconde guerre mondiale ! Le soleil éclaire des façades aux formes géométriques et aux décorations soignées. Elles sont peintes en rose, vert d’eau, bleu outremer, jaune citron… Paradis fantaisiste et marque de fabrique du made in South Beach. Les architectes voient large, des variantes apparaissent : Streamline, Paquebot, Moderniste… Le style « Tropical déco » adopte des motifs nautiques, des reliefs floraux, des « sourcils » au-dessus des fenêtres pour créer de l’ombre. Parmi toutes ces beautés, l’hôtel Tiffany est « l’hôtel à la flèche ».

Le rooftop de l'hôtel © DR

Le rooftop de l’hôtel © DR

Inauguré en 1939, repensé en 1998 par le créateur de mode américain Todd Oldham, converti en boutique-hôtel de 74 chambres et rebaptisé The Tony Hotel (hommage à son nouveau promoteur, un certain Tony Goldman !), il est l’œuvre de Lauwrence Murray Dixon, l’un des architectes les plus prolifiques et accomplis de l’Art déco Miamien. Une Packard 1932 est garée devant l’hôtel, vestige d’un passé incarné par des formes et des couleurs qui rendent hommage au soleil et à l’énergie du quartier. Sur le rooftop de l’hôtel, au pied de la flèche, s’étire un bar qui ne semble ne jamais fermer, une piscine, des cabanas. Au rez-de-chaussée, le News Café était un lieu de prédilection du couturier Gianni Versace. A deux pas de sa Casa Casurina où il fut assassiné par le jeune tueur en série Andrew Cunanan… 

The Tony Hotel South Beach
73 clés, prix à partir de 136 euros la nuit
801 Collins Avenue, Miami Beach, Floride

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The Georgian Hotel, California Dreamin’ 

On le surnomme la « Première Dame » de Santa Monica. Dressée au-dessus d’Ocean Avenue, la façade turquoise et les boiseries jaune doré de ce mini gratte-ciel de 7 étages ne passent pas inaperçues. Impossible de le manquer Imaginé par une femme d’affaires, son esthétique (marquée) borde les rivages californiens depuis 1933. Le succès est immédiat, le tout Hollywood se bouscule, Charlie Chaplin, Clark Gable, Carole Lombard… Une clientèle nantie, quelques malfrats. Santa Monica est une destination glamour, l’icône d’un nouveau lifestyle. En 2020, une rénovation complète est menée, des centaines de photos collectées pour être au plus près du style originel : l’Art Déco havanais.

La devanture du Gerogian Hotel à Santa Monica © DR

La devanture du Gerogian Hotel à Santa Monica © DR

On ressuscite les sols carrelés en forme d’étoile, des tables en quartzite, des poignées de portes en forme de sirène ; les arches du bar circulaire, un Steinway de 1918. Les couleurs jaune soleil, rouge profond, bleu canard, vert anglais sont ranimées, comme à l’apogée de l’Art Déco. La Sunset Terrace retrouve son auvent à rayures bleu marine, sa végétation luxuriante. Vue sur la plage, au-delà de Malibu. Dans le lobby, des vases sont rehaussés de plumes d’autruche roses, un téléphone à cadran diffuse, lorsqu’on décroche, les souvenirs d’anciens clients connus. Les 86 chambres prolongent le plaisir : peignoirs en maille bleu saphir, tourne-disque Victrola, vinyles Ubiquity Records. Un bouton « Champagne » pour commander du champagne. Même si les immeubles voisins sont aujourd’hui plus hauts, The Georgian a préservé le glamour hollywoodien d’avant-guerre. 

The Georgian Hotel
86 clés, prix à partir de
1415 Ocean Avenue, Santa Monica, Californie

 

 

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