Gastronomie
Le « Neuf-Trois » se met à table, les meilleurs restaurants de Seine Saint Denis
27 MAI . 2026
Une lotte de petit bateau au poêlon à Aulnay-sous-Bois, un agneau à l’anchoïade au Blanc-Mesnil, une bouillabaisse « borgne » à Montreuil… Au nord de Paris, au-delà du périph et du Stade de France, à portée de carte Navigo, la Seine-Saint-Denis est une destination culinaire. Entre pépites de quartier et restos gastros, neuf adresses pour gourmets et gourmands.

Le seul restaurant étoilé du 93 © Villa9Trois
Il est bon parfois de bifurquer, d’emprunter des chemins de traverse, de monter dans le RER et de balayer les clichés qui aimeraient encore croire que le « Neuf-trois » n’a rien à offrir hormis des espaces grignotés par la fièvre immobilière, des problèmes de banlieues et, à l’heure de se mettre à table, une restauration rapide. Le département foisonne de belles idées et de bonnes adresses, une nouvelle génération de chefs ne se concentre plus sur les restaurants de Paris pour espérer le succès. Démonstration !
Le Charmant à Saint-Ouen
Au cœur de la cité audonienne, à quelques stations de métro de la capitale, se cache une maison de famille érigée en 1885, typique des provinces françaises. Réinventée en discret boutique hôtel (20 chambres) par un jeune couple, Anne et Sélim, la demeure est romantique à souhait, douceur d’antan et air de pleine campagne. Le bruit des moteurs est loin. Baptisée Le Charmant, elle porte bien son nom. Le décor est soigné : moulures et boiseries, parquets anciens et cheminées d’époque, murs bleu paon et hauts plafonds. Dans le hall, des fresques évoquent Matisse. On s’installe dans ce qui fut jadis le salon. Corbeilles de lilas et de clématites en trompe-l’œil. 50 couverts accueillent les résidents, mais aussi les visiteurs de passage. Fidèle à l’esprit des lieux, la cuisine est bourgeoise et ménagère, façon table du marché : produits de saison, recettes traditionnelles 100% faites maison, goût des longs dîners. Il est temps de dérouler sa serviette. Le midi, une formule entrée-plat-dessert est proposée à 25 euros.
- Parmi les meilleurs restaurants du 93, Le Charmant © David Duchon-Doris
- Parmi les meilleurs restaurants du 93, Le Charmant © David Duchon-Doris
Le soir c’est à la carte. Burrata crémeuse et tomates anciennes ; merlu rôti, fèves et petits pois, accompagné d’une sauce vierge. Les végétariens apprécieront un risotto façon primavera. Côté desserts, un original Saint-Ouen « honoré » met en relief un praliné maison ; une tarte tatin est revisitée avec une crème légère au Calvados et au romarin. Pour la soif, une sélection de vins recommandés par le caviste D’or et de Vins à Saint-Ouen ; ou une jolie blonde signée d’une Brasserie, voisine elle aussi. Surprise ! Un jardin est dissimulé à l’arrière de la maison. 400 m2 ombragés, des arbres centenaires, des tables entre les arbres. On peut lézarder, dîner dès les beaux jours, prolonger la journée. Certains soirs, ambiance de guinguette. La Maison palpite…

Parmi les meilleurs restaurants du 93, Le Charmant © David Duchon-Doris
Hôtel Restaurant Le Charmant
53, rue du Landy, Saint-Ouen
L’Auberge des Saints Pères à Aulnay-sous-Bois
Dans la salle du restaurant, le cadre est contemporain. Des tons gris, blanc et jaune moutarde dans le mobilier, au sol et sur les murs, font écho à des assiettes colorées et épurées. Trois propositions : Le Menu des choix, en 2 ou 3 passages (39 et 49 euros) ; un menu-dégustation (6 passages, 85 euros) ; « en Confiance » (75 euros). Un houmous de lentilles agrémentés d’oignons frits nous fait entrer dans l’univers du chef : cuisine raffinée, joli dressage, service pointilleux. A Aulnay-sous-Bois, dans une rue bordée de pavillons, l’Auberge des Saints Pères est un restaurant bien connu, une institution. Jean-Claude Cahagnet, formé à la cuisine classique auprès du chef Gérard Vié à Versailles, y posa en 1998 ses casseroles et ses couteaux … et fut longtemps le seul chef du 93 à détenir une étoile au Michelin…

