Gastronomie
Trois restaurants italiens où manger d’excellentes pâtes à Paris
09 AOûT . 2026
La carbonara à la crème, les pâtes trop cuites ou les recettes improvisées vues sur les réseaux sociaux… En matière de cuisine italienne, les idées reçues ont la vie dure. Pour goûter à la véritable pasta, mieux vaut faire confiance à ceux qui en ont fait un art. À Paris, plusieurs chefs italiens perpétuent les recettes de leur région avec authenticité et savoir-faire. Trois adresses incontournables pour redécouvrir les pâtes comme en Italie.

Les restaurants italiens où manger d’excellentes pâtes à Paris © DR
En France, on a tous un copain persuadé de maîtriser la carbonara parce qu’il a vu une vidéo un dimanche soir. Résultat : une louche de crème fraîche, un jaune d’œuf noyé, et une assiette qu’aucun Romain ne cautionnerait. La vérité, c’est que les pâtes ne sont pas une affaire de bonne volonté, mais de savoir-faire. Et le vôtre, sans vouloir vous vexer, a ses limites. Plutôt que de vous acharner sur une casserole d’eau bouillante un mardi soir, sachez qu’il existe à Paris une poignée de restaurants italiens tenues par de vrais chefs italiens, ceux qui savent de quoi ils parlent. Trois adresses, trois régions, trois façons de vous rappeler que la pasta, les vraies, ça se mérite. On vous emmène.
1. Osteria Ferrara
Ici, pas de mauvaise surprise possible : la carte fait le tour de l’Italie sans se presser, entre pâtes aux sardines et à la chapelure façon sicilienne et ravioli ricotta-épinards à la toscane, relevés d’une pointe de boutargue de mulet qui change tout. Une maison qui connaît ses classiques et les respecte, région par région.

Le restaurant Osteria Ferrara © Osteria Ferrara
Les mezze maniche à la saucisse et au fenouil ou la pasta alla vongole complètent une carte qui ne cherche pas à en faire trop et c’est tant mieux. Le décor, boiseries, parquet ancien et carrelage d’époque, installe d’emblée une ambiance chaleureuse, presque familiale, portée par une équipe accueillante et attentive.
La carte des vins ne dépareille pas, avec une jolie sélection de vins nature italiens. Et comme elle change au fil des saisons, inutile de réclamer des pâtes à la truffe en plein été. Ici on respecte le calendrier.

Dîner chez Osteria Ferrara © Studio Artichaut
Osteria Ferrara
7, rue du Dahomey, Paris
Site officiel de l’établissement
2. L’Assaggio
À deux pas de la place Vendôme, planqué dans la rue Cambon, le restaurant d’hôtel à Paris, l’Assaggio n’a jamais eu besoin de crier pour qu’on vienne dîner. Voici un restaurant de pâtes à Paris que les initiés se refilent entre eux, sans trop le crier sur les toits d’ailleurs. On oublie le décor de palais toscan, patio fleuri et colonnes comprises, on vient surtout pour ce que la maison sait faire depuis toujours : le Piémont dans l’assiette, sous la houlette du chef étoilé Ugo Alciati, référence de la gastronomie transalpine.

Patio de jour © Maurine
Et le Piémont, forcément, ça passe par les pâtes. Les agnolotti del plin, recette de famille léguée par la mère du chef, restent la valeur sûre de la maison. À côté, les tagliolini aux quarante jaunes d’œufs se laissent recouvrir de truffe noire sans complexe, les linguine à la bisque de homard jouent les équilibristes iodés, et les troffie à la genevoise rappellent que la précision, ici, ne connaît pas de trêve. Pas de folklore ni d’esbroufe : que du produit et du geste juste.

Les tagliatelle à la truffe © L’Assaggio
Côté décor, patio à ciel ouvert et colonnes façon palazzo font le job à la belle saison, et la cave, resserrée sur les grands terroirs piémontais, se laisse déguster au verre pour les curieux. Compter 45 euros pour le menu déjeuner (avec les pâtes du jour), et de 80 à 120 euros à la carte selon l’appétit et la soif.
L’Assaggio
Hôtel Castille Paris
33-37, rue Cambon, Paris
Ouvert du mardi au samedi, au déjeuner et au dîner
Site officiel de l’établissement
3. Passerini
Si une seule adresse devait suffire à vous réconcilier avec les pâtes, ce serait celle-ci. Giovanni Passerini a posé ses couteaux dans le 12e pour y raconter Rome, mais une Rome dégourdie, sortie du guide touristique, qui n’a pas peur de bousculer les codes. La maison ne fait pas dans la dentelle : cuisine de la terre, franche, presque brutale dans sa générosité, où chaque assiette porte une histoire de terroir.

Le restaurant italien à Paris © Mickaël A. Bandassak
À la carte, les tagliatelle aux abats de pigeon côtoient le reste de l’animal, rôti et servi en second acte. Ici rien ne finit à la poubelle. On trouve aussi des pâtes nappées de ragoûts de gibier, d’agneau ou de poisson maturé, et une sélection de formats que la maison façonne elle-même : bigoli, casarecce, des noms qui sonnent exotiques à des oreilles françaises mais qui sont ici une évidence quotidienne. Le zéro déchet y est presque une religion discrète : les morceaux nobles sont rôtis, les autres finissent, sublimés, dans les pâtes.
Côté cave, la carte mise sur des cépages qu’on croise moins souvent sur nos tables : Trebbiano, Malvasia, Sangiovese. On ne vient pas chercher ici une pasta à la crème et à la truffe en boîte, on vient se faire bousculer, dans le bon sens du terme. L’une des tables italiennes qui comptent, tout simplement.

Dîner chez Passerini © Mickaël A. Bandassak
Passerini
65, rue Traversière, Paris
Site officiel de l’établissement