Déjeuner au restaurant à Aulnay © l’Auberge des Saints Pères
Jusqu’à ce qu’il choisisse volontairement de s’en délester en mars 2023, après deux décennies de présence ininterrompue. Ce restaurant n’en reste pas moins une adresse idéale pour un séjour gastronomique proche de Paris. Le Michelin vantait ses « assiettes sophistiquées, originales et techniques ». A l’image de ses foies blonds, foie gras, pickles de radis ; de ses langoustines, veau, daïkon, dans une décoction de merguez ; de son œuf parfait, artichaut, échine séchée, condiment vitello tonnato. Une sole est gratinée au comté, fenouil caramélisé au miel et velouté Tio-pépé. On savoure une lotte de petit bateau au poêlon, déposée sur un beurre de caviar, accompagnée d’un chou-fleur snacké. On déguste un cœur de filet de bœuf, poivrade, asperge et gnocchi, une échine de cochon de Galice élevé à la châtaigne, calamarata et langoustines. On ne manquera la case fromage avec un camembert au calvados, avant de clôturer par un carré de chocolat garni de cassis, crème glacée à la fève de Tonka. A 21 ans, Jean-Claude Cahagnet donnait au Japon des conférences en université sur la gastronomie.

Déjeuner au restaurant à Aulnay © l’Auberge des Saints Pères
Auberge des Saints Pères
212 avenue de Nonneville, Aulnay-sous-Bois
Villa9Trois à Montreuil
Une étoile remplace l’autre. A une dizaine de minutes du métro Mairie de Montreuil, un petit chemin bordé d’arbres nous conduit à une belle villa des années 1920, couleur brique. On passe devant un jardin d’herbes aromatiques, des ruches, un poulailler, des citronniers en serre, des fleurs de saison. Des lampions flottent sous de grands parasols blancs posés sur un caillebotis. Tout est bucolique, soigné. A l’intérieur, les tons sont chaleureux, l’ambiance feutrée. Des lustres et une improbable cheminée promettent une cuisine des beaux quartiers, invitent le bourgeois à s’asseoir dans ce restaurant de Montreuil.

Le seul restaurant étoilé du 93 © Villa9Trois
Bienvenue à Villa9trois, l’unique restaurant étoilé du 93. Sylvain Grosjean, tout juste 35 ans et un CV claquant (l’Apicius, la Villa Madie, le Divellec…), pose ses casseroles, ses idées et son savoir-faire à la Villa à l’automne 2024. Bien lui en prend ! La brigade s’affaire, les premiers clients arrivent. La Villa9Trois propose trois menus : Déjeuner (en 3 temps, 49 euros), Saveurs (en 4 temps, 89 euros), Dégustation (en 6 temps, uniquement le soir, 129 euros).
- Le seul restaurant étoilé du 93 © Villa9Trois
- Le seul restaurant étoilé du 93 © Villa9Trois
Les amuse-bouche jaillissent, des tartelettes de houmous, artichauts et citron confit, dressées sur une tomette de terre cuite. Des asperges blanches des Landes (cuisson parfaite) suivent, confites et fumées, melba de pain du fournil, sauce aigrelette et argousier pimenté. Originaire du sud de la France, Sylvain aime travailler les produits de la mer. Un saint-pierre entre en scène, habillé d’ail des ours, de haricots terre et mer et d’un bouillon herbacé ; une bouillabaisse est « borgne », jus de bouille végétale, sabayon anisé et un œuf mollet qui ressemble à un œil dans l’assiette. Des Saint-Jacques sont escortées d’un siphon de purée de noix, un rouget grillé au romarin de navets fondants. Les parfums et les goûts se mêlent et s’entremêlent. Les fleurs et les herbes du jardin alimentent la cuisine en circuit-court. Une brioche est un « souvenir de Saint-Tropez »…

Le seul restaurant étoilé du 93 © Villa9Trois
Villa9Trois
71 rue Hoche, Montreuil
À la louche à Saint-Denis
La ville aux 130 nationalités est propice à un tour du monde gustatif, à un voyage culinaire sous le soleil : La Petite Fille de Tan Chaun, L’Oasis du Sphinx, L’Ivoire gourmand, le Roi du poulet boucané… Les murs sont colorés, comme les assiettes. A quelques pas de la Basilique, lieu de mémoire de la France monarchique, au croisement des rues de la Boulangerie et du Jambon (ça ne s’invente pas), A la Louche a ouvert ses portes il y a un an et demi. Suspensions en vannerie, buffet vintage années 50, tables en bois patiné et plaque de laiton numérotée : à l’ancienne ! Après avoir étudié les sciences pos à l’université, Julien Attal s’est reconverti dans la cuisine, sa passion. Une cuisine traditionnelle gourmande, généreuse, travaillée mais accessible, légèrement bousculée. « Cantinomique » !

Déjeuner à la cantine de Saint-Denis dans le 93 © À la Louche
L’idée : donner à manger à tout le monde en utilisant les armes de la gastronomie. Le chef valorise les produits frais, bios et paysans, les fermes familiales franciliennes ; joue sa partition en solo, tout est fait maison. Avec une entrée-plat-dessert à 20 euros pour le menu de midi, A la Louche est déjà devenu un repaire, mixant les âges et les publics. L’ambiance est conviviale, les plats généreusement servis. La carte change toutes les semaines, le soir et les week-ends les assiettes sont plus travaillées. On a goûté des accras de lieu noir, boostés par une mayo à l’ail des ours joliment herbacée et une harissa douce ; un artichaut à l’ajo blanco, une terrine à la figue séchée. On a dégusté une pluma de porc IGP Sud-Ouest marinée, accompagnée d’un millefeuille de pomme de terre, d’une purée de céleri et de légumes de saison. En dessert, on a cédé à l’appel d’un Fontainebleau fraise-rhubarbe, à celui d’une tarte tatin à la crème fraîche et au romarin. On a laissé à regret les œufs à la neige…
À la louche
44, rue de la Boulangerie, Saint-Denis
Meïda à Saint-Ouen
On l’attendait depuis sa victoire dans l’émission Top Chef en 2021. La saison 12, celle du confinement, la plus suivie ! Il aura fallu trois ans pour que Mohamed Cheikh ouvre sa première adresse. Là où on ne l’attendait pas, en plein centre de Saint-Ouen, offrant à la banlieue nord une revanche sur la capitale. Le choix du nom Meïda, « table » en arabe littéral, n’est pas anodin. Mohamed Cheikh a appris les bases de la cuisine avec sa grand-mère algérienne … avant de faire ses armes auprès de Jérôme Banctel chez Alain Senderens, Yannick Alléno à Saint-Tropez, au Drugstore sous la houlette d’Éric Frechon.

Meïda, le restaurant à Saint-Ouen du chef Mohamed Cheikh © DR
Meïda est une brasserie méditerranéenne d’une centaine de places, baignée de saveurs du Sud, qui sent bon les souvenirs de vacances. Rien n’a été laissé au hasard : façade bleu Klein pour rappeler la Méditerranée, pièces en terre cuite, tapis mauresques et odeurs d’épices. Des banquettes évoquent les codes de la brasserie, les équipes sont en t-shirt et pantalon cargo, la playlist enchaîne des tubes italo-disco. Un menu déjeuner est proposé à 19,50 euros ; à la carte, 10 euros environ pour les entrées, 20 pour les plats.
- Meïda, le restaurant à Saint-Ouen du chef Mohamed Cheikh © DR
- Meïda, le restaurant à Saint-Ouen du chef Mohamed Cheikh © DR
On s’ouvre l’appétit avec des mezzés pensés pour être partagés : houmous au zaat’ar, caviar d’aubergine, arancini de merguez ; une délicieuse « omek houria » tunisienne (carottes aux épices, thon cru à l’huile d’olive, œuf, persil). Un tartare de bœuf « Kebbé Nayé » est servi avec des frites de pois chiche. Une volaille est grillée, accompagnée d’une sauce à la pâte de cacahuète, cébette et huile pimentée ; un lieu jaune croustillant d’une rémoulade à la tomate confite, cumin et origan. Pour assouvir la soif, des cépages Corses, Italiens, Syriens, Libanais, Marocains, des bières artisanales produites à Saint-Ouen … Avant le thé à la menthe, on teste un mille-feuille corne de gazelle, crème vanille et eau de rose. Et on valide !

Meïda, le restaurant à Saint-Ouen du chef Mohamed Cheikh © DR
Meïda
10 place de la République, Saint-Ouen
Le Bouillon du Coq à Saint-Ouen
Un autre Top Chef, juré cette fois. Le cathodique et étoilé Thierry Marx signe à Saint-Ouen un « bouillon », comme ceux où se rendaient jadis les ouvriers pour casser la croûte. Son nom ? Le Bouillon du Coq, en lieu et place d’une institution audonienne, le Coq de la Maison blanche. Alors que les travaux étaient en cours, une banderole dévoilait un message : « agréable à manger, agréable à payer ». Le 4 juillet 2024, le Tout Saint-Ouen s’était donné rendez-vous pour l’inauguration. Le maire Karim Bouamrane (PS) y voyait « la symbolique de l’idéal républicain », un lieu pour « démocratiser le bon et l’excellence », ouvert à tous « quel que soit son genre, son âge, son nombre d’années passées en France »… Derrière une façade terracotta ornée de la mention « par Thierry Marx », l’espace est vaste, tout en longueur : 2 étages, plus une terrasse en rooftop pour les soirées d’été.

À Saint-Ouen, le bouillon par Thierry Marx © Le Bouillon du Coq
La déco est simple, ambiance brasserie parisienne, chaises bistro et tables en bois. Les murs bleu canard sont ornés de toiles contemporaines. On est au coude-à-coude avec ses voisins. Pas possible de réserver, selon le principe du bouillon. Le déjeuner fait salle comble, on vient tester la promesse alléchante ! À la manœuvre, un fidèle, Thierry Martin, passé par l’Étoile du Nord et le Mandarin oriental. Les plats sont simples, bistrotiers, dans la pure tradition. Œufs mayonnaise, harengs pommes à l’huile, pâté en croûte ; une cuisse de poulet rôtie au jus, frites fraiches ; une poitrine de cochon petits pois, carottes et sauce marengo ; ou encore une saucisse au couteau purée avec son petit volcan de sauce. En dessert, chou chantilly, crème brûlée, mousse au chocolat… Côté prix, on s’en sort pour moins de 30 euros par personne, entrée, plat et dessert arrosés d’un pot lyonnais. S’il ne faut pas s’attendre à de la grande gastronomie, le Coq fait le job !

À Saint-Ouen, le bouillon par Thierry Marx © Le Bouillon du Coq
Le Bouillon du Coq
37 boulevard Jean Jaurès, Saint-Ouen
Maison Blanche au Blanc-Mesnil
L’endroit est inattendu. À quelques encablures de l’aéroport du Bourget, Maison Blanche est un club-house dans un bout de banlieue urbanisée. Entre vignes et practice de golf, une belle longère soigneusement rénovée et sa grande terrasse végétalisée nous reçoivent, à l’ombre de parasols, pour un dimanche à la campagne. Cocktail gin/concombre/kiwi, tartelette recouverte de pickles de chou rouge et d’un condiment aux moules en amuse-bouche.

Au Blanc-Mesnil, la table de Mickael Poyault © Maison Blanche
A l’intérieur, le décor est soigné, feutré, les murs en pierres d’origine, les poutres apparentes comme la charpente, les fauteuils tendus de velours. Des tapis habillent le sol, une cheminée à l’énorme hotte réconforte. Au bar, une sélection de whiskies japonais, de rhums artisanaux, de cognacs rares. Des plaques sont gravées aux noms de stars du golf… En cuisine, le chef Mickaël Poyault, barbu et tatoué, stimule ce décorum (et le protocole) par quelques assaisonnements épicés qu’il a déployés au Château de Rilly, au Mandarin Oriental, chez Fauchon ou encore Garance.

Au Blanc-Mesnil, la table de Mickael Poyault © Maison Blanche
Relief et surprises ! Pour découvrir son univers, rien de tel que le « menu blanc » en cinq actes, à 69 euros (25 euros pour l’accord met/vin en trio, 35 euros en quatuor). Une seiche arrive accompagnée de champignon, musclée par l’ail et le vin jaune. Le dressage est soigné, les saveurs délicates, les associations terre-mer bien pensées. L’agneau s’acoquine avec une anchoïade et des asperges ; le veau s’offre un artichaut, un beurre blanc aux algues, une brousse aveyronnaise pour sa douceur laiteuse. En guise de pré dessert, le trou normand est revisité : glace à la cannelle, condiment à la pomme, quelques gouttes de rhum arrangé. Deux propositions pour le bouquet final : une mousse de chocolat, confiture d’olive, glace à la verveine ; une mousse de pomme, yaourt grec, glace à l’estragon. Mickaël s’en donne à cœur joie !
- Au Blanc-Mesnil, la table de Mickael Poyault © Maison Blanche
- Au Blanc-Mesnil, la table de Mickael Poyault © Maison Blanche
Club-House Maison Blanche
260 avenue Descartes, Le Blanc-Mesnil
Gypse à Montreuil
Julien Le Cloarec, ancien de La Rallonge dans le 18eme, a franchi le périph en 2019 pour s’installer dans une rue piétonne au cœur de la ville. La déco pour commencer : moderne, chaleureuse … et branchée, associant bois, béton, briques et plantes vertes à gogo. La salle est spectaculaire, on mange tranquillement sans subir la conversation des voisins. Elle offre une vue dégagée sur la cuisine (et la brigade), une grande verrière laisse la lumière s’inviter à table. On peut préférer une terrasse, à la fraîche. Gypse, du nom de la pierre réputée soulager des maux, hésite entre bonne adresse bistronomique et gastro à la cool. Julien revendique « une cuisine française de bistrot », plébiscitant les bases solides plutôt que les clichés à la mode.

Gypse, le bistrot de Montreuil © Gypse
Nous avons opté pour le menu Découverte. Cinq temps, 4 plats salés et un sucré sélectionnés par le chef, 53 euros. Nous ne savions pas ce que nous allions déguster ! Notre repas : une mousse de petit-pois, sarrasin soufflé, chips de lard, tempura de sucrine à la menthe ; une asperge rôtie, sauce chimichurri accompagnée d’une stracciatella fumée et d’un sablé au parmesan ; une raviole de cochon, chou pointu au sésame et bouillon gingembre et citronnelle ; un mulet en viennoise enrobé dans une chapelure aux herbes, associé à une caponata sicilienne vinaigrée, sauce vierge au citron confit. Pour le sucré, une ganache au chocolat noir, chantilly à la menthe, sorbet cassis, crumble cacao, myrtille. Les assiettes sont colorées, dressées comme dans un gastro. Aucune folie créative, juste de l’inventivité et de l’originalité bien pesées. On est dans une cuisine sérieuse et séduisante : cuissons maîtrisées, jus flatteurs, du croustillant et du moelleux. On sauce son assiette ! La carte des vins, franco-française, s’adapte à toutes les chapelles : traditionnels, nature, biodynamiques.

Gypse, le bistrot de Montreuil © Gypse
Gypse
26 rue du Capitaine Dreyfus, Montreuil
Feuille de chou à Saint-Ouen
Un grand portail en bois coulisse. Une terrasse borde un grand jardin, des petits balcons en fer forgé noir habillent une façade de briques. On se croirait à Brooklyn ! A côté des célébrissimes Puces de Saint-Ouen, le Mob House est le dernier hôtel parisien de Cyril Aouizerate, cofondateur de Mama Shelter. La moitié des 100 chambres s’adressent à des travailleurs nomades. Il a le bon goût d’offrir une piscine chauffée, des DJ sets certains soirs de semaine. La déco est signée Philippe Starck, dans l’air du temps. Mob House cache la brasserie Feuille de chou, bio et moderne.

Au Mob House, le restaurant Feuille de Chou © Aldo Paredes
La carte propose une cuisine française, généreuse et régressive, 100% sourcée avec des produits dotés du label Agriculture Biologique, forcément français. Des propositions qui se savourent aussi bien à l’heure du déjeuner que pour le dîner (entre 9 et 28 euros). L’atmosphère est joyeuse, il souffle un air de vacances. la brigade s’affaire derrière un long comptoir. On partage pour commencer un bol de bonnes frites, des sticks de gnocchi à la sauge, un caviar d’aubergine au sésame. On embraye avec des asperges blanche sauce maltaise, une soupe de courgettes au chèvre frais.

La terrasse du restaurant Feuille de Chou au Mob House © DR
On fait un sort à la traditionnelle saucisse de Toulouse et sa purée ou, côté mer, à un pavé de saumon avec légumes du soleil et riz jasmin. Tous les jours, de nouvelles suggestions ! Des coquillettes au jambon et au comté coiffées d’un œuf mollet par exemple, une ratatouille feta, un poulet croustillant de la ferme de Luteau… Un burger vaut le détour, avec son steak façon bouchère, son bacon caramélisé et son comté fermier. Côté desserts, on succombe à une brioche perdue au caramel beurre salé surmontée d’une boule de glace caramel, à une Pavlova fraise et pistache. Côté cave, à un Petit Chablis, à une bière Deck & Donohue brassée aux portes de Paris. Pain, huile d’olive et gros sel sur la table.

La terrasse du restaurant Feuille de Chou au Mob House © DR
Feuille de Chou – Mob House
70 rue des Rosiers, Saint-Ouen-sur-Seine